À quoi sert la philosophie ?

499 000 candidats au Baccalauréat ont passé l’épreuve de philo ce matin : ils ont « fait de la philo ». À quoi ça sert, se demandent certains ? J’en ai trouvé un joli exemple en lisant le corrigé proposé gratuitement par la revue Philosophie Magazine à l’un des deux sujets de dissertation du Bac général :

« Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? »

C’est simple en apparence : on donnerait volontiers son opinion, comme ça, de butte en blanc, au zinc d’un bistrot ou dans un repas de famille. Mais ne vous y fiez pas ! Il y faut quelques connaissances. Et aussi une méthode de réflexion : la réponse à une telle question se « construit ». Et il n’y a pas une seule réponse qui serait la bonne. Chaque lycéen apporte sa propre réponse, en montrant sa capacité à raisonner et à réfléchir par lui-même.

Ci-dessous le résumé en cinq paragraphes, par ChatGPT, du raisonnement proposé par M. Frédéric Manzini, professeur de philosophie, dans son « corrigé » publié par Philosophie Magazine.

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Une première réponse semble couler de source : le bonheur est une expérience personnelle. Nous ne pouvons pas attendre que toutes les guerres cessent, que toutes les injustices disparaissent ou que toute souffrance soit supprimée avant d’éprouver de la joie. Si c’était le cas, personne ne serait jamais heureux.

Mais l’inverse est tout aussi vrai. Nous ne vivons pas seuls. Le malheur des autres nous atteint, par la pitié, l’empathie ou simplement parce que nous partageons le même monde. Comme l’écrivait Albert Camus dans La Peste, « il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul ».

Faut-il alors renoncer au bonheur tant qu’il existe de la souffrance autour de nous ? Ce serait se condamner à une tristesse sans fin.

La philosophie suggère une autre voie, qui consiste à reconnaître la souffrance des autres et à en tirer une volonté d’agir. Aider, écouter, s’engager, participer à une œuvre commune : ces actions ne suppriment pas tout le malheur du monde, mais elles donnent un sens à notre propre existence.

Entre l’égoïsme qui se barricade et la culpabilité qui s’interdit toute joie, il existe une troisième voie, celle d’un bonheur qui se nourrit du lien aux autres et se prolonge naturellement en gestes de solidarité.

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2 commentaires sur “À quoi sert la philosophie ?”

  1. Un sujet similaire – ou pas ? – qui m’est venu à l’esprit à la lecture de ton article.

    « Une personne a t elle le droit de sourire à nouveau à la vie après le décès de sa/son conjoint(e) ? »

    Je constate, dans mon village, qu’il paraît toujours suspect au quidam qu’une veuve ne passe pas ses journées en pleurs et qu’elle puisse rendre grâce aux années passées avec l’être aimé plutôt que de se lamenter sur les futures années perdues à jamais.

  2. C’est une jeun garçon qui grandit, on me trouvait souvent dans les librairies et les bibliothèques à regarder, lire et acheter des livres sur la philosophie. Bien que j’aie eu un faible niveau d’éducation, j’avais un bon sens commun et un désir insatiable de connaissance. Je me suis rendu compte que je voulais les outils que ma vie jusqu’à présent m’avait refusés. J’avais besoin des outils et d’apprendre la capacité de penser, de raisonner et de construire un argument raisonné. La philosophie, telle que je la voyais à l’âge de 17 ans, était un pas dans la bonne direction. Philo n’est pas seulement pour les grands esprits, non, elle l’est pour quiconque a un cerveau.

    Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer.

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