Bienvenue au Pays, M. Puisay

par Dominique Boccarossa

[ J’accueillerai volontiers d’autres contributions sur ce sujet ou sur d’autres, du moment qu’elles respectent une éthique qui, comme c’est la règle sur ce blog, proscrit les attaques personnelles. Gérard Cornu ]

Lors d’une réunion publique, M.Baudrais mit fin à mon intervention en prétextant que « je n’étais pas d’ici »… Comme lui.

Ce « paradoxe pénestinois » s’est aujourd’hui de nouveau exprimé avec l’élection de M. Puisay qui « n’est pas d’ici », lui aussi. Nous serons donc plusieurs, et une très grande majorité du conseil municipal, à ne pas « être d’ici », mais tous du même pays, d’une même Europe et d’un même monde. Les choix politiques locaux auront une incidence proche ou lointaine sur notre monde global. Tous les Pénestinois devront faire avec, en conscience.

Nous savons que notre présent et notre avenir dépendent de notre histoire. C’est tellement banal de le dire comme de le penser, mais tellement vrai. Nous éviterons donc de trop ressasser le passé, mais avant de prédire ce que demain sera, nous pouvons encore en parler succinctement et sans tabou. Car, qu’on le veuille ou non, la gestion communale future s’appuie inévitablement sur un bilan, pas seulement économique, mais aussi humain, urbain et territorial.

Les 25 années de mandature de M. Baudrais ont été applaudies et l’homme honoré et remercié. Un bilan positif pour la moitié des Pénestinois, mitigé pour d’autres et plutôt ravageur pour une minorité. Mais dire que la commune est « encore » belle, qu’elle a été protégée, que toutes les réalisations sont sans taches, tout en omettant volontairement  les termes inéquité, autocratie, clientélisme ou partialité, oblige à changer l’angle de vue.

On peut se rappeler que M. Jarousse, maire de 1989 à 1995, ne fut pas réélu pour avoir voulu faire respecter la loi Littoral et que M. Baudrais, en revanche, fut élu en voulant esquiver cette même loi. Les mandatures suivantes ont confirmé ses intentions. L’absence d’un lien démocratique avec de nombreux habitants a provoqué des divisions et des conflits puis éloigné les habitants des précieux biens communs : le dialogue et le territoire.

Ces 25 années furent aussi représentées par l’exercice d’un contre-pouvoir agissant pour la protection de la nature mené par l’association « les Amis du Pays entre Mès et Vilaine ». M. Baudrais a beaucoup travaillé pour la commune, à sa façon. Il était d’ailleurs indemnisé pour cette tâche que l’on dit ingrate. Madame Echard, elle, a aussi beaucoup travaillé, gratuitement et sans exigence du lendemain.  Le territoire de la commune ne serait pas aujourd’hui le même sans son intransigeance, sa constance et son courage. Elle fut confrontée à une adversité aveugle, souvent violente et blessante. De la falaise de la Mine d’Or, site emblématique classé en 1988, à la dénonciation d’une décharge municipale sauvage en 2016, ce parcours dans le temps nous éclaire sur le bien-fondé de son travail. Et si aujourd’hui les Pénestinois et les précédents élus se vantent d’avoir « encore » une belle commune, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que sans Mme Echard et son association, il ne nous serait plus possible de comparer avec d’autres communes littorales minées par l’inconséquence d’une urbanisation spéculative.

Interventions de l’association de Amis du Pays de Mès et Vilaine

Bienvenue au Pays, M. Puisay.

J’ai bien entendu : dialoguer, échanger, déléguer et décider en fonction du mieux-disant. C’est votre souhait. Minoritaires et donc sans pouvoir, nous serons malgré tout attentifs, exigeants, libres et ouverts. Vos intentions sont louables, mais les faits sont redoutables. Puissiez-vous maintenir cette idée.

Dominique Boccarossa

6 commentaires sur “Bienvenue au Pays, M. Puisay”

  1. Qui prendra le relais du contre-pouvoir, qui déjà, lorsqu’il était mené par une tierce personne qui
    n’a pas toujours pu l’imposer comme un Droit fondamental à l’encontre de ” l’habitude de tout pouvoir, qui fait perdre la honte de tout oser ” … et comment rompre avec cette déviance trop souvent appliquée par le passé si ce n’est qu’avec le seul drapeau d’une morale qui nous dit
    que ” plus tu as de pouvoir moins du dois en user ” ?? ….

    1. La logique voudrait qu’il n’y ait pas une seule personne pour incarner ce contre-pouvoir tellement indispensable (même si dans le passé d’autres en avaient aussi le courage, mais n’ont pas poussé leur engagement aussi loin), mais plusieurs : militants de diverses causes (et on n’en manque pas…), tenants de l’esprit critique, idéalistes (mais aussi des gens pragmatiques qui vérifient les comptes, les promesses, les prises d’intérêts…), individualistes rétifs à se voir imposer une pensée unique…

      1. Déjà une preuve de double langage et de “deux poids. deux mesures” puisque selon la derniere décision municipale qui prescrit que la Commune n’organisera pas de manifestation estivale en raison des restrictions covid …. mais n’interdit pas aux commerçants et associations d’organiser des festivités estivales ! … alors que les règlements sanitaire et securitaire
        Sont formels, d’ordre public et
        s’imposent à tous …..
        Faut-il attendre le retour à l’ordre par les rejets des requêtes
        privées?

  2. Il aurait été intéressant de mentionner le nombre de procès intentés durant ces années et majoritairement gagnés par Mès et Vilaine. Ces jugements prouvent que Mme Echard n’a eu comme but que de faire respecter la loi et non d’exercer une quelconque vindicte contre certains, accusation qui a beaucoup circulé.
    Ayant été avec quelques autres à l’origine de la création il y a 12 ans de l’association Autre Regard, (dont les buts et résultats sont sans commune mesure avec ceux de Mès et Vilaine) je peux témoigner des difficultés que nous avons eues avec J.C. Baudrais. Naïvement, nous pensions qu’une ouverture était possible pour un dialogue constructif, l’élection de 2008 ayant montré une désaffection certaine pour la politique du Maire. Il n’en a rien été, le seul résultat a été d’ostraciser les membres d’Autre Regard jusqu’à l’apothéose du procès qui nous a été intenté et perdu par le Maire.
    Je suis convaincu que cette page est tournée et si tout ne sera pas parfait dans l’action de la nouvelle équipe, chacun de nous devra, sans renier ses convictions, essayer de partir sur de bonnes bases. Pénestin mérite le meilleur avenir que nous soyons de souche ou de choix.

  3. Belle analyse de d Boccarossa. En effet, la présidente de l’association “les amis du pays entre Més et Vilaine ” n’a pas démérité depuis de nombreuses années. Merci à elle et son association pour ce Penestin ” encore beau “.
    Merci d’avoir tenu sous les coups , les injures , sous la haine entretenue par certains . Beaucoup de récents Penestinois n’ont pas connu ces années de (pétage) de plombs .
    Oui, on espère la bienveillance de monsieur Puisay au delà des déclarations d’intention. Tant mieux si le dialogue s’instaure , même si son équipe respire encore un peu de ce fâcheux passé.A lui de faire mentir ces craintes !
    Boccarossa dit “minoritaires et sans pouvoir” mais pas sans idées…et certaines de ses idées de lui et son équipe pourraient avoir l’oreille attentive , notamment sur la protection de la biodiversité et l’urbanisation. Car monsieur Puisay doit maintenant passer aux actes sur l”environnement. Et pourquoi pas commencer par rencontrer l’association sus -nommée?

  4. Que d’argent dépensé en 25 ans de procédures par cet ex-maire pour vouloir avoir raison quel qu’en soit les coûts, avec les feux d’artifices finaux des Hauts de Vilaine et les dix “parcs résidentiels de loisir”! Ses oreilles n’écoutaient que sa voix, et celles de ses amis propriétaires terriens qui eux sont bien d’ici, et dont les parents ou grand-parents cultivaient ces terres, mais aujourd’hui il faut en faire des lotissements, pour que eux puissent aller se construire des villas au Sénegal ou en Martinique, par exemple…

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