De quoi parle-t-on à l’apéro ??

Il y a 50 ans, Pierre Clastres, grand ethnologue, écrivait « De quoi rient les Indiens ? » Les vacanciers rient aussi pas mal, surtout à l’heure de l’apéro…

Camping de Kerfalher. Voici Delphine, Magali, Tati et Tonton, originaires de Donges. Et les enfants, très présents sous cette grande tente ronde avec des sortes d’alcôves aménagées autour de la partie centrale. Lola fait de la confiture avec les mûres qu’elle a ramassées. Comme il n’y a plus de gaz, elle se contente de les remuer longuement, et oui, si si ! le goût finit par ressembler à celui de la confiture. Jules, lui, commente tout ce que je dis. Un préado vient me faire la bise, pensant que je suis un cousin ou un oncle.

Alors, de quoi on parle à l’apéro ? Sur les maris, « c’est vite expédié ! » Mais sur les enfants, on s’étale longuement au contraire : on commente leurs « comportements ». Et on les note ! Delphine et Magali ont inventé avant-hier soir un système de points donnés ou retirés selon qu’ils sont « faisants » ou « pas faisants », selon l’expression de Tati. Si ils tapent, c’est moins 5 points. Un manque de respect : moins 3. On peut regagner des points en rangeant la tente par exemple. Sinon, ce ne serait pas fait… Lola me confirme : elle a rangé pour les points. Elle en a 11 et Jules 12. Heureusement, car en dessous de 10, ils seraient privés de marché dimanche !

Autre sujet : Delphine s’est cognée contre le mur à la piscine. Elle avait pourtant les yeux ouverts sous l’eau, mais les distances sont faussées : elle pensait avoir encore de la marge et bing ! La marque en haut du nez ressemble à un coup de soleil. Il paraît que c’était pire il y deux ou trois jours.

Et puis, me confie-t-on, « on parle de cul » ! Ah bon ? « Oui, mais en plaisantant ». Et « sans moquerie ni saleté : c’est propre ! » On en discute avec Tati, qui raconte un peu des choses sur Tonton, pas spécialement embarrassé. D’ailleurs, il reprend un gobelet de whisky avec moi. Magali est serveuse et Delphine technicienne de méthode dans l’aéronautique.

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Un peu plus loin, autre ambiance : trois garçons boivent des bières en remuant quelque chose qui fume beaucoup sur l’âtre d’un barbecue. Ce sont Romain, Guillaume et Alban, venus de Rennes pour 4 ou 5 jours.

Avant que j’arrive, ils parlaient… du méthane. L’un d’entre eux a vu un reportage montrant un système pour récupérer le méthane au cul des vaches. Il est ensuite utilisé comme source d’énergie (c’est leur métier pour deux d’entre eux) et il n’est pas rejeté dans l’atmosphère, où il contribue largement au réchauffement climatique (mais cela, c’est moi qui l’ajoute, ils n’en étaient pas réellement conscients…)

Et avant cela ? Eh bien, ils étaient en train de chambrer gentiment Guillaume en prétendant qu’il ne connaissait pas Gilles Servat. Or, dans sa famille, quand il était enfant, on ne connaissait que ça, il a été quasiment biberonné à la musique de Servat !

Et puis, ils ont aussi parlé du camembert qu’ils font rôtir dans son papier d’alu pour Blandine, la compagne de Guillaume qui n’en a pas eu hier soir parce qu’elle était partie se coucher plus tôt que les autres. C’était donc cela ! Je retiens l’idée…

Il y a aussi les conteneurs pour les bouteilles, en nombre insuffisant selon Romain qui a dû faire 1 ou 2 km avec ses bouteilles de bière. Comme je prétends qu’il y en a tout de même pas mal, ils me demandent de publier une carte des conteneurs de la commune !

Et il y a les randonnées, autour de la Mine d’Or, le long de la Vilaine. « Comme on la voit passer à Rennes », me dit Alban, « c’est intéressant de la retrouver ici dans ses derniers kilomètres avant de se jeter dans la mer ». D’ailleurs, il y a beaucoup de choses à faire à Pénestin et ils reviendront.

Appelez-moi, les gars ! Je vous mets quelques mousses au frais …

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Un bref aperçu, qui ne cherche pas à être représentatif. Mais qui témoigne que l’apéro est certes un moment de retrouvailles en famille ou entre amis, mais où l’on est prêt aussi à ouvrir le cercle et à faire une petite place pour une personne extérieure. A suivre avec d’autres rencontres encore, au camping ou ailleurs. Après tout, c’est important pour nous Pénestinois de savoir qui sont les touristes, ce qu’ils cherchent, ce qu’ils attendent de nous…

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