De toutes les couleurs

Attention : opinion ! Alerte portant sur la totalité de l’article  *

Dire clairement qu’on reste dans le flou ?

Samedi 16 h, retour de la plage du Maresclé : 6 chiens, 4 gros et 2 petits. Relativement bien tenus à proximité de leurs maîtres, pas agressifs. Bien sûr, les gens seraient embêtés s’ils ne pouvaient emmener leurs chiens avec eux. La manière de procéder que m’a expliquée un jour Éric Vico, le policier municipal, est assez rationnelle : il intervient si quelqu’un se plaint ; il ne verbalise pas la première fois.

On pourrait rester ainsi dans un certain flou : il y a un arrêté que l’on ne fait quasiment pas appliquer et ça fonctionne comme cela tant bien que mal. On peut aussi décider de fixer une règle claire. Ou bien, on peut dire clairement qu’on a décidé de rester dans le flou.

Cela pourrait même constituer un sujet à aborder dans un cadre de démocratie participative… Beaucoup de personnes sont concernées, et il s’agit de rechercher un équilibre entre les souhaits opposés de diverses parties de la population. Pas facile, il faut de la méthode…

Merci, Monsieur Lizeul !

De nouveaux bancs ont été installés de part et d’autre de la pointe de Loscolo. Bravo ! M. Lizeul avait expliqué lors d’une réunion publique que si la liste de M. Puisay était élue, il poursuivrait l’aménagement du sentier côtier comme il l’avait commencé sous M. Baudrais. Si j’ai bien retenu, le segment actuellement en cours de travaux est celui de Courlis-Goulumer. On avait compris que ce serait long, mais pour les bancs en tous cas, cela n’a pas traîné.

J’ai passé une demi-heure ce matin sur celui qui se situe entre le Maresclé et Loscolo. Il y avait là auparavant un banc de pierre très ancien, sans dossier, très abîmé et qui plus est placé devant un fourré qui a beaucoup grandi et qui bouchait la vue. Le nouveau banc est en plastique, mais cela ne se voit pas, et c’est un vrai King Size. Son dossier est délicieux. Et non seulement on voit et on entend la mer, mais on la sent.

Ce lieu est très particulier. Il s’avance vers la mer en formant une sorte de chemin qui s’arrête net : c’est un « chemin qui ne mène nulle part ». Mais ce lieu n’est pas seulement poétique : il est aussi inquiétant. Imaginez-vous dans un film d’espionnage. Vous êtes poursuivi par des espions russes. Vous avez abandonné votre mallette remplie de documents compromettants dans les buissons au bord du sentier côtier. C’est toujours cela qu’ils n’auront pas tellement la végétation est drue ! Mais vous aimeriez quand même aussi arriver à sauver votre peau… Arrivé là, vous jetez un coup d’œil rapide sur la configuration des lieux. Les fourrés, le banc, les mottes de terre soulevées par les taupes. L’une d’elle bouge. Une taupe vous fait signe, mais vous déclinez l’invitation. Vous avisez ce début de chemin. Vous faites le même sourire un peu grimaçant que Cary Grant apercevant le champ de maïs dans « La mort aux trousses », alors qu’il est poursuivi par un avion. Les pas derrière vous se rapprochent. Vous comprenez que le chemin est un piège. Il n’y a aucune échappatoire… Etc.

Tout cela pour dire que le banc en pierre était associé à une ambiance où dominait l’étrangeté, un côté légèrement interlope. En plus, il était tellement vieux qu’on pouvait imaginer poser ses fesses là où Jean-Émile Laboureur devisait joyeusement avec son voisin américain, Paul B. Gribble, celui qui a construit la maison qui deviendra la colonie Dunlop, puis « O.U.L. », de l’autre côté du Maresclé.

Le nouveau banc change la perspective. Il est placé plus au centre et il s’impose par une stature assez massive.  Personnellement, je ne le lui reprocherai pas. Ce lieu a désormais changé d’ambiance. Je dirais que son nouveau style est du genre « bancs publics », justement. Au lieu d’un film d’espionnage, on y verrait plutôt une bluette sentimentale. On devine déjà les flirts dont il sera le décor. Merci encore, M. Lizeul !

Là on vous remercie moins, Monsieur Lizeul

Lundi soir, au Conseil municipal, Dominique Boccarossa, conseiller d’opposition, a fait remarquer que dans une grande partie de Pénestin, les talus et les fossés ont été fauchés, ce qui en cette saison signifie qu’une multitude d’insectes, de batraciens et autres ont été laminés, écrabouillés, ratiboisés. Pourtant, je suis persuadé, M. Lizeul, que vous êtes conscient, comme pratiquement tout le monde désormais, que la biodiversité est pour nous tous une assurance-vie, et que sa disparition rapide est un très mauvais signe pour l’avenir de notre propre espèce. La réglementation au niveau du département prévoit d’ailleurs depuis longtemps que le fauchage des talus et des fossés doit se faire à la fin de l’été, fin août début septembre.

Cependant, le fauchage des talus et des fossés s’est poursuivi cette semaine comme si de rien n’était.

Question : à quoi sert la réglementation ? Et plus encore, à quoi servent les Conseils municipaux ? Quel est le statut des questions diverses, lorsqu’elles ne donnent pas lieu à une réponse directement durant le Conseil ? Est-il prévu que la réponse (argumentée, cela va de soi) sera donnée plus tard ? Ou bien peut-on laisser dire ce que l’on veut en Conseil et agir ensuite sans en tenir compte ? Cette question s’adresse plus directement à Monsieur le maire.

D’autres questions se pressent. Il existe en effet des contre-arguments : c’est souvent la population elle-même qui est demandeuse de voir les talus et les fossés fauchés ; il y a des impératifs de sécurité qui parfois contredisent celui du maintien de la biodiversité. Enfin, c’est la période de l’année où tous les propriétaires de jardins tondent le plus régulièrement leurs pelouses, et cela s’opère à une échelle qui dépasse assez largement celle des talus et fossés.

Bref, c’est comme pour les chiens sur les plages, il n’y a pas de questions simples. Pour ce qui est du fauchage et de la tonte, il y a peut-être des réponses qui m’échappent et je serai ravi de me les faire expliquer. Cela mérite peut-être là aussi d’ouvrir le débat et de faire confiance à l’intelligence collective de nos concitoyens.

* Le présent article correspond à ce que l’on appelle habituellement un « article d’humeur ». J’ai choisi depuis celui d’hier, 19 juin, d’utiliser un avertissement « Attention : opinion ! » lorsque mes propos expriment des jugements de valeurs et ne respectent pas une stricte neutralité journalistique. De cette façon, j’espère que l’on m’autorisera à tirer quelques conclusions à partir des faits, considérant que sans cela ils sont vains, et qu’à l’inverse, on admettra qu’il est souhaitable que les opinions s’appuient sur des faits et des arguments. J’espère que cesseront ainsi les accusations de « polémique », contre lesquelles je suis las de devoir me défendre. Prenant encore une fois exemple sur Camus, je suis animé avant toute chose par la passion et par l’exigence de la vérité.

6 commentaires sur “De toutes les couleurs”

  1. Monsieur le Maire m’a dit : “D’ailleurs, tu as fait une erreur”. Quelqu’un m’avait déjà fait la remarque : ce n’est pas M. Lizeul qui est en charge d’installer les bancs. Moi qui voulais dire quelque chose de positif, pas de chance !! Dont acte ! Je reconnais volontiers toutes mes erreurs. Et les espions russes ? Non, il n’a rien dit… Par contre, il dit que j’ai attaqué M. Lizeul de façon polémique. Oui : polémique, encore ! Quoi que je dise, on va me rétorquer que c’est polémique. Une phrase me vient à l’esprit : “Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage.” Dans un prochain article, je réexpliquerai le sens des mots : polémique, esprit critique et la différence entre les deux. Quant à toutes les personnes à qui j’ai dit que je leur enlevais une phrase dans leur commentaire pour éviter de faire glisser la discussion vers la “polémique” et que je n’en voulais pas sur ce blog, peut-être certains viendront-ils témoigner le moment venu… Je m’efforce de rester serein.

  2. Je ne pense pas qu’il soit indispensable de faucher les talus sous prétexte que les citadins arrivent. Chacun d’entre nous a un jour effleuré un fossé, on apprend par ses erreurs. Sinon quoi ? On détruit la terre à grande vitesse, la voiture est une cause importante de la pollution, et il faudrait détruire un peu plus pour faciliter le stationnement ? Combien d’insectes nichent dans les herbes hautes ! Je pense à je ne sais quel politique qui proposait il y a quelques années d’abattre les platanes sous prétexte qu’il mettait un terme à la vie de quelques automobilistes …. On marche sur la tête… Aujourd’hui la température en Sibérie est celle qui était prévue par les climatologues pour 2100, c’est à dire 38°. On n’a plus que 2 solutions : soit on prend de vraies mesures, soit on fonce droit dans le mur. Pour ma part je suis pour défendre la vie, les herbes hautes et les jardins plein de plantes sauvages, d’insectes et d’oiseaux.

  3. Pour les fossés, je crois malheureusement qu’il serait dangereux de ne pas les tondre avant l’arrivée des citadins… j’ ai bien failli moi même me garer dedans il y a 10 jours…
    Peut être y aurait il un moyen de les signaler par une tonte partielle ? Affaire de pro !

  4. Et bien Gérard, que d’imagination à partir de de ce banc…..
    En ce qui concerne la présence des chiens sur la plage, en effet tout est flou et discriminatoire ! On devrait pouvoir les emmener après 18h30.
    Les plages : interdit.
    Les bois : le risque est de te prendre une cartouche de chasseur….
    Et avoir un chien n’est pas encore interdit que je sache !
    Dommage que la tolérance ne soit pas OBLIGATOIRE.!!!!

      1. A chacun de mes joggings, je rencontre des promeneurs accompagnés de chiens en liberté, et pas toujours bien éduqués. Pourquoi ne pas utiliser une laisse, et avoir un sac à crotte parce que là aussi il y a des progrès à faire. Sinon que ce banc est bien placé et la photo magnifique.

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