Fin février, l’ancien président de Cap Atlantique se déclarait inquiet à propos du projet Loscolo

Le Bureau communautaire de Cap Atlantique du 27 février 2020, réuni par l’ancienne équipe, donc, avait eu à se prononcer sur une convention d’avance de trésorerie pour le projet de parc Loscolo. Je n’avais pas eu connaissance jusque là de cette délibération, et je vous en propose le compte rendu ci-dessous :

« Point n° 29

Pénestin – Convention d’avance de trésorerie remboursable à la SPL Loire-Atlantique Développement du projet de parc d’activités conchylicoles de Loscolo

Rapporteur : Daniel Moriceau

Interventions préalables au vote :

Daniel Moriceau rappelle que c’est un dossier tendu. Il évoque le collectif vindicatif, au travers de la presse notamment, et non respectueux envers les agents de Cap Atlantique, et espère que le projet va aller à terme. Il donne quelques éléments :

Le collectif a perdu au tribunal administratif mais c’est représentatif d’un état d’esprit. Quel est leur intérêt à agir ? On peut se le demander. Intérêt purement idéologique ?

Il y a de mauvaises surprises potentielles au niveau du coût notamment de la prise d’eau de mer mais il faut attendre d’avoir les résultats des appels d’offres en juin.

La bonne nouvelle : le fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) pourra être mobilisé jusqu’en juin 2021.

Le projet dépendra de la volonté de la prochaine municipalité.

L’avance sera débloquée au prorata des besoins.

Adeline L’Honen pense qu’on n’a pas le choix, c’est un projet innovant au bénéfice d’une profession et d’une filière importante.

Yves Métaireau s’inquiète. Cap Atlantique a déjà acheté 70% des surfaces et investi dans des études, il faut le faire, c’est sûr, mais il faut maintenant avancer. Cela introduit à Pénestin un climat d’agressivité avec un clivage clair de la population.

Daniel Moriceau rappelle que trop de fonds ont été investis. Le maire de Pénestin s’est beaucoup battu sur ce dossier.

Proposition adoptée à l’unanimité. »

(Source : https://www.cap-atlantique.fr/linstitution/fonctionnement/les-deliberations)

Ce compte rendu est riche en informations sur l’état d’esprit de l’ancienne équipe et n’augure pas, bien entendu, les positions de la nouvelle.

M. Métaireau (alors président de Cap Atlantique) semble douter de la poursuite du projet et évoque un clivage de la population de Pénestin. Sa référence à un climat d’agressivité est heureusement exagérée, et sans doute en rapport avec le mauvais accueil qu’il avait reçu lors de la première réunion publique en septembre 2018. L’argument qu’il partage avec M. Moriceau (« trop de fonds ont été investis ») donne l’impression d’une fuite en avant : on continue parce qu’on a déjà beaucoup investi et qu’il est trop tard pour revenir en arrière. Le raisonnement inverse serait de dire : ça suffit, arrêtons les frais…

M. Moriceau craint de « mauvaises surprises potentielles au niveau des coûts de la prise d’eau de mer ». Cap Atlantique a-t-il reçu les devis attendus en juin ou bien ceux-ci ont-ils été retardés par l’épidémie de Covid-19 ? Nous l’ignorons, mais si l’on parle du pompage de l’eau de mer, il faut aussi parler, à l’inverse, du rejet en mer des eaux ayant servi au nettoyage des moules, qui pourrait entrainer des surcoûts pires encore. En comité de suivi, il avait été expliqué que cette épuration s’opèrerait dans les bassins de décantation par la simple action du soleil et du processus de décantation : « les bassins de décantation sont ces équipements d’épuration. Ils captent et transforment une partie des paramètres physico-chimiques à abattre (sic) (précision : soit par décantation, soit par auto épuration (action des organismes vivants et du soleil). » Les équipements conformes à la directive conchylicole européenne sont bien plus sophistiqués que cela et leur coût, à la charge des mytiliculteurs, est semble-t-il élevé, si ce n’est prohibitif. De nombreuses informations émanant d’organismes professionnels sont disponibles à ce sujet sur internet.

Une autre phrase attire l’attention : « Le projet dépendra de la volonté de la prochaine municipalité. » Cela est en fin de compte assez agréable à entendre, si l’on se souvient que l’ancien maire de Pénestin (et parfois le nouveau) a si souvent déclaré qu’il n’avait plus la main sur le projet et que sa responsabilité relevait exclusivement de Cap Atlantique.

En revanche, on peut être attristé de retrouver dans ce compte rendu une mise en doute de l’intérêt à agir des riverains qui ont formé un référé devant le Tribunal Administratif. C’est un bien mauvais procès que de vouloir nier leur “intérêt à agir”, comme le fait encore le document de la préfecture publié cet été (cf. article xx du xx), alors qu’ils sont résidents à Pénestin à l’année et/ou y possèdent des attaches familiales anciennes qui déterminent, plus que l’idéologie, leur souci de préserver les sites de Loscolo et du Maresclé.

7 commentaires sur “Fin février, l’ancien président de Cap Atlantique se déclarait inquiet à propos du projet Loscolo”

  1. Ping : Cap Atlantique présente les résultats du questionnaire sur Loscolo adressé aux mytiliculteurs : la méthode Coué ? - penestin-infos

  2. Bjr
    C est facile de rejeter la faute sur les autres
    Prenez vos responsabilités messieurs les élus
    Pour une fois. Soyez honette avec vous
    Les sommes depensees ne sont rien vis a vis de l argent qui va etre investis à fond perdu.
    D ailleurs vous etes incapable de connaitre le vrai cout de votre joujou
    Prenez exemple de l aeroport..
    Vos investissements sont comme vous avec 25 ans de retard.
    Prenez soins de notre territoire au lieu de vous faire plaisir avec des projets qui vous depassent

  3. Je suis également très admiratif pour ce travail .

    L’ancien maire malheureusement a divisé les Pénestinois , J’ai l’espoir que au contraire le nouveau maire les réunira ,comme il l’a laissé entendre . Il sortirait grandi en revoyant totalement ce projet .

  4. « Le projet dépendra de la volonté de la prochaine municipalité ».
    Durant la dernière mandature de M. Baudrais, le précédent maire, j’ai assisté à plusieurs Conseils Municipaux. Lorsque l’ordre du jour le permettait, poser une question sur le sujet « Loscolo » était tabou. La réponse du maire sapait notre curiosité citoyenne : « je ne suis pas compétent pour traiter ce sujet, adressez-vous à Cap atlantique ». Le nouveau maire, M. Puisay, en signant le permis d’aménager à la mi-août, s’affranchit du projet en l’abandonnant à la communauté d’agglomération.

    « coûts de la prise d’eau de mer »
    De mémoire, le coût de la prise d’eau de mer était environ d’un million d’euros en 2013. Cinq ans plus tard elle était d’un million et demi.

    « trop de fonds ont été investis »
    A ce jour, Cap atlantique a dépensé 165 608 euros en acquisitions et frais, 508 720 euros en études opérationnelles. Les frais financiers et frais divers ne sont pas détaillés. Le bilan financier prévisionnel de l’opération s’équilibre en recettes et en dépenses à 4 600 000 euros (sans la prise d’eau de mer) La commune de Pénestin apportera 175 000 euros et aura le réseau viaire à sa charge hors lotissement et accès départementale. Toutes les dépenses et les travaux annexes non comptabilisés (rachat des ateliers et quelques concessions, préemptions, renaturation, routes, indemnités aux particuliers etc…) vont certainement doubler la mise.

    « affaires maritimes et la pêche » FEAMP
    La subvention européenne est estimée au 29 juin 2020 à 728 000 euros.

    « non respectueux envers les agents de Cap Atlantique »
    Cette accusation est grave. Elle mériterait des preuves et des explications de la part des élus présents à ce bureau communautaire.

    « Intérêt purement idéologique »
    Avant d’attribuer un « intérêt idéologique » aux opposants du projet ou à ceux qui doutent de son bien fondé, il convient de rappeler le sens du mot idéologie : « système d’idées générales constituant un corps de doctrine philosophique et politique ». Avec ce mot, on englobe aussi un fatras de revendications individuelles ou collectives guidées par des idées politiques ou religieuses. Il est difficile aujourd’hui de penser que défendre la qualité de l’air, l’eau, la biodiversité ou bien lutter contre le réchauffement climatique, soit rattaché à une quelconque « idéologie ».

  5. Et la question qui va (ou devrait) se poser au sein du bureau communautaire de Cap Atlantique va être : est-ce que les nouveaux Maires sortis des dernières élections vont être d’accord pour continuer, à la suite de leurs prédécesseurs pas forcément du même bord en plus (voir Batz-sur-Mer), à injecter des fonds publics (deniers en partie issus de leurs propres communes) dans un projet qui, manifestement commence à sérieusement battre de l’aile ? D’autant que le projet n’est pas un projet “communautaire” au sens large, mais pour quelques intérêts particuliers, et en outre lié à des questions écologiques qu’ils ne sauraient plus ignorer. Sans compter de se trouver sur Penestin qui cumule quand même depuis un “certain” nombre d’années des affaires un peu … “tordues”. La sagesse devrait logiquement inspirer à tous ces élus (prétendument responsables …) d’y regarder à deux fois, à commencer par le premier concerné.

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