Les langues se délient chez les mytiliculteurs

Vendredi soir, un courrier a largement circulé, dans lequel il était question de volte-faces et d’engagements non tenus à propos du projet de parc Loscolo, et d’une AG du Syndicat mytilicole de Pénestin réclamée « au moins un mois avant la fin du recours du permis d’aménager ». Ce courrier était adressé à Thibaud Camaret, président du Syndicat, par deux mytiliculteurs : Frédéric Bernard, installé au Lomer et Bruno Evain, au Logo.

De quoi s’agit-il ? Les engagements non tenus sont ceux « de l’ancien bureau [du Syndicat], des élus et des collectivités ». La Mairie avait garanti que chaque producteur pourrait rester dans ses locaux ou les revendre à quiconque. M. Baudrais, tout comme M. Puisay après lui d’ailleurs, avait répété qu’aucun mytiliculteur ne serait jamais forcé de quitter son emplacement pour Loscolo s’il ne le souhaitait pas.

Ils avaient accepté de soutenir le projet par loyauté

Les mytiliculteurs, majoritairement réticents face au projet Loscolo, avaient accepté de le soutenir par « loyauté », disent les deux auteurs du courrier : « loyauté envers certains confrères qui en avaient besoin. » Les cartes ont été rebattues à l’été 2019 lorsque la SAFER (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a annoncé vouloir préempter la parcelle d’un mytiliculteur sur la zone du Logo. La précision fournie ultérieurement qu’aucune préemption n’interviendrait en cas de vente à un ayant-droit n’a pas suffi à rassurer les producteurs, persuadés que le but des préemptions était de « tous nous envoyer sur Loscolo ».

Le courrier de MM. Bernard et Evain indique : « Nous avons fini par transiger à la condition que le prix de préemption soit fixé avant la fin 2019 et surtout parce que l’ancien président [M. Brière] a insisté. » Aujourd’hui, ces prix ne sont toujours pas fixés… Vous trouverez sur ce blog les documents correspondant aux discussions de cette période : (http://www.penestin-infos.fr/les-conseils-municipaux-permettent-de-lever-les-malentendus-trois-dun-coup-ce-lundi-tous-sur-le-projet-loscolo-allez-savoir-pourquoi/ , article du 18 septembre 2019).

Le conseil municipal du 27 janvier 2020 a voté l’extension des zones de préemption au Scal et au Logo, présentée par M. Lebas. (cf. https://www.mairie-penestin.com/upload/pvcm27012020.pdf, point 3-2, et http://www.penestin-infos.fr/le-projet-loscolo-sinvite-au-conseil-municipal/, 28.1.20) Et cela, poursuit le courrier de MM. Bernard et Evain, « sans vous consulter (à moins que le Syndicat actuel ait été au courant ?) et donc sans fixer les prix. » Ils craignent d’ailleurs que cette extension ne concerne aussi le Lomer en vue de le renaturer lui aussi, comme il apparaît dans un document récent de la Préfecture du Morbihan (7.8.2020, mémoire en réponse à la requête pour excès de pouvoir de Cappenvironnement, p. 5). M. Bernard rappelle que la forme juridique des ateliers du Lomer est l’indivision, c’est-à-dire que les parties communes ne peuvent faire l’objet de travaux sans l’accord de tous.

« Beaucoup d’entre nous ne souhaitent pas y aller »

MM. Bernard et Evain indiquent que « beaucoup d’entre nous ne souhaitent pas y aller car :

– il n’y a aucune visibilité sur les coûts; les premières estimations sont exorbitantes ; 

– il y a des solutions alternatives comme la possibilité d’agrandir les locaux (courrier de SCP du 16/04/18), un pompage collectif au Logo ou encore la rehausser des chantiers qui peuvent être submergées;

– des systèmes mécaniques simple de traitement des rejets. 

Et certains ne souhaitent tout simplement pas bouger. »

Point important : la question des rejets a été selon eux bâclée dans la baie du Maresclé, « ce qui entraînera sans doute des recours de producteurs ». C’est là en effet que devraient être installées les stations de pompage et surtout de rejet à proximité immédiate des milliers de bouchots qui s’y trouvent. La mise en place des canalisations et des pompes constituera probablement la matière des prochains travaux, qui seront effectués peut-être dès cet automne, si l’on se réfère au permis d’aménager signé le 13 août par M. Bauchet, adjoint au maire, et à l ‘arrêté préfectoral du 22 janvier 2020 (cf. : http://www.penestin-infos.fr/penestin-infos-a-deux-ans-lage-de-raison/ , article du 29 août)

Ils concluent en indiquant qu’ « il n’était pas convenu que Loscolo se fasse pour ces 3 entreprises : aux dépens de toutes les autres. »

L’assemblée générale réclamée par MM. Bernard et Evain aura sans doute lieu rapidement. On peut s’attendre à ce que les voix se délient enfin chez beaucoup de mytiliculteurs longtemps habitués à respecter une certaine discrétion. Selon le rapport de forces qui en découlera, la position de Cap Atlantique et de la mairie de Pénestin pourrait s’en trouver fragilisée.

2 commentaires sur “Les langues se délient chez les mytiliculteurs”

  1. Ping : Un fardeau en héritage - penestin-infos

  2. Un soir, je me suis lu toutes les dépositions de l’ enquête publique sur le projet . J’ai été estomaqué par les dépositions en faveur du projet , nombreuses car répétitives, affligeantes par la prolifération de copié-collés d’éléments de langage préparés par la municipalité d’alors .
    Ce projet est mal fagoté( on entend tout et son contraire) , ruineux( quand on cache les coûts, c’ est qu’il y a un loup!) et visiblement inutile puisque la majorité des mytiliculteurs n’en veulent pas .
    Le nouveau maire devrait être un édile qui écoute, et dans un esprit de réconciliation comme il le propose .
    Alors, monsieur puisay , retirez votre permis ( délivré en catimini) d’aménagement du parc de Loscolo , et évitez une procédure contentieuse qui coutera aux contribuables Penestinois . Vous n’avez même pas le soutien majoritaire des mytiliculteurs , alors à quoi bon ?

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