La pose du premier parpaing d’un programme de 16 logements sociaux au Yoquo, en juin 2025, par ailleurs vieux projet qui a mis des années à sortir du tiroir, a été l’occasion pour M. le maire de Pénestin d’annoncer un parc communal de 80 logements sociaux, et bientôt une centaine. Affirmation contredite par les chiffres officiels sur la réalité du « logement social » à Pénestin qui affichent un parc social de 58 logements.
La vérification sur le terrain confirme les chiffres officiels. Alors, d’où vient cette différence énorme entre 80 annoncés et 58 officiels ?
Il faut également savoir qu’une dizaine de maisons du parc de Morbihan Habitat, bailleur social du Morbihan, ont été vendues ces dernières années. Certain.es occupant.es locataires ont pu acheter leur maison, sur proposition de Morbihan Habitat, comme la règlementation le permet et y résident actuellement en tant que propriétaire. Par contre, certain.es de ces maisons ont été revendues depuis, devenant des résidences secondaires, ou locations genre Airbnb.
Ainsi à Pénestin, il faut déduire (au moins) 10 logements du chiffre officiel de 58, soit 48, puisque par définition un « logement social » est une location.
Interrogeons-nous sur « l’action » de la municipalité (passée et actuelle) à propos de la vente de patrimoine social qui vient augmenter le saisonnier spéculatif et diminuer des capacités de logement pour des familles et des jeunes.
Laisser vendre sans exiger des compensations en production de logements de la part du bailleur social est inacceptable.
Ne pas conditionner la revente de ces maisons à des acquéreurs.ses résidents à l’année est une deuxième erreur.
Autre constat invisible, il faut savoir que les bailleurs et les communes peuvent compter les logements vendus dans leur patrimoine social pendant 10 ans !
C’est quand même incroyable de pouvoir vanter un parc de x logements alors qu’un certain nombre a été vendu et non compensé. Mais la loi autorise cette communication.
Pénestin, c’est 4000 maisons dont 3000 en résidences secondaires et 1000 résidences principales dont 48 logements sociaux réels, soit un pourcentage de 4,8% de logements sociaux à Pénestin qui passera à 6,4% après les réalisations du Yoquo.
J’affirme également que les logements sociaux avec un DPE en classe E posent des problèmes à leurs résident.es. Ni le bailleur, ni la mairie ne s’en soucient, attendent-ils 2034 pour être obligés d’agir ? D’autres problématiques environnementales concernant l’action ou plutôt l’inaction de la mairie vis-à-vis du « parc social » mériteraient d’être développées.
Conjointement à la moyenne d’âge des habitant.es et de leur pouvoir d’achat, l’accès au « logement social » ne constitue, certes, pas une priorité pour beaucoup d’entre nous à Pénestin, mais j’invite fortement à être attentif, précis, respectueux des parcours de vie et exigeant dans ce domaine en soutenant les candidat.es les plus motivé.es et crédibles dans ce domaine pour les prochaines élections municipales.
Quelques repères cités dans le Plan Local de l’Habitat de Cap Atlantique 2024-2030. Axes politiques qui engagent tous les élus de Cap Atlantique.
Premier repère : la population sur Cap Atlantique (source PLH- Doc. D’orientation)

Pénestin entre tout à fait dans les enseignements de cette analyse.
Deuxième repère : Quelle production de logements ?
L’objectif de développement de logements locatifs sociaux repose sur 2 principes socles.
« Dédier à au moins 30% de la production totale à l’échelle des communes. Au sens du PLH, les logements locatifs sociaux désignent les logements financés en PLUS, PLAI, PLS, PSLA et BRS. Cette définition est valable pour toutes les prescriptions indiquant la production.
– Réaliser 70% en faveur de la location et 30% en faveur de l’accession sociale parmi les logements sociaux. »
Troisième repère : Engagement des élu.es
« Point programmation avec les communes, une fois par an, avec pour objectif le suivi de la programmation et des objectifs du PLH, en lien avec les instances de suivi des Contrats de Mixité Sociale
Réunion annuelle des Maires avec pour objectif le suivi et pilotage stratégique du PLH. »
Quatrième repère : Réduire le résidentiel saisonnier.
« Dans un territoire où les résidences principales du parc privé peuvent changer de statut entre résidences principales et secondaires lors de mutations, et où le phénomène de développement de meublés touristiques est fort, le maintien du parc existant de résidences principales est un enjeu sur le territoire.
Cette action vise à limiter le basculement des résidences principales EFG en meublés touristiques en lien avec l’interdiction de location en résidence principale des logements en étiquette énergétique G au 1er janvier 2025 et F au 1er janvier 2028 ».
« Réaliser une veille des outils et règlementation de limitation des locations de meublés touristiques de courte durée et informer régulièrement les communes en commission habitat. »
Cinquième repère : Le locatif privé.
« Le parc locatif privé sur le territoire est globalement faible. En 2019, le parc locatif privé de Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglo représentait 8% du parc de logements. Il est par ailleurs cher, compte tenu de niveaux de loyers les plus élevés du département. Or ce segment joue un rôle essentiel dans les parcours résidentiels de ménages variés, dont une partie dispose de revenus modestes. »
Voilà ce que dit, à travers ces quelques extraits, le PLH de Cap-Atlantique 2024-2030. A Pénestin, l’écart entre les annonces publiques et la situation réelle illustre une politique récurrente du logement insuffisante face aux besoins. Le manque de logements accessibles à l’année pèse en effet directement sur l’installation des jeunes ménages et des familles, contribuant à la baisse des effectifs scolaires observée tant dans l’école publique que dans l’école privée, avec un risque réel de suppression de classes.
Cette incapacité à produire ou réhabiliter des logements sociaux à la hauteur des enjeux locaux incite à changer complètement de cap, avec des projets concrets et durables, incluant la réhabilitation du parc existant et l’amélioration des conditions de vie dans plusieurs secteurs de la commune, notamment à Bilaire, la Saulerais, les Violettes, Trémer et Tréhiguier.
Négocier avec des propriétaires pour qu’ils acceptent de louer à l’année n’est pas une tâche impossible, surtout si la municipalité se porte garante.
Cet aperçu sur les questions que posent l’accès à la location publique ou privée à Pénestin, la cherté du foncier et du bâti, posent les vrais défis pour que Pénestin ne soit pas en déclin démographique comme Le Pouliguen, Quiberon ou St. Gildas de Rhuys. Au moins 250 enfants dans chaque école de Férel. Cela devrait interpeller, depuis le temps !
Nous voilà bien loin d’une inauguration qui donne des chiffres erronés, et évoque un « paradis ».
C’est le moment d’agir pour tourner la page !
D’autres infos pour compléter cet article
A propos du logement et des écoles : Lettre du Bon Sens pour Pénestin avril 2023
Sur la manipulation des chiffres : Lettre du Bon Sens pour Pénestin février 2022
https://cappenvironnement.fr/lettres-de-le-bon-sens/