“Si demain tu sens que ma tête a viré…” – Réunion publique de Pascal Puisay le 2 décembre au Commerce

« Je ne suis pas un politique, j’ai mis un an à me décider pour être candidat. Et c’est une décision que j’ai partagée avec mon épouse, car elle aussi sera concernée et elle aussi aura un rôle à jouer. Mais je lui ai dit : ‘si demain tu sens que ma tête a viré, tu m’avertis tout de suite et tu ne lâches pas le morceau !’ » Cela fait 1 heure et 15 minutes que la réunion a commencé et Pascal Puisay a pris son rythme de croisière. Il éprouve un plaisir évident à s’exprimer devant les 80 personnes qui remplissent l’arrière-salle du Commerce et débordent en direction de l’entrée. Et même si chacune de ses anecdotes a déjà été testée devant d’autres publics, sa sincérité et son énergie ne font pas de doute.

Il poursuit : « Nous avons donné il y a quelques temps une interview à l’Écho de la Presqu’île et il a fallu qu’on choisisse entre deux photos. 70 % étaient pour l’une et 30 % pour l’autre. J’ai écouté et j’ai finalement considéré que les arguments de la minorité étaient meilleurs. De même, si demain Madame Dupé est dans la minorité, il se peut qu’elle propose de très bonnes idées. Si ce sont les meilleures, je les reprendrai à mon compte et je les défendrai face à mon équipe. C’est comme ça que je fonctionne et je vous parle avec mes tripes. »

« Je suis capable de revenir sur ma décision »

Et d’ajouter : « Si une personne vient me voir et me propose une bonne idée qui ne cadre pas avec les miennes, je suis capable de revenir sur ma décision. » C’est du simple bon sens, me direz-vous, mais on en avait un peu perdu l’habitude. Alors, oui, il faut reconnaître que ça fait plaisir à entendre. Évidemment, il faut pondérer : si M. Puisay est élu, il vaudra mieux s’adresser au maire qu’à certains de ses adjoints qui ne nous ont pas habitués à une telle ouverture d’esprit dans leurs précédentes fonctions.

Ensuite, sa vision est celle d’un manager qui gère à l’EHPAD de Pénestin, dont il est encore le directeur jusqu’à son départ à la retraite en janvier 2020, une équipe et un budget équivalents à ceux de la mairie. Or, même si l’on est un manager moderne, il ne faut pas croire que l’on peut traiter les citoyens d’une commune comme on traite des salariés : un maire n’est pas au sommet d’une hiérarchie, mais au service de ses administrés.  

Dans la même optique, on sait que pour un manager, en général, une bonne idée est une idée dont on sait comment la financer et dont on attend un retour sur investissement. Mais M. Puisay nous surprend à nouveau : lorsqu’il s’extasie sur le dynamisme des commerçants qui ont lancé le marché de Noël, il y voit une perspective face aux fermetures de magasins dans le centre bourg. Il y a « de sacrées idées » chez les commerçants, dit-il. Et il en ressort qu’une activité non rentable aujourd’hui peut le devenir à terme, ou bien qu’elle s’équilibre avec d’autres qui le sont. Là encore, ce n’est pas nouveau, mais mieux vaut entendre cela que… l’inverse !

La question du budget est centrale. Il a présenté en début de réunion Christiane Bretonneau, son adjointe aux finances, ex-chef d’entreprise, qui dit vouloir « faire au mieux pour que les finances restent ce qu’elles sont aujourd’hui ». Voilà pour la continuité avec le mandat de M. Baudrais, quoique M. Puisay omette de saluer les qualités de l’actuelle adjointe aux finances, Catherine Richeux, qui a beaucoup donné de sa personne et qui n’a pas souhaité se représenter.

250 000 euros pour détruire l’immeuble des Hauts de Vilaine !

Mais il va bien falloir en finir demain avec ce que M. Baudrais a laissé en plan. Et d’abord  avec cette scandaleuse « verrue » qui enlaidit Pénestin depuis de longues années, les Hauts de Vilaine. C’est l’Etat qui en est propriétaire et qui devra autoriser sa destruction. M. Puisay dit l’avoir faite chiffrer : 250 000 euros. Un chiffre peut-être exagéré… [ correction apportée lors d’une nouvelle réunion : 150 000 euros. J’avais mal entendu… Toutes mes excuses. G.C. 23.12.2019]

Mais au détour d’une autre question, on aborde également le parking de l’ancien supermarché Unico : l’actuel propriétaire en réclamerait 1 million d’euros ! Cette somme, évidemment exagérée elle aussi, sera négociée. Tout cela pour dire qu’« on ne pourra pas tout se permettre ». La question, évoquée pour le moment en pointillés, se posera certainement pour le parc conchylicole de Loscolo. M. Puisay dit que l’avenir de la mytiliculture passe par ce parc, mais il fait état d’un probable surcoût. On en saura sans doute plus à la réunion du vendredi 20 décembre (20 h) qui aura lieu au camping des Îles, à proximité du Bile.

Une question sur le marché : ne pourrait-on pas construire des halles en dur ? Sourire. C’est dans les cartons, mais le candidat ne souhaite pas s’avancer avant le « grand dévoilement » de février prochain. Quelques bases de réflexions néanmoins : le marché est le poumon économique de la commune en été. Il faut le repenser, mais il ne changera pas de place. Il n’est pas normal que 10 camelots vendent la même chose, ni qu’on ne puisse plus y circuler après 10 heures du matin le dimanche en été. Enfin, le marché est un important vecteur de l’image de Pénestin vers l’extérieur. Bref, l’équipe Puisay a travaillé sur le sujet. 22 personnes qui se réunissent depuis mai sur des sujets comme le commerce, mais aussi la communication, la sécurité, l’accessibilité et le handicap… Le comité de soutien compte, lui, 40 personnes.

Pascal Puisay aime raconter qu’il fréquente Carrefour Market, les commerces et les cafés du centre bourg, qu’il se fait coiffer chez xx (pas de pub supplémentaire…) Trois commerçants sont sur sa liste, dont Alwena, 22 ans, la benjamine. « Les jeunes m’ont ouvert les yeux », dit-il, sûr de son effet. Contrairement à ce que l’on croit, les jeunes ne veulent pas partir de Pénestin. Ils veulent y rester. Il faut leur faire une place, eux qui « seront là quand nous n’y serons plus. » A une dame qui dit que certains artisans voudraient recruter des jeunes à Pénestin, mais qu’on ne sait pas comment les loger, il répond que c’est la problématique des communes balnéaires, mais qu’il présentera en février des projets « chiffrés » sur ces questions. Quant aux 13-15 ans, il est épaté par leur conscience politique…

Un « subdélégué » à la jeunesse

Il y aura donc un « subdélégué » à la jeunesse, si M. Puisay est élu, de même qu’à la sécurité par exemple. L’occasion de remarquer que l’attribution d’une délégation de signature de la part d’un adjoint, bénéficiant lui-même d’une délégation de pouvoir du maire, est un privilège plus flatteur que ce titre ne le laisserait penser. Personnellement, il me fait penser au « Sous-commandant » Marcos… Après tout, un « subdélégué » est aussi un « conseiller » et ce titre est peut-être plus agréable à porter. De même, l’usage fréquent du terme « remonter » au sens de « faire remonter des informations » accentue l’idée d’une hiérarchie qui, pour n’être pas militaire, est à coup sûr très « managériale ».

Au moins a-t-il les idées claires sur la hiérarchie des communes et des intercommunalités. Ces dernières assument désormais 80 % des responsabilités. « Il faut, dit-il, que mes adjoints soient efficaces pour que je puisse aller me battre pour la commune au sein de Cap Atlantique ». Pour communiquer sur le patrimoine, pour agir avec force et conviction sur l’attractivité de la commune, il faudra demain « engager un véritable bras de fer avec la communauté de communes. » Il faudra « faire entendre la voix de Pénestin. » Il est indispensable aussi que les politiques reprennent le pouvoir sur les techniciens : c’est à eux qu’il revient de prendre les décisions.

Quant aux relations avec les habitants, M. Puisay brandit un mot-clé : le terrain. Sur chaque sujet, il a cherché et continuera à chercher, à l’avenir, le contact avec tous les acteurs, avec tous ceux qui sont concernés, tous ceux qui ont une appétence particulière pour le sujet en question. Il faut « sortir du Conseil » et rencontrer « un maximum de personnes ». Il y aura certainement fort à faire pour résoudre des questions longtemps laissées en suspens : la sécurité routière, l’enlèvement des ordures ménagères, en été, les horaires d’ouverture des commerces, en hiver, le projet d’une maison médicale alors que la dentiste et la généraliste partiront ces prochaines années à la retraite, et bien d’autres encore.

Et que dire de l’écologie et de l’urbanisme, tellement essentiels dans une commune littorale comme Pénestin ? M. Puisay en a peu parlé. C’est normal, me direz-vous, il a répondu aux questions : ces questions seront certainement différentes lors des prochaines réunions publiques. Il a certes évoqué la loi Littoral, en indiquant avec force que « bien sûr, nous la respecterons ». Mais la raison principale semblait être, si je l’ai bien compris, que c’est… une loi.

De même la profession de foi présentée sur son site internet (https://osonspenestin.wixsite.com/municipales/profession-de-foi) se conclut par un précepte : « Faire en sorte que chacune de nos actions tienne compte de son impact environnemental ». Ce précepte au petit goût de contrainte fera-t-il place à une vraie volonté de respecter et de protéger la nature à l’heure où les menaces s’accumulent. De s’engager dans une politique de la mer comme certains l’ont réclamé dans le présent blog. De faire évoluer les modes de vie, les façons de consommer, les façons de se loger et d’occuper l’espace. M. Puisay aura bien sûr d’autres occasions de s’exprimer sur ces sujets.

4 commentaires sur ““Si demain tu sens que ma tête a viré…” – Réunion publique de Pascal Puisay le 2 décembre au Commerce”

  1. Compte-rendu des plus intéressants et instructif, sans parti pris, comme doit le faire tout journaliste (ou ancien devrais-je dire) qui se respecte. Quelques questionnements toutefois, parmi d’autres :
    . comment M. Puisay, si sa liste obtient la majorité, et prônant de “sortir du Conseil” arrivera-t-il à renouveler le mode de gouvernance de Pénestin avec des élus de sa liste (ex/futurs ?) habitués depuis des années à un autre style disons “moins ouvert” et ne risque-t-il pas de connaitre au fil du temps quelques frictions- désillusions-dissensions ?
    . Les Hauts de Vilaine : si cette “malheureuse ruine” est aujourd’hui propriété de l’Etat (par quelle procédé ?) comment se fait-il que ce soit à la commune de payer sa démolition plutôt que celui-ci ? il y a là quelque chose qui m’échappe … à moins que l’Etat n’ait pris pour argument l’obstination aveugle de l’ex-futur Maire à renouveler des autorisations à un projet qui était de plus en plus plombé au fur et à mesure de ses péripéties. Quant à l’estimation avancée, sa source aurait pu être précisée, mais sans doute faite par un entrepreneur local … élu ou futur candidat, et donc…. L’appel d’offres devra en outre être très précis (pas seulement la démolition, mais aussi tous les à-cotés comme le coût de recyclage des matériaux, de la remise en état du site, etc …..)
    . Unico : la somme est sans doute exagérée, quoique le terrain superbement bien placé ; une estimation par les Domaines permettrait déjà d’y voir beaucoup plus clair pour entamer une négociation de rachat, mais il conviendrait aussi de vérifier si Unico n’avait pas bénéficié à l’époque de son installation de conditions “avantageuses” qui pourraient jouer dans la balance (et combien d’emplois supprimés ?). Et pour ce que l’on pourrait y voir s’y implanter et/ou se côtoyer en extension raisonnée du centre-bourg : de l’habitat social, la maison médicale, des espaces de co-working/ nouvelles technologies, quelques locaux commerciaux ou d’artisans…., pourquoi ne pas imaginer pour sa réappropriation, vue la surface, un partenariat public (la commune)-privé (promoteur) qui permettrait d’atténuer la facture ? Car avant d’acheter, il faudra déjà que les élus fixent ce qu’ils voudront en faire (et non l’inverse).
    . les jeunes générations : un point positif s’ils veulent demeurer à Pénestin, mais encore faut-il qu’ils puissent y travailler de manière pérenne – vaste programme ! – et aussi effectivement s’y loger dans une commune plombée par un % de résidences secondaires dépassant l’entendement. Alors une idée en passant (offerte aux 3 listes) : pourquoi ne pas imaginer, pour répondre à telle ou telle situation, une sorte de location temporaire, pour un loyer modéré, dans une résidence secondaire la plupart du temps inoccupée 11 mois sur 12, le pacte /3mois renouvelables 2 fois entre locataire et propriétaire se faisant sous l’égide de la mairie ? Chacun y gagnerait.
    . pas un seul mot sur la préservation du patrimoine pénestinois (dans toutes ses composantes, bâtiments, paysages…) et la culture ? Un peu dommage.
    . site internet : un peu décevant car, pour le moment, peu de choses précises à se mettre sous les dents.
    Affaire à suivre …..
    En espérant de mêmes compte-rendus pour les 2 autres listes.

    1. Sur le patrimoine, si, il en a été question, un peu, pour dire qu’il faudrait se battre à ce sujet face à Cap Atlantique, mais je n’en ai pas dit plus dans l’article car il n’y a pas eu plus de détails durant la réunion…

      1. Merci pour cette précision. Je comprends aussi mieux quand M. Puisay a déclaré qu’il faudrait que ses adjoints soient plus efficaces “pour qu’il puisse aller se battre pour la commune au sein de Cap Atlantique » voire à « engager un véritable bras de fer avec la communauté de communes » et « faire entendre la voix de Pénestin. » Ce qui revient à dire que l’actuel a laissé petit à petit couler jusqu’à ce que la voix de la commune ne soit plus audible ….Un constat cinglant ! Quant à ce que les “politiques” (je préfère le terme les “élus”) reprennent le pouvoir sur les techniciens, c’est l’évidence même… !! (Loscolo ?)

  2. J’ai reçu un commentaire que j’ai décidé de ne pas passer, malgré les compliments sympathiques que me fait la personne. Lorsque je refuse un commentaire, en général, je contacte la personne directement et lui explique les raisons. Le plus souvent, ça se passe bien, sauf quelques exceptions assez rares. Il s’agit cette fois-ci d’un message anonyme et je n’ai pas de moyen de savoir à qui m’adresser. L’occasion en tous cas de redéfinir les règles.

    Un commentaire peut être polémique : c’est le droit le plus strict de chacun. Il y a bien peu d’espaces dans notre commune permettant une libre expression et mon choix de base est de laisser les gens s’exprimer, que je sois d’accord ou non avec ce qu’ils disent. Cependant, le commentaire en question citait nommément un membre de la liste de M. Puisay, adjoint encore en poste de M. Baudrais, et le critiquait d’une façon non factuelle. Je m’efforce pour ma part d’être respectueux des personnes (y compris celles qui ne nous respectent pas beaucoup), tout en essayant de concilier dans mes textes l’esprit critique et la vérité des faits. C’est parfois vif, mais je fais pour le mieux afin de tracer les limites à ne pas franchir.

    Je suis probablement d’accord avec la personne qui m’a envoyé ce commentaire et qui se reconnaîtra certainement. Mais si on reproche à une personne précise d’avoir « raconté je ne sais quoi » en public, vous comprendrez que l’accusation soit perçue comme « infondée ». Il suffirait de faire appel à votre mémoire, d’être plus précis sur les faits et d’être à l’inverse un peu plus flou sur l’identité de la personne, pour que le commentaire passe « comme une lettre à la poste ». N’hésitez pas à le réécrire et à me le renvoyer si cela ne vous ennuie pas. J’espère en tous cas que vous ne m’en voudrez pas…

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