“Le projet de parc conchylicole de Loscolo : quand ?”

[ Comme dans tout dossier à caractère technique, la complexité des documents disponibles dans le cadre de l’enquête publique constitue un frein à l’expression sollicitée de la part des citoyens. Comme le précédent texte concernant le “où ?”, celui-ci a pour but de proposer une représentation claire des enjeux liés au projet de parc Loscolo. D’autres textes sont à venir pendant la durée de l’enquête publique.

Merci de bien vouloir me signaler toute inexactitude et tout manque qui vous semblerait important afin d’améliorer l’historique ci-dessous. ]

 

2000 – la mairie de Pénestin lance le projet d’un parc mytilicole afin de répondre aux problèmes posés par l’envasement de l’estuaire de la Vilaine et la médiocre qualité des eaux en Vilaine. Elle fait réaliser des études par les cabinets Oïkos, puis Techmar.

 

Juin 2003 : le rapport du cabinet Oïkos retient le site de Loscolo afin de regrouper des mytiliculteurs autour d’équipements mutualisés, dont un bassin d’eau de mer. Il prévoit d’y installer une vingtaine de mytiliculteurs.

 

2005 : nouveau rapport du cabinet Oïkos. 7 professionnels sur 37 se déclarent intéressés.

 

2007 : Un rapport du cabinet Techmar reprend les chiffres de Oïkos. Il propose de vendre des parcelles individuelles avec ou sans bâtiments exclusivement aux mytiliculteurs du Logo et du Scal. Il prévoit 18 bâtiments de 15 m de haut. Il est aussi prévu l’ouverture d’une falaise afin d’installer une rampe d’accès. Le nombre de professionnels intéressés est descendu à 5.

 

2008 : Le pilotage du projet passe de la mairie de Pénestin à Cap Atlantique.

 

2009 : Cap Atlantique déclare l’« intérêt communautaire » du projet.

 

2010 : Le parc de Loscolo est inscrit en zone ACA (zone agricole située sur le domaine terrestre et affectée exclusivement aux activités aquacoles) sur le PLU (plan local d’urbanisme) de Pénestin. L’idée d’ouvrir une rampe d’accès à travers une falaise est abandonnée.

 

2011 : Des mytiliculteurs regroupés aux sein de l’association du Hameau conchylicole de Loscolo discutent avec Cap Atlantique sur 3 scenarios (notice explicative p. 26 sq.). Celui retenu prévoit deux bassins de stockage de l’eau de mer.

 

2013 : Cap Atlantique diffuse une plaquette destinée à promouvoir le projet Loscolo auprès des professionnels et des habitants de Pénestin.

 

2016 : réédition de la plaquette. Réunion d’information afin de mobiliser les mytiliculteurs qui restent peu nombreux à soutenir le projet. Cap Atlantique approuve l’ouverture d’une enquête publique.

 

2017 : Le SCOT (Schéma de cohérence territoriale) de Cap Atlantique inclut le projet Loscolo. Durant l’enquête publique, des habitants de Pénestin dont l’association Mès et Vilaine pointent la diminution du territoire agricole autrefois prédominante dans la zone de l’Armor, la concentration des activités qui génère une concentration des nuisances, les atteintes à la qualité de vie et à celle de l’environnement, la non préservation des « espaces agricoles en bordure du littoral », le surdimensionnement du projet.

 

L’Autorité Environnementale (instance européenne chargée de donner des avis sur la conformité des grands projets avec le droit européen en matière environnementale) délivre un avis mitigé sur le projet. Elle critique la méthodologie d’évaluation sur l’impact des rejets d’eaux usées dans la mer, le caractère incomplet de l’analyse des nuisances pour le voisinage et des effets sur l’environnement.

 

Le syndicat conchylicole de Pénestin demande pour sa part de réserver cette zone pour les professionnels de Pénestin qui désirent s’y installer, regrette l’absence de hangar sec, souligne l’impact sur la qualité des eaux par les rejets d’activités telles que la pisciculture, l’écloserie, etc. Il dénonce la hausse perpétuelle du prix du projet et le manque de soutien financier pour ceux qui ne veulent pas quitter leurs emplacements actuels.

 

2018 : Cap Atlantique rédige des mémoires en réponse à l’avis de l’Autorité Environnementale. Concernant les nuisances olfactives qui n’avaient pas été prises en compte jusque là, il indique qu’il revient à chaque mytiliculteur de veiller à l’évacuation régulière de ses déchets et propose que soient organisées des réunions annuelles entre professionnels et riverains.

 

20.8.2018 / 21.9.2018 : enquête publique.

 

Dans les 30 jours à compter de la fin de l’enquête, la commissaire enquêtrice, Mme Anne-Claude Souchet Le Crom, remettra ses conclusions au préfet du Morbihan.

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