Quand un service ne fonctionne plus, quand une collectivité ou une association ne fait pas exactement ce qu’elle avait annoncé, j’apprécie qu’on prenne la peine d’expliquer ce qui se passe. C’est une habitude de transparence, moins répandue qu’on ne l’imagine. Je fais donc de même ici.
Si vous avez essayé de vous connecter hier, vous êtes tombés sur un message évoquant une « erreur critique ». C’est un ami, de passage le matin, qui m’a prévenu. Ce n’était pas la première fois, mais j’ai aussitôt imaginé un piratage ou une panne générale. J’ai cherché mes identifiants, tenté d’entrer par le gestionnaire O2switch : rien.
Dans l’après-midi, j’ai fini par téléphoner. On m’explique qu’une mise à jour — sans doute automatique — a pu dérégler le système. Mon interlocuteur n’a besoin d’aucune précision : il sait déjà de quel blog il s’agit, simplement grâce à mon numéro de téléphone. Il s’absente un long moment « pour se renseigner ». De retour, il me demande de lui envoyer un mail confirmant mon souhait d’une restauration de l’état du blog de la veille. Entre temps, j’ai oublié le mot ; j’écris pour demander une remise en état. Il me répond : est-ce bien d’une restauration qu’il s’agit ?
Il est 18 h. Un autre technicien me contacte : vaut-il mieux utiliser la sauvegarde automatique de 0 h 11 ou celle de midi ? Un peu plus tard, il indique avoir lancé la restauration ; il y en a pour une heure. Je croise les doigts. Dans la soirée, les rouages se remettent en marche : lentement d’abord, puis presque normalement. Les statistiques de lecture du dernier article, qui dépassaient 200 vues, repartent de 30. Le commentaire de Martine Levrard a disparu dans l’opération. Si elle me lit, je l’invite à le renvoyer.
On se sent à la fois perdu et admiratif devant ces systèmes automatiques qui veillent, corrigent et réparent. Cette expérience m’a rappelé que les premiers virtuoses de tels mécanismes furent les maîtres horlogers. Charlemagne reçut jadis d’ambassadeurs arabes l’une des premières horloges fabriquées en Orient. Cadeau raffiné venu de peuples que son grand-père avait battus à Poitiers. À croire qu’il existe des mécaniques plus subtiles encore que celles de nos serveurs : celles de la politesse, du savoir-vivre et de la dignité.
Bon sang, je m’aperçois que j’allais oublier de m’excuser ! Alors qu’hier, j’aurais trouvé normal qu’O2switch glisse un mot d’explication. C’est bien humain, décidément, de réclamer des égards sans penser soi-même à en présenter.
Pour la peine, je vous propose la reproduction d’un tableau de Catherine Rey, artiste brestoise qui m’avait autorisé à l’utiliser sur ce blog : Les belles au bois dormant. Les cadrans, les ressorts et les engrenages semblent plongés dans un sommeil profond. Le titre qu’elle lui a choisi laisse imaginer ces machines s’absentant du monde avant d’y revenir… peut-être.
Puisse la campagne électorale qui s’amorce associer une franchise sans concessions et une certaine courtoisie dans l’expression des faits, des sentiments et des opinions…