« Messe de prémices » en l’église Saint-Gildas le dimanche 12 août

Dimanche 12 août en l’église Saint Gildas de Pénestin, Paul Cossic, ordonné prêtre en juin dernier, dit sa première messe du dimanche.

On appelle cela la « Messe des prémices » pour souligner tout ce que ce premier pas annonce d’une carrière à venir dédiée à Dieu. C’est un événement important, les fidèles ne s’y trompent pas.

Gamin, Paul venait passer ses vacances en famille à Pénestin, et on conserve de lui ici le souvenir d’un bon joueur de foot ! D’ailleurs, lorsqu’il remonte le fil de ses souvenirs d’enfance, c’est la Coupe du monde 1998 qui lui revient à l’esprit. Il avait 7 ans, il en a 27 aujourd’hui.

« Je suis le même et plus le même »

« Je suis le même et plus le même », explique-t-il. Désormais, « ma personne permet de représenter le Christ. » Cela compte pour lui : on appelle cela une vocation, tout simplement. Est-il un cas à part ? Il dit que non. Il connaît d’autres jeunes de la région qui ont répondu comme lui à l’appel de Dieu, et sa propre sœur a choisi de devenir religieuse. Une affaire de famille, alors ? « Le terrain est important, nous avons eu une éducation religieuse. Mais c’est Dieu qui nous choisit. »

Le chœur a répété la veille au soir. Certains sont fébriles au moment de commencer. Jean-Marc, un ingénieur qui passe tous ses étés en famille à Pénestin, fait résonner sa guitare sous les voûtes de l’église. Les enfants de chœur et 4 prêtres, dont Antoine, ordonné le même jour que Paul, s’activent déjà. Le père Stéphane, recteur de la paroisse, annonce : « cher Paul, vous avez la présidence ».

La voix de Paul est ferme. Dans les réponses de l’assistance, on ressent de l’adhésion. Au fil de la messe, il semble porté par ces voix qui lui font écho. Mais dans l’immédiat, c’est le moment du « Je confesse à Dieu ». Mon esprit s’évade à l’écoute de ces « s » qui sifflent de concert entre les dents de centaines de bouches : « je confessse à Dieu tout-puisssant » – « par acsssion et par omisssion » – « je sssupplie » – « et tous les sssaints ». Comme si des serpents étaient venus trahir ce qui se cache parfois sous le vernis de la bienséance.

« Jésus veut que nous soyons affamés de lui »

Arrive le sermon. Paul demande aux fidèles d’éprouver la force de leur foi. « Qu’est-ce que je désire vraiment ? » Saint Jean répond, « magnifiquement » selon lui : « Où irions-nous ? » « Jésus veut que nous soyons affamés et assoiffés de lui. Demandons-lui de nous donner le désir de le désirer. » Le désir de désirer ? Je lui demande lors du pot de l’amitié qui conclut la cérémonie, au Presbytère, s’il est lecteur de Lacan, le psychanalyste. « Non, mais on nous en a parlé il y a 4 ans en cours de philo. » Je poursuis : « Vous savez, pendant la messe, il y avait devant l’église un jeune avec un écriteau « J’ai faim, aidez-moi ! » Certains sont rassasiés, ils manquent d’appétit (spirituel il est vrai) et ont besoin d’être stimulés, pendant que d’autres ont faim pour de bon, c’est paradoxal, non ? Qu’est-ce que cela vous inspire ? » « Si je l’avais vu, je pense que je serais allé lui dire ‘bonjour’, dans un premier temps. On aurait discuté et j’aurais essayé de savoir de quoi il a besoin réellement. Ce n’est peut-être pas d’argent. On ne peut pas savoir à l’avance ce qui serait ressorti de la conversation. » Une réponse intelligente, bien qu’incomplète, car je l’interrogeais aussi sur les fidèles. Mais il n’a que 27 ans…

A la fin de la messe, le père Stéphane reprend la parole : « je connais Paul depuis deux ans et demi. Il vient toujours me voir lorsqu’il passe à Pénestin. Je le remercie pour sa disponibilité. Et pour sa joie… Gardez-la ! Être prêtre, c’est d’abord du bonheur. » Le père Stéphane annonce également qu’un autre prêtre va le remplacer pendant un mois : il s’agit du Père Joseph Désiré.

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