Aujourd’hui

Vous trouverez ci-dessous un texte qui m’a été adressé par l’association Cappenvironnement. A partir de maintenant, la rubrique “place publique” de ce blog reprend vie, et toute personne ou organisation peut désormais proposer des textes destinés à enrichir les débats de la campagne des Municipales. Je vous demanderai seulement de vous conformer aux règles courantes de respect des personnes qui valent déjà pour les commentaires. Chacun restera responsable des propos qu’il tiendra. Je m’engage pour ma part à publier les textes intégralement tels qu’ils me parviennent (cornu.gerard@orange.fr), et à n’user de mon rôle de modérateur que pour faire appliquer ces règles et m’éviter, par ailleurs, de tomber sous le coup de la loi au titre de directeur de la publication de ce blog. Je vous demanderai cependant d’être particulièrement attentifs à éviter tous propos diffamatoires et serai peut-être amené à vous demander des éclaircissements le cas échéant avant publication. Si vous souhaitez qu’une ou plusieurs illustrations soient adjointes à vos textes, merci de me les adresser au format jpeg.

L’ouvrage de philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau « Du Contrat Social » fut publié en 1762. Sans prétendre résumer une œuvre de cette importance, on peut retenir une idée fondatrice : la participation aux affaires publiques des citoyens leur permet de réfléchir aux enjeux du « vivre-ensemble » à partir de la notion de « bien commun ».

Certains citent aujourd’hui « l’intérêt général » ou « l’utilité publique », mais ces notions sont toutes relatives, parfois ambiguës, voire contradictoires, alors que la notion de « bien commun », comme l’air, l’eau, un fleuve ou la mer, est invariable. La question par exemple des produits phytosanitaires utilisés dans l’agriculture fait toujours malheureusement débat bien qu’ils aient ruiné en un demi-siècle un « bien commun » inestimable : la Terre. En dehors de la toute-puissance des lobbies, il y a des citoyens « contre » persuadés que la nature humaine en subit les conséquences sanitaires et économiques et des « pour » toujours convaincus que la pérennité de l’activité agricole dépend d’une production toujours plus performante. Et puis il y a ceux « ni pour ni contre » qui, par ignorance, préfèrent ne pas s’opposer ou qui, par intérêt, préfèrent se taire. Cette sorte de neutralité vertueuse, incapable de donner sens au cours de la vie collective, diminue l’élan d’une contestation, mais permet surtout, pour le bénéfice de quelques multinationales, une utilisation continue des produits tueurs. Le monde d’aujourd’hui, du local au global, subit les conséquences de ce « ni pour ni contre » qui précipite l’humanité dans un extrême. Aujourd’hui plus qu’hier, nous devons choisir sans tergiverser.

Notre petite commune de 1800 habitants peut, à son échelle, 250 ans après la publication « du Contrat Social », contribuer à l’amélioration d’une gouvernance locale usée par quatre mandats successifs et reconnaître enfin les citoyens comme force de proposition et d’évaluation. Pénestin est composé d’une mosaïque d’intérêts socioéconomiques parfois contradictoires mais aussi complémentaires. Les habitats secondaires, par exemple, participent aux financements et à la vie économique locale, mais contribuent également à l’artificialisation des terres, principale cause de la perte de la biodiversité. Ils entraînent aussi la hausse du foncier qui réduit de fait l’installation des jeunes ménages. L’intérêt général des uns n’est donc pas toujours celui des autres. Préalablement à toute orientation politique et à tout projet impactant le territoire de la commune déjà fortement limités par le Schéma de Cohérence Territorial de Cap Atlantique  (SCOT), il est indispensable de mener une concertation publique équitable et transparente. Des concertations exemplaires sur des grands enjeux comme, par exemple, les priorités pluriannuelles d’investissement plutôt qu’une délégation de la décision sur une fraction du budget communal. Les concertations ne doivent pas seulement se limiter aux conditions de mise en œuvre des projets, mais porter sur leur opportunité même. Dans ce sens la participation citoyenne permet de renforcer la responsabilité des élus et donc leur légitimité. Tout manquement en termes de transparence de l’information et d’écoute du citoyen suscitera des critiques justifiées, voire une remise en question de cette légitimité.

Avec le gain de compétences des intercommunalités, les marges de manœuvre des communes sur leur territoire sont aujourd’hui réduites et sont de moins en moins lisibles par les habitants de notre commune. De là naît la difficulté d’associer réellement le citoyen à des décisions qui ne dépendent plus de la municipalité. Cette situation nécessite de réformer la gouvernance locale pour que la communauté d’agglomération, en l’occurrence Cap Atlantique, adopte et mette en œuvre les valeurs promues par la municipalité et ses habitants. Mais la définition des outils pour contribuer à cette amélioration de la démocratie locale passe d’abord par un diagnostic préalable : recensement et évaluation des espaces d’expression du citoyen, évaluation des structures participatives existantes et des moyens de les intégrer à une stratégie d’ensemble, identification des structures de la société civile pouvant être sollicitées comme relais d’information et de participation. Il va sans dire que les évaluations de l’existant seront d’autant plus pertinentes qu’elles auront été partagées avec l’ensemble des intéressés, c’est-à-dire toutes les entités socio-économiques de la commune.

Pour qu’un sentiment d’appropriation du territoire renaisse, les nombreuses lois et les structures administratives existantes doivent en priorité être appliquées et respectées. Ce ne sont pas des promesses électorales ou des professions de foi communes à toutes les listes qui détermineront l’action politique, mais des engagements précis et planifiés.

CAPPENVIRONNEMENT

1 commentaire sur “Aujourd’hui”

  1. Je trouve cette analyse tout à fait pertinente et justifiée, ce qui ne gâte rien elle est très bien écrite.
    Si je peux donner un conseil à Capenvironnement, c’est d’adresser ce texte par courrier, non seulement au deux têtes de liste mais aussi à tous les membres de ces listes. Il est probable que tous ne lisent pas le blog.

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