Comité de suivi Loscolo : interview-minute de Bénédicte Dupé,

Ancienne conseillère municipale d’opposition

Question – Tu seras au comité de suivi samedi ?

Réponse – Non, malheureusement, je travaille une semaine sur deux en mer sur les ferries et je serai repartie samedi. Je le regrette beaucoup, car c’est une réunion très importante et j’aurais eu beaucoup de choses à y dire. J’ai contacté le chef de projet, Fabrice Durieux, pour savoir si je pouvais avoir un remplaçant, mais ce n’est pas possible.

Q A quoi servira le comité de suivi ?

R C’est un organe d’information et de consultation. Il donne la parole aux gens qui ne l’auraient pas autrement : les riverains, les associations…

Q Les mytiliculteurs en font aussi partie.

R C’est normal. Ce sont les « techniciens » qui feront un usage professionnel du projet. Ce sont les interlocuteurs des riverains et des associations.

Q Et les politiques ?

R Il aurait été préférable qu’ils ne soient pas membres du comité de suivi. Ils sont juges et parties. Ils ont déjà pu s’exprimer. S’ils sont là, il faudrait qu’ils laissent la parole aux gens, qu’ils soient là uniquement pour les écouter. Mais on peut craindre qu’ils aient envie d’influencer la discussion.

Q Le maire de Pénestin a dit lundi aux membres du Conseil Municipal qu’ils peuvent encore s’inscrire auprès de Cap Atlantique pour participer au comité de suivi.

R D’une part, ce n’est pas possible, puisque le comité est constitué de représentants des différentes catégories qui sont partie prenante dans le projet. Et d’autre part, cela voudrait dire ajouter encore plus d’institutionnels dans le comité de suivi, ce qui va en sens inverse de son rôle.

Q De quoi le comité de suivi doit-il parler ? Le maire a dit en Conseil qu’« il traitera des questions de vitesse, de bruit, de poussière, etc. » Point. Et que son rôle n’est surtout pas de relancer la discussion pour ou contre Loscolo.

R Là-dessus, il a raison. Mais il ne faut pas restreindre comme il le fait les sujets à aborder. Il faut qu’on puisse parler de tout et également d’environnement, sinon pourquoi une association environnementale serait-elle invitée ? Et c’est aux riverains et aux associations de définir les sujets dont on doit parler. C’est une question de méthode, cela relève du règlement intérieur.

Q Cap Atlantique risque de venir avec un texte déjà préparé à l’avance.

R Eh bien il ne faudra pas se le laisser imposer, il faudra le discuter. Il faut se donner une chance que le comité de suivi fonctionne. Le risque serait que l’on fasse une séance et que le comité s’arrête ensuite.

Q Est-ce que ce comité est vraiment légitime ? Il n’est pas mentionné dans l’arrêté du préfet et n’a donc pas de pouvoir réglementaire.

R Il faut le faire fonctionner quand même. C’est un outil dont nous avons besoin pour éviter au maximum les atteintes à l’environnement et les conflits d’usage. Un simple exemple : sur la voie d’accès Nord-Ouest à Loscolo, il y a une parcelle qui appartient à la commune et il a été question de la défricher aussi, en plus de Loscolo, pour y faire un parking. Il a fallu qu’on s’y oppose en Conseil Municipal lorsque j’y étais encore. Il faut aussi soutenir Fabrice Durieux, c’est quelqu’un qui défend l’environnement.

Q Et toi, en fin de compte, tu es pour ou contre Loscolo ?

R Je suis pour et contre. Je me suis occupée de la pétition qui réclamait une étude sérieuse des alternatives à Loscolo qui n’existe toujours pas. Je suis aussi très énervée par le manque de concertation auprès des professionnels, des riverains et des associations. Dans l’autre sens, il faut défendre la mytiliculture et les mytiliculteurs à Pénestin. C’est avec eux qu’il faut prendre les décisions. On peut aller très vite si on motive les gens et si on mène les débats intelligemment. C’est une tâche essentielle pour arriver à la bonne décision en tenant compte de tous les points de vue.

NB. Cette rubrique “interview-minute” est ouverte à toutes les personnes, membres ou non du comité de suivi Loscolo, qui souhaiteront s’exprimer. Me contacter à cornu.gerard@orange.fr

5 commentaires sur “Comité de suivi Loscolo : interview-minute de Bénédicte Dupé,”

  1. ni pour, ni contre, bien au contraire ! disait Coluche …
    en effet , comme le dit la commentatrice précédente , on défriche ou pas ?

    1. Effectivement je connais bien cette citation, l’utilisant régulièrement. Ce projet a été fait à l’envers, sans concertation, les mytiliculteurs sont coincés actuellement dans leur zone Acb du PLU. Je ne suis pas élue et avant ma démission, n’avais aucun pouvoir (seule élue à vouloir remettre tout à plat avec toutes les parties prenantes du projet).
      S’opposer maintenant au projet implique rentrer en contentieux donc un calendrier qui se rallongerait beaucoup au détriment des mytiliculteurs. pour moi, ce projet est un vestige des temps anciens qu’on pourra montrer en exemple.
      Donc oui, je suis pour et contre, n’etant pas « decideuse »…

  2. Remarque très juste sur les élus. C’est vrai qu’ils ne devraient pas faire partie du comité ou devraient savoir se borner à un rôle d’écoute.

  3. Je comprends bien qu’on puisse avoir des arguments pour et des arguments contre le projet Loscolo, mais quand on doit prendre une décision, on est obligé de trancher, c’est oui ou c’est non. Sinon, comment fera l’ouvrier aux manoeuvres dans son bulldozer, il défriche ou pas ? Allez, une petite trouée par ici, un buisson épargné par là, et hop, un argument pour par ici, un argument contre par là…
    Quant à l’environnement, il est là. En piteux état, certes, mais il est là. Le seul problème c’est de le défendre ou pas.
    D’ailleurs ce mot est impropre, puisqu’il s’agit ici de nature. L’environnement, comme son nom l’indique, est tout ce qui nous environne, c’est-à-dire aussi le bâti.

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