Malentendus (et rectifications ?) en série au Conseil Municipal du 16.9 (2)

Je vous annonçais mercredi trois malentendus, tous sur le projet Loscolo, ourdis par le sort et rectifiés opportunément lors du Conseil municipal de lundi soir. Dans l’article de mercredi, il était question de la réaction du président du Syndicat mytilicole de Pénestin, Axel Brière, à l’évocation de la possible préemption par la SAFER d’un premier terrain du Logo actuellement occupé par un atelier de mytiliculture. Puis de la réponse du président de Cap Atlantique et enfin du second courrier, à 180° du premier, de M. Brière, dont je dirais, si j’étais d’humeur à plaisanter, qu’il a été touché par la grâce succédant à la colère et au doute, confessant avoir pris enfin conscience de la nécessité de « réfléchir sur le besoin de cette zone Loscolo, chose que je n’avais pas faite jusque là », et être revenu à une position dont Monsieur le Maire nous a rappelé en souriant qu’elle est la sienne depuis 20 ans.

« Vous avez mal entendu »

Je passe rapidement sur le second malentendu, plus anecdotique que les autres, qui est en lien avec ce qui précède. A la fin du Conseil, lorsque le maire a demandé s’il y avait des questions dans le public, j’ai dit avoir entendu une voix dire, à la fin de la discussion et à propos de M. Brière : « C’est la jeunesse ! » Et j’ai simplement demandé si j’avais bien entendu. Le maire m’a répondu : « Si je devais vous répondre, je vous dirais que vous avez mal entendu. » Je suis donc rassuré. D’une part, cette remarque peu charitable pour M. Brière, n’est pas imputable à l’un ou à l’autre des membres du Conseil. D’autre part, mon cas n’est pas encore trop grave : je n’ai entendu qu’une seule voix. Imaginez que j’en entende plusieurs. Fini le journalisme, dans ce cas, et bonjour l’hospice ! Je suis donc reparti content et pensif, un peu lentement peut-être, puisque le maire a dit à deux reprises en s’adressant à moi, voulant sans doute me faire hâter le pas : « La séance est terminée. »

J’en arrive donc au troisième et dernier malentendu, levé comme les deux précédents par le maire, qui, fait rare il faut le remarquer, a confessé être personnellement responsable d’une erreur de communication interne et de relecture de documents. Il est d’ailleurs possible que le sujet dont il va être question à présent suscite quelques remous demain matin lors du comité de suivi Loscolo à 10 h 30 en mairie.

Le malentendu dont il va être question concerne l’accès secondaire au parc de Loscolo, côté Nord-Ouest, par le chemin agricole qui se trouve en face de l’entrée principale de la plage du Maresclé. Dans son exposé, le maire informe tout d’abord les conseillers de la tenue du comité de suivi ce samedi, puis présente les raisons qui ont été la source d’un malentendu à propos des travaux sur cet accès secondaire.

Texte lu par le maire lors du conseil municipal du 16.9 :

« Monsieur le Maire informe l’assemblée qu’un comité de suivi de Loscolo avec les riverains et les associations va être mis en place. Ce comité de suivi sera le lieu de débat sur les questions de vitesse, de bruit, de poussière, etc.

Une première réunion de comité de suivi aura lieu le 21 septembre prochain au matin. La participation est réservée aux personnes inscrites par Cap Atlantique.

Par ailleurs, Monsieur le Maire rappelle que le projet de parc d’activités conchylicoles de Loscolo prévoit deux accès :

  • l’un principal déjà partiellement aménagé depuis la RD 201
  • l’autre secondaire pour l’accès au site de Poudrantais au nord-ouest du parc existant déjà, accès réservé surtout aux tracteurs

Des informations circulent concernant cette voirie secondaire.

Aussi, la délibération visant à l’attribution de subventions auprès du département et la communication de travaux de voirie 2019 laissent apparaître l’inclusion d’une voirie bitumée.

Il s’agit d’une erreur dans le montage du dossier, erreur de communication interne et de relecture des documents produits. La commune n’a nullement l’intention, comme cela a toujours été dit lors des phases d’enquête publique, de procéder à une artificialisation de ce chemin qui conservera son caractère agricole. Seuls des travaux conformes à l’esprit du site et permettant le croisement aisé de tracteurs seront réalisés grâce à l’acquisition de petites parcelles. J’insiste sur le fait que nous voulons laisser le chemin en l’état et sans imperméabilisation. Le comité de suivi de Loscolo avec les riverains et associations sera le lieu de débat portant sur les questions de vitesse, de bruit, de poussière, etc. qui pourront, peut-être et seulement si c’est nécessaire conduire à la réalisation de travaux de voirie adaptés.

Ainsi, la tranche conditionnelle inscrite au marché de voirie, permettra, le cas échéant, d’ajuster ces travaux en fonction des avis et remarques faites (sic). »

(texte reproduit à partir de photos des projections de documents sur écran lors du Conseil de lundi)

L’erreur dont il est question ici porte notamment sur la reproduction d’un schéma des travaux à réaliser (la « communication de travaux de voirie 2019 » mentionnée par le maire) sur le site de la mairie, rubrique « urbanisme et travaux » / « travaux » / « Travaux de voirie prévus en octobre-novembre 2019 » Le schéma a été enlevé entre temps, mais j’avais par chance réalisé une saisie d’écran. La voici :

Le plan indique différentes portions du chemin et, en suivant les flèches, les travaux qui y sont prévus. Je ne vous les détaillerai pas, car je ne connais pas les techniques mentionnées. Néanmoins, une simple recherche sur internet confirme, comme l’indique d’ailleurs le maire, qu’il s’agit d’un bitumage en bonne et due forme.

Un bitumage dont personne ne voulait. Le maire rappelle que « la commune n’a nullement l’intention » de procéder à un tel bitumage. Cap Atlantique, dans sa Note en réponse (Annexe 2 du rapport d’enquête de M. Zeller), indique que « Pour le chemin au Nord (desserte secondaire) : lidée est bien de conserver ce chemin en létat, adapté au seul passage dengins dexploitation de type agricole. Ainsi, très peu daménagements sont à prévoir sur cette emprise en dehors de renforcements de passages pour assurer la giration des engins, donc éventuellement un renforcement du stabilisé ou un élagage, voire des aires de croisement. Pas denrobé prévu sur cette emprise. »

Le rapport d’enquête mentionne également l’opposition de l’association des Amis de Mès et Vilaine : « Concernant l’environnement du projet, elle (l’association) demande que seule la voie d’accès à l’Est soit goudronnée, les autres chemins existant restant en l’état ».

La question des travaux à réaliser sur cet accès a été débattue lors du Conseil Municipal du 29 juillet 2019.  En voici le compte rendu, disponible sur le site de la mairie :

« 2-4 DEMANDE DE SUBVENTIONS AUPRES DU CONSEIL DEPARTEMENTAL –AMENAGEMENT D’UN ACCES SECONDAIRE A LA FUTURE ZONE MYTILICOLE DE LOSCOLO.

Monsieur le Maire propose à l’assemblée de présenter une demande de subvention au Département du Morbihan au titre des voiries à vocation économique pour la reprise du chemin d’accès à la future zone mytilicole de Loscolo. Le montant total de cette opération est estimé à 29 407 € HT

Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, à l’unanimité :

– Approuve les travaux de reprise de voiries du chemin d’accès à la future zone mytilicole de Loscolo pour un montant de 29 407 € HT

– Sollicite une subvention au meilleur taux auprès du Département du Morbihan au titre des voiries à vocation économique.

  • Inscrit cette dépense au budget communal.
  • Charge Monsieur le Maire d’effectuer les demandes et de signer toutes les pièces afférentes. »

Plusieurs questions se posent ici avec insistance. Selon l’exposé du maire, il semble que le même schéma, maintenant retiré de la liste des travaux de voirie sur le site de la mairie, ait été joint (par erreur, nous dit-il : “erreur dans le montage du dossier”) à la demande de subvention adressée au Conseil départemental. A-t-il été retiré également de celle-ci ? Comment ont réagi les destinataires ? Par quoi a-t-il le cas échéant été remplacé ? Ou bien la demande de subvention a-t-elle été purement et simplement retirée ? Il serait bon que le comité de suivi demande communication du dossier de demande de subvention et de ses pièces jointes, afin de tirer la question au clair, puisque c’est de lui que dépendra la décision en bout de course, comme nous l’indique le maire.

Une « tranche conditionnelle »

La somme de 29 407 euros inscrite au budget municipal lors du Conseil Municipal du 29 juillet correspond-elle, comme on peut le penser, aux travaux détaillés sur le schéma publié ci-dessus ? Les membres du Conseil ont-il eu connaissance de ce schéma ? Dans ce cas, pourquoi ont-ils voté pour une option, le bitumage du chemin agricole, contraire aux préconisations de Cap Atlantique, de Mès et Vilaine et de la Municipalité elle-même ? Ont-ils par ailleurs eu connaissance du fait que les travaux qu’ils votaient étaient une “tranche conditionnelle inscrite au marché de voirie” ? Il n’est pas question en effet de ce caractère « conditionnel » dans le compte rendu du conseil municipal du 29 juillet. Tout cela revient à demander si les conseillers municipaux ont voté la décision reproduite ci-dessus en toute connaissance de cause.

J’avoue que je suis quelque peu dépassé par l’étendue des questions que ce dossier soulève. Et je me réjouirai que le comité de suivi prenne, s’il le veut bien, le relais de mes interrogations. Il trouvera là une première occasion de montrer son attachement à l’esprit de transparence sans lequel sa présence n’a pas de sens.

Autre question encore : le maire, qui indique s’être toujours déclaré contre l’idée de bitumer ce chemin agricole, considère que le comité de suivi, lieu de débat sur, je cite, « les questions de vitesse, de bruit, de poussière, etc. », devra « peut-être et seulement si c’est nécessaire conduire à la réalisation de travaux de voirie adaptés ». Des travaux, comme il est dit auparavant, « conformes à l’esprit du site » ( ?).

Un budget a-t-il été prévu pour cela ?

Tout cela est assez mystérieux, pour ne pas dire opaque. La poussière n’avait pas encore été mentionnée parmi les nuisances sur lesquelles le comité de suivi aurait à se pencher. Mais on peut imaginer, en effet, que la circulation de tracteurs (d’autant plus nombreux que le succès du parc de Loscolo attirerait de nouvelles entreprises) génèrerait de la poussière, et plus que cela, de la boue, voire que le chemin serait bientôt défoncé, voire que la situation empirerait avec les marches arrière auxquelles obligerait l’unique zone prévue de croisement entre tracteurs, voire que la route du Maresclé et celle de Loscolo seraient abondamment crottées, ce dont le Code de la voirie, article R 116-2, règlemente le nettoyage à la charge financière de la commune (et sanctionne d’ailleurs aussi ceux qui « auront laissé écouler ou auront répandu ou jeté sur les voies publiques des substances susceptibles de nuire à la salubrité et à la sécurité publiques ou d’incommoder le public »). Un budget a-t-il été prévu pour cela ?

Ces routes elles-mêmes sont trop étroites pour permettre le croisement de tracteurs. Faudra-t-il les élargir ? Au détriment de la voie piétonne qui mène des campings à la plage du Maresclé ? Que signifie le “surtout” dans la phrase “l’autre (voie) secondaire pour l’accès au site de Poudrantais au nord-ouest du parc existant déjà, accès réservé surtout aux tracteurs” ? Ce chemin agricole est aussi une piste cyclable reliant les plages au Centre bourg. On n’en a guère parlé jusque là. Les vélos ne circuleront évidemment plus au milieu des tracteurs sur un chemin défoncé. Peut-on ainsi restreindre le schéma de pistes cyclables qui fait partie de la politique de Pénestin ? Un remplacement a-t-il été prévu ?

On le voit, les questions sont multiples et il faudra attendre que des réponses soient apportées, mais on peut dire d’ores et déjà, sans grand risque d’erreur ou de “malentendu”, que le panorama ne semble guère riant, ni pour les riverains, ni pour les vacanciers, ni pour les professionnels eux-mêmes. A-t-il fallu 20 ans de réflexions pour en arriver là ? Il est clair qu’au bout de 6 mois, plus personne ne supportera toutes les « nuisances » évoquées ici et que le comité de suivi réclamera le bitumage du chemin. Est-ce ce qu’on attend ? Le comité aurait alors été « instrumentalisé » dans le but d’obtenir ce bitumage refusé jusque là. Je n’invente rien, il suffit de lire et de comparer les propos tenus lundi avec le schéma et le devis qui semblent anticiper, imprudemment il faut bien le dire, la décision du comité. C’est un calcul intelligent, le reste l’est moins… Qu’a donc fait la mytiliculture de Pénestin pour mériter cela ?

5 commentaires sur “Malentendus (et rectifications ?) en série au Conseil Municipal du 16.9 (2)”

  1. “bonjour l’hospice !” : bravo et merci de la part de ceux qui ont le malheur d’être malade, de souffrir d’un trouble de l’esprit et qu’on relègue, selon toi, à “l’hospice”.
    Merci pour les personnels soignants qui se dévouent pour cette cause.
    Et merci pour répandre cette vision totalement archaïque des soins et traitements qu’on donne aujourd’hui pour de tels troubles, vision qui enfonce encore plus ces personnes dans l’exclusion.
    On peut plaisanter de tout, mais on a le droit d’éviter les plaisanteries fondées sur une telle ignorance qu’on en devient irrespectueux.
    Surtout quand ces plaisanteries ne sont pas drôles.

    1. Désolé si je t’ai froissé. Je le regrette, car ce n’était évidemment pas mon intention. Dommage cependant que ton intervention vienne s’ajouter aux autres critiques ou attaques, celles du maire dans le cas présent, que l’on encourt à vouloir s’exprimer, agir, voire s’engager. Je t’ai déjà fait remarquer que tes commentaires (celui-ci est le douzième) ne portent jamais ou très rarement sur le fond, mais sur des points très éloignés du sujet abordé. La suggestion qui me vient à l’esprit serait que tu cesses de me lire.

      1. Ce n’est pas moi que tu froisses. Ce sont tous ceux dont tu aggraves l’exclusion par de tels propos.
        Si mes remarques te gênent, tu es libre de me censurer – c’est ton blog. Personnellement, j’y trouve l’intérêt d’avoir une information qui, bien que souvent tronquée, me permet d’avoir une petite idée de ce qui se passe localement. Je vais donc continuer à lire – et à m’exprimer. Je ne vois pas trop ce qui m’autoriserait à parler du fond de tes articles que je ne connais pas. J’essaye, personnellement, de ne parler que de ce que je connais, et de ne jamais faire de procès d’intention.

        1. @Denis, quand on dit “Bonjour les dégâts” tout le monde comprend l’expression, même les gâteux…Pour le fond, bien sur que ce chemin sera “mis en dur”, et du béton please, la descente vers la mer n’est pas possible autrement pour les tracteurs (cf le Bile ou Poudrantais). De même la plage de Loscolo va servir pour le “débarquement”…

          1. Bonsoir Guy,

            Ce sont vraiment des dossiers difficiles… Je me suis aperçu qu’hier matin, en comité de suivi, j’ai dit une bêtise : l’accès secondaire de Loscolo depuis la route du Maresclé, en face de l’impasse des Aigrettes, est empierré et cela signifie qu’il ne peut pas devenir boueux : c’est Sylvain Chiquet qui me l’a expliqué et il a raison. Je suis en train de rédiger mon compte rendu personnel de la réunion d’hier matin et je vais reconnaître mon erreur. Sylvain dit aussi que les tracteurs ne font pas bon ménage avec le goudron. Je vais réétudier la question.

            En tous cas, la position du maire, qui a fait voter par le conseil municipal en juillet un budget correspondant au bitumage de ce chemin (il l’a reconnu hier), puis a dit au conseil de lundi dernier qu’il y avait eu erreur de communication interne, qu’il n’a jamais voulu bitumer, tout en laissant cette somme inscrite au budget de la commune, cette position demeure ambigue en l’attente de plus amples informations. A ma question : « dans quel objectif avez-vous fait établir ce schéma des travaux de bitumage à réaliser sur l’accès secondaire ? », je n’ai pas obtenu de réponse. En revanche, j’ai obtenu que le maire communique au comité de suivi la demande de subvention adressée au conseil départemental, avec ses pièces annexes, pour ces mêmes travaux. Je suppose qu’on apprendra quelque chose à leur lecture.

            Ce chemin est un accès à la zone de Loscolo pour les tracteurs venant de Poudrantais. Il n’est pas en lui-même un accès à la mer comparable au Bile et à Poudrantais.

            Quant au projet de trouer la falaise entre Maresclé et Loscolo pour y installer une cale supplémentaire proche du parc de Loscolo, Gilles Foucher nous a informé qu’il a été retiré vendredi soir des statuts de l’association du Hameau de Loscolo qui regroupe les mytiliculteurs souhaitant s’installer à Loscolo. C’est une bonne nouvelle. C’en est aussi une mauvaise, au sens où cela signifie que ce projet y était encore inscrit jusque là, alors qu’on nous disait qu’il était enterré, et qu’il est peut-être encore présent ailleurs… Cependant, en discutant à la sortie avec Gilles Foucher et une autre personne, cette dernière (qui s’exprimera publiquement si elle le souhaite) disait que les services de l’Etat refusaient maintenant systématiquement ce type de projet.

            Voilà. Vous en savez autant que moi !

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