L’article précédent, « Des fois, ça réussit », consacré aux hirondelles de rivage, était une sorte de défense et illustration de la citoyenneté. Une valeur largement partagée dans un système démocratique et républicain comme le nôtre. Hélas, ce n’est pas partout le cas.
J’ai jugé bon d’informer le maire de la publication de l’article sur les hirondelles. Pourquoi ? Parce que je supposais que le sujet devait l’intéresser, et parce que l’opération que je rapporte a impliqué la participation d’un élu municipal, des services techniques de la mairie et de la police municipale. Je tenais à dire au maire ma satisfaction quant à la rapidité et à l’efficacité de leur intervention.
C’est ainsi que l’on procède, me semble-t-il, dans une commune où règne un respect mutuel par-delà les différences d’opinion. Certains parmi mes proches n’auraient pas jugé utile de faire un tel courrier, mais on ne se refait pas. Quant à mes moins proches, ils reconnaîtront, je l’espère, le caractère « constructif » de ma démarche.
L’échange de mails entre moi-même et le maire s’est révélé tellement surprenant et révélateur qu’il m’a semblé constituer une « information » au sens que l’on donne à ce terme dans les écoles de journalisme : un fait ou un événement qui sort de l’ordinaire, qui s’avère significatif d’une situation ou d’un contexte, et qui suscite des conséquences plus ou moins importantes. Ces trois critères étant réunis, j’avais entre les mains une « information » que je me serais senti presque fautif, après 33 ans d’enseignement du journalisme, de ne pas diffuser.
Cependant, le maire m’a exprimé son souhait que cet échange ne soit pas publié. Ayant pris soin de lui préciser que dans cette hypothèse, je rendrais publics mes propres messages et ne divulguerais pas ses réponses, je me conforme à ce choix que je regrette au nom de la transparence.
En revanche, je peux vous indiquer un contenu qui ne se trouve pas dans les réponses de M. Puisay : les mots « citoyen » et « citoyenneté », mots-clés à la fois de l’article sur les hirondelles et des courriers que je lui ai adressés. Je n’ai pas honte de tenir un blog, mais j’ai honte de ne même pas être traité comme un citoyen par le maire de ma commune et candidat à sa réélection.
Voici ci-dessous mes deux courriels. Il n’y aura pas de conclusion : c’est à vous de la tirer.
De : Gérard CORNU <cornu.gerard@orange.fr>
Envoyé : jeudi 31 juillet 2025 14:27
À : Pascal PUISAY <xxx>
Cc : (Gérard Picard-Brétéché) ; Environnement – Mairie de Pénestin <environnement@penestin.fr>
Monsieur le maire,
Voici pour information le lien vers un article que je viens de publier à propos de la protection des hirondelles de rivage et de la sécurité face aux risques d’éboulements sur la plage du Maresclé : http://www.penestin-infos.fr/des-fois-ca-reussit/
Je tiens à vous faire connaître ma satisfaction face à la réactivité de Gérard Picard-Brétéché (je n’ai pas cité son nom, connaissant sa réticence à apparaître en public), et à l’intervention rapide et efficace des services techniques et de la police municipale (à qui je viens également d’envoyer un mot de remerciements)
Salutations distinguées,
Gérard Cornu
From: Gérard CORNU <cornu.gerard@orange.fr>
Sent: Friday, August 1, 2025 4:33:52 PM
To: Pascal PUISAY <xxx>
Monsieur le maire,
En me demandant de vous envoyer mon article séparément du blog, vous voudriez que j’aie honte de ce blog. C’est tout le contraire. Je suis fier de l’action que je mène, en tant que blogger, d’une façon différente des politiques, pour faire respecter la démocratie à Pénestin. Il n’y a pas de démocratie sans la présence active et indispensable de contre-pouvoirs. C’est un fait reconnu par tous les spécialistes des sciences politiques.
Mon article et mon courrier vous démontrent, si besoin était, que je sais maintenir l’équilibre entre les faits et les analyses, voire les opinions, et que je sais distinguer entre ce qui sert et ce qui dessert notre commune. Evidemment, j’ai la dent dure : vous ne voudrez tout de même pas que je me les fasse arracher. Tout cela pour dire que les contre-pouvoirs sont de toutes sortes, et que je n’appartiens pas à la pire, malgré la réputation que vous m’avez faite.
Bien sûr que mon article devrait vous intéresser : il y est question de « citoyenneté » et du respect de l’article 2 de la charte de l’environnement, qui stipule que « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement ». Il dresse par ailleurs un tableau élogieux de ceux – G. Picard, les services techniques et la police municipale – qui ont fait preuve d’une grande réactivité et agi de façon compétente face aux cas que je leur avais signalés.
L’article est disponible à l’adresse : http://www.penestin-infos.fr/des-fois-ca-reussit/ , où vous ne trouverez que cet article et rien d’autre qui vous obligerait à « vous préserver ».
Je jugerais intéressant que les citoyens de Pénestin aient accès à l’échange de mails que nous venons d’avoir. Acceptez-vous que je le publie, sans commentaires et en article séparé ? Dans l’hypothèse d’un refus de votre part, je publierai les deux mails qui sont de ma plume et indiquerai que vous n’avez pas souhaité rendre publiques vos réponses. Précision : compte tenu de la valeur documentaire de ces textes, je laisserai date, expéditeur, destinataire et objet, sauf si vous désirez que j’efface votre adresse mail.
Salutations distinguées,
Gérard Cornu
Bonjour Gérard,
Je tiens à vous remercier sincèrement pour votre travail, votre engagement et la qualité de vos écrits. Vous jouez un rôle essentiel pour notre commune : vos articles apportent des informations précises, une réflexion constructive et permettent à chacun d’avoir un autre regard sur la vie locale.
Votre démarche contribue à nourrir le débat citoyen et à faire vivre la démocratie, ce qui est précieux et indispensable. Soyez assuré que vos efforts sont utiles et appréciés, même s’ils ne font pas toujours l’unanimité.
Bravo pour votre constance et votre implication. Continuez dans cette voie : votre plume est une richesse pour Pénestin.
Avec toute ma reconnaissance et mes encouragements,
Merci.
Quel mystère !
C’en est presque comique.
J’avoue être curieux des échanges qui nécessitent autant de secret.
L’opacité permanente de l’équipe en charge est récurrente quels que soient les sujets. Ceci entraîne beaucoup de suspicion. Souvent à juste titre.
Est-ce une coquetterie de posture pour susciter de l’intérêt ?
Cette équipe n’en finira pas de nous intriguer.
Merci Gérard de continuer avec courage vos écrits qui nous ravissent.
Merci pour ton commentaire très juste. J’ai quelques échanges de courrier avec le maire depuis 6 ou 7 ans et je réfléchis à la meilleure formule pour les léguer aux historiens du futur. Cela vaut son pesant de châtaignes, disons. Parfois c’en est comique, comme tu dis, parfois c’est injurieux, parfois absurde, parfois soupçonneux pour des raisons qui échappent à l’entendement.
J’ai aussi un mail envoyé en mai 2020 concernant la création de la page Facebook « Entraide Covid Pénestin », devenue ensuite « Entraide Pénestin ». M. Puisay m’a dit à l’époque qu’il l’avait fait circuler auprès de toute sa liste avant de me répondre, puis il a décliné ma proposition on ne peut plus honnête de demander à l’équipe majoritaire de gérer ce projet issu de l’opposition, car personne parmi nous, à ce moment-là, n’en avait le temps. Il y a eu par la suite beaucoup de manipulations et de mensonges à ce sujet, mais personne parmi ceux qui faisaient partie de la majorité de l’époque et l’ont quittée par la suite, n’a encore voulu me dire le fin mot de cette l’histoire. Prétexte : on a oublié… Si quelqu’un s’en sent le courage à présent parmi les 19 de l’époque, c’est un point d’histoire locale qui n’est pas sans importance, car c’est à partir de là que le maire m’a taillé un costume de clown – punching-ball – opposant systématique, a commencé à critiquer et se moquer systématiquement, lui, de toutes mes initiatives, alors que la commune aurait pu être fière d’héberger un blog d’une qualité telle que celui-ci, tant sur le contenu que la forme.
Certains articles ont été lus par 2000 personnes au moment des affaires, notamment, – agression sexuelle supposée, suicide supposé du maire, évacuation d’un conseil municipal par la gendarmerie, etc. – que j’étais souvent seul à traiter. Certains amis, de l’assoc coef109 par exemple, me disent que mes fictions sont largement du niveau de celles qui leur sont proposées par des écrivains (premier roman il est vrai) sélectionnés à l’échelle nationale. Je « ne pète pas plus haut que mon cul », selon une expression qui date de 1640. J’aimerais simplement vivre dans une commune où mon travail serait reconnu au lieu de subir en permanence les calomnies et les moqueries venant d’une mairie dont pas un seul des élus responsables n’est capable d’écrire deux lignes sans fautes d’orthographe.
Depuis plusieurs années, c’est le cabinet d’avocats Shannon, à La Baule, qui surveille mes écrits et guette mes moindres faux-pas pour pouvoir m’attaquer en diffamation. Auparavant, c’était un conseiller municipal chargé de la communication qui assumait cette tâche. Je lui ai toujours dit bonjour. Lui m’a toujours évité au point de se coller un jour contre les jambons de chez Carrefour pour éviter de croiser mon chemin. Je l’avertissais de mes articles qui pouvaient concerner le maire, ne faisant guère confiance à ses facultés de compréhension de certains de mes textes. La dernière fois où je me suis approché de lui avant le début d’un conseil municipal, il a eu un mouvement de recul comme si je sentais le fumier, puis m’a regardé avec mépris. De ce conseiller qui méprise à ce point ceux qui ne sont pas bien vus par le maire et ses adjoints, j’ai conservé un mail bourré de fautes d’orthographe pire encore que ceux de tous les autres. Qu’il fasse des fautes, ce n’est pas cela qui est grave, mais qu’il arbore un tel air de mépris à mon égard : je lui demande instamment de faire un jour l’effort de lire l’un des nombreux ouvrages sur les notions de « peuple » et de « représentants du peuple » et sur les droits et devoirs de ces derniers.
Oui, je suis en colère, et il y a de quoi. Laissez-moi juste vous raconter encore que lorsque j’ai accepté la proposition du maire en 2022 d’effectuer une mission sur le projet d’héberger des Ukrainiens à Pénestin, M.Puisay, 1) a fait un résumé de ma mission en conseil municipal montrant une compréhension plus que limitée du rapport final d’une seule page (à sa demande) que je lui avais rendu (je dispose encore de l’enregistrement, plus fiable que la version écrite qui a varié plusieurs fois) 2) a cru l’espace de deux ou trois mois que j’avais retourné ma veste et m’étais mis à son service (il ne comprenait pas qu’on puisse être d’accord sur un point et en désaccord sur d’autres, pour lui la politique fonctionne sur un mode binaire : on est avec ou contre lui), 3) puis au premier texte critique que j’ai écrit, il a repris de plus belle ses calomnies à mon égard, tout en se prétendant victime de mes persécutions.