Promenade au fil de l’eau avec le CPIE

Rendez-vous était pris samedi matin sur le parking du port de Tréhiguier pour une « rando’eau » : 5 km de petite randonnée pour « faire connaissance avec nos cours d’eau et la nature qui nous entoure ». 8 personnes sont là, toutes Pénestinoises. Et Maryline Heinry, animatrice environnement au CPIE (Centre permanent d’Initiatives pour l’Environnement) de Guérande.

Une remarque pour commencer : Cap Atlantique et l’Agence de l’Eau financent ces randonnées qui sont gratuites pour les usagers. Elles sont aussi proposées aux écoles ou encore sous forme de partenariat avec des associations. C’est une initiative d’un grand intérêt pour développer la formation et la sensibilisation à l’environnement dans des domaines où il y a beaucoup à faire : depuis un siècle, les minuscules ruisseaux qui parcourent les campagnes sont soumis à rude épreuve par les constructions à tout va.

Reconquérir la qualité de l’eau

 On a même voulu les faire aller droit à l’époque du remembrement alors que les méandres sont indispensables pour ralentir l’écoulement et afin que l’eau continue à rejoindre les nappes phréatiques. A présent, on en revient à replanter leurs berges et à recréer leurs méandres pour reconquérir la qualité de l’eau et lutter contre les inondations. Nous avons tous beaucoup à apprendre dans ces domaines et de telles « rando’eaux » mériteraient d’être plus fréquentées.

Nous prenons un chemin qui longe la Vilaine à distance dans la direction de Camoël. Premier « exercice » : plonger sa main dans un sac et deviner au toucher quelle est la plante qui s’y trouve, puis la localiser autour de nous. « Des feuilles ovales », dit l’une, déjà férue de botanique. « Pas lisse, caoutchouteux », dit un autre. « C’est du plantain lancéolé ! » Bien vu, et cette herbe aux multiples vertus médicinales accompagne en plus parfaitement l’apéritif, hachée menue avec de l’ail, de l’huile d’olive, sel et poivre. Choisissez-les juste un peu à l’écart du bord des chemins, pour éviter l’urine des renards, chiens et chats qui est toxique…

L’eau se traque, se recherche

On poursuit avec les nombrils de Vénus, comestibles eux aussi, et aux formes délicieusement évocatrices. Mais deux flaques d’eau sur le chemin signalent que nous nous trouvons sur un point plus bas que les autres. Signe qu’un point d’eau, une mare, le départ d’un cours d’eau se situent peut-être à proximité. Oui, un fin filet d’eau perle un peu plus loin. Ailleurs, dans un espace ouvert borné au loin par la Vilaine, ce sont des saules qui dévoilent la présence d’une petite mare. L’eau se traque, se recherche, se découvre, par déduction, ou encore par l’art des sourciers dont chacun à son niveau se fera une idée en tenant devant lui deux bâtons parallèles qui parfois décident de se rapprocher.

Les yeux de Maryline brillent lorsque nous arrivons devant un chêne noueux, dont les cavités sont protégées par de superbes ovales de branches. Elles abritent certainement des chauves-souris. Des femelles, plus précisément, qui vivent en colonies, par opposition aux mâles qui sont solitaires… L’humoriste de notre groupe imagine que lorsqu’elles s’en vont, elles doivent crier « Chauve qui peut ! » Selon Maryline, le lierre qui couvre une partie de ce chêne ne l’étouffe pas. Il prend appui afin de s’élever, « mais ce n’est pas un ‘pompeur’, pas un ‘tueur’. »

Indispensable et souvent menacée

Sur les branches, nous observons diverses sortes d’oiseaux, dont le pouillot véloce qui donne l’impression de “compter ses écus” avec son chant à deux tons. Au sol, c’est un festival, dont émerge l’étrange pulmonaire, avec ses dessins qui évoquent les alvéoles d’un poumon.

 Retour par la superbe place de Kerlochet où se trouvent un puits et un lavoir. L’eau est partout, indispensable, souvent menacée. Trois heures déjà que nous musardons sans hâte sur des chemins qu’aucun de nous ne connaissait jusque là. Maryline nous quitte avec la brusquerie des Anglosaxons qui n’aiment pas les au revoir. Nous, nous savons que nous ne manquerons aucune occasion de venir l’écouter à nouveau.

1 commentaire sur “Promenade au fil de l’eau avec le CPIE”

  1. L’expression “rando’eau” est-elle :
    – drôle ?
    – euphonique ?
    – plus évocatrice que l’excellent titre de ce post, “rando au fil de l’eau” ?

    Hmmm… pas sûr ! La langue française a connu plus joli (et subtil).

    L’eau est certainement précieuse. Longtemps je me suis demandé pourquoi on utilise de l’eau potable pour les plantes qu’on arrose, la voiture qu’on lave ? Pour les toilettes, voire même pour la douche ? Est-ce vraiment difficile d’avoir deux réseaux, l’un d’eau de qualité hautement potable, l’autre de qualité… potable, c’est à dire correcte sans être potable – j’en vois qui ont de la peine à suivre…

    Bref, est-ce qu’on ne pourrait pas avoir de l’eau plus ou moins coûteuse selon les usages ?

    Une partie de ce mystère m’a été dévoilé par un ami. A propos des toilettes. Il m’a expliqué que certains avaient une anatomie particulière (vulgairement appelée la tête dans le c…) qui leur permet sans doute de s’abreuver dans ces coins solitaires. Nous voici éclairés.

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