Chroniques locales du temps jadis – De 1840 à 1939 – Pénestin dans la littérature … ou de la réalité à la fiction (3)

= 1929 – «  Les Hiboux  »
Roman  maritime de Charles Géniaux (12 novembre 1870 Rennes – 19 mars 1931 Nice), romancier, poète, peintre et photographe, grand prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre (près d’une cinquantaine de romans et autres).
Paru en quatre parties dans «  La Revue des Deux Mondes  » (tome 51, septième période) du 15 avril 1929 à début juin dans lequel, outre le bourg de Kerbignac (!), il est aussi question d’une Pointe de Penab, de Vannes, de M. de Surzur, prêtre, et de bateau sinagot….
(page 633) « … Veux-tu que je me rende à Kerbignac  ?
. Je venais t’en prier.
. La route est longue pour se rendre jusqu’à ces landes. Comme il n’y a pas un seul pont suspendu sur l’estuaire de la Vilaine, avant celui de La Roche-Bernard, j’ai cent kilomètres à rouler en auto avant d’atteindre Kerbignac. Je pars à l’instant.
Les lèvres de Tugdual s’agitent sans rendre aucun son, comme si sa langue était restée collée au palais. Enfin il peut murmurer  :
. Nous ne sommes qu’à dix kilomètres de Kerbignac en bateau.
. C’est exact  ! Je demanderai à Goarziou de partir un peu plus tôt avec l’Aline. Il me laissera sur la grève de Penestin. De là, en trente minutes de marche, j’atteindrai notre berger…. »
(page 636) « …. L’après-midi du dimanche, le bruit se répand parmi les marins du port qu’une barque qui draguait sur le littoral de Pénestin, après avoir abordé ce village pour y acheter du pain, avait su que les messieurs Bohellec s’étaient retrouvés à Kerbignac…. ».

= Charles Géniaux – Coll. Musée de Bretagne =
Musée de Bretagne, Collection Arts graphiques

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= 1938 – «  Sirène d’Armor  »
de Louis Jouanneaux (Ed. Ophrys à Gap)
Malgré les recherches, il n’a pas été possible de retrouver le moindre renseignement sur cet écrivain peut-être issu d’une grande famille nantaise.
Évoquant la navigation du voilier de pêche «  Mère de Dieu  » du personnage principal (Chapitre I, page 10) :
« …. Le bateau de Sylvain Le Goïc, les voiles violemment peinturlurées de rouge, gonflées à plein les vergues, venait de quitter la haute mer et les dangereux alentours de Belle-Ile, que gardent farouchement les perfides pointes de granit et les passes sinistres  ; il venait de laisser, sur la gauche, s’étant rapproché de la côte, la pointe de Halguen, qui marque l’embouchure de la Vilaine, celle de Cofreneau, formant avancée sur le village de  Pénestin, et encore les pointes de Lescole (= Loscolo), du Bile, la baie de Mesquer, puis Quimiac, Piriac et la pointe du Castelli … Fendant résolument le flot, il entrait maintenant dans la vaste rade du Croisic, après un regard à La Turballe, dont les cheminées d’usine fumaient…. »

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1939 – «  Malabar – Les hommes de la nuit  »
par Jean Ricard et Charles Dornac (Baudinière éditeur)
Roman policier publié en feuilleton dans le journal « Le Matin »  (extrait in 87ème du 14 avril 1939, dans partie intitulée « Le Wagon blanc  – III – Et de mieux  !… ») :
« … Sur ces entrefaites une nouvelle vint qui nous combla d’étonnement  : un cadavre avait été retrouvé sur la côte de Penestin, un cadavre qui pouvait fort bien être celui de Pelestar, affirmaient les journaux.
. Cette identification nous parut incompréhensible. Si vraiment Pelestar avait débarqué à Brest, pourquoi aurait-il été se noyer dans ce trou de Penestin où il n’avait rien à faire.
. Il se pouvait fort bien qu’on l’y eut transporté après l’avoir occis. Bref, comme il me restait quelques jours de liberté avant d’entreprendre le … voyage que vous savez, je résolus de partir pour Pénestin muni d’une photo de Pelestar, une photo que j’avais découpée dans un vieux journal datant de la révolution dravélienne.
. Bien. Vous voilà donc à Pénestin. Et puis  ?
. Le cadavre avait été transporté à la morgue de Saint-Nazaire et sur place je ne recueillis pas de renseignements que n’eussent déjà imprimés les journaux. Toutefois, plusieurs personnes reconnaissaient la photo que je leur montrais : sans aucun doute Pelestar a séjourné à  Pénestin. Il y a même loué un bateau, le 5 novembre exactement.
. Vous êtes un fameux enquêteur, constata Manzanarès avec une pointe d’ironie qui ne surprit pas Moréna …» 

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1886 – Mais outre ces extraits et descriptions souvent maritimes, le plus surprenant aura peut-être été la découverte qu’un personnage de fiction qui s’appelait M. Pénestin, petit propriétaire terrien des environ de Pontivy, dans un roman dû à la plume de Mme J. Colomb intitulé «  Jean l’Innocent  » illustré par Edouard Zier et paru par épisodes dans «  Le Journal de la jeunesse » (édité par la Librairie Hachette, 79 boulevard Saint-Germain à Paris) tout au long du 2ème semestre de 1886 entre les pages 161 et 404. Ce roman connut plusieurs éditions et rééditions en 1914, 1923, 1924…
Mme J.Colomb étant le nom de plume de Joséphine-Blanche Bouchet (1833 La Roche-sur-Yon – 1892 Villerville), poétesse et écrivaine, épouse de Louis-Casimir Colomb (universitaire, écrivain et illustrateur) et dont les livres (une soixantaine de publications répertoriées) étaient à destination de la jeunesse.

illustration d’Edouard Zier

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Et pour clore ces quelques évocations littéraires et en guise de clin d’œil, l’on s’en remettra au poète et écrivain René-Guy Cadou (15 février 1920 Sainte Reine-de-Bretagne en Grande-Brière – 20 mars 1951 Louisfert près de Châteaubriant) qui, en quelques mots dans son œuvre posthume «  Mon enfance est à tout le monde  » (édité par J.Munier en 1969 puis en 1985 par les éditions du Rocher) évoqua ce qui fait aujourd’hui l’une des renommées, méritée, de Pénestin  :
« …. elle en descendait, échevelée, le jupon court, couvert de débris d’algues et de vase, et proposait sa marchandise qui consistait presque toujours en moules de Pénestin…. »

= René-Guy Cadou =

© Jean-Yves R. – Brancelin
25 novembre 2019

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