« Je voudrais que ce mandat porte la marque de la réconciliation »

Pascal Puisay a été élu maire de Pénestin ce samedi 23 mai lors du conseil municipal d’installation qui avait lieu en mairie à 17 heures.

Ce conseil a été suivi en direct sur internet par une quarantaine de personnes et il demeure d’ailleurs accessible sur Youtube à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=35Gcni7CdmM  L’expérience est concluante, elle se situe sans doute dans la continuité des expériences de visioconférences avec lesquelles beaucoup se sont familiarisés pendant le confinement. Si cette pratique se poursuit, il faudra juste, puisqu’on a pu vérifier que la connexion fonctionnait, améliorer quelque peu la prise de vue en choisissant un angle plus pertinent que cette vue fixe et incomplète de l’assemblée depuis un côté de la salle.

En ouverture de la séance, Jean-Claude Baudrais tire un rapide bilan de ses 25 ans passés à la tête de la commune et conclut en souhaitant « bon courage à tous ! » et en indiquant que c’est la dernière fois qu’il prend la parole comme maire. C’est au doyen de l’assemblée, Joseph Lizeul, qu’il revient de présider la séance jusqu’à l’élection du nouveau maire. Il prononce des mots simples à l’endroit de celui dont il fut le deuxième, puis le premier adjoint : « Les Pénestinois se souviendront de toi. Un quart de siècle, ce n’est pas rien. Tu nous laisses une commune où il fait bon vivre. Merci pour tout ce que tu as fait pour cette commune. »

« Personne d’autre ? »

Le vote peut commencer. Pascal Puisay se lève et va déposer sa candidature. « Personne d’autre ? », demande J. Lizeul sans que personne, apparemment, songe à en sourire. 15 bulletins pour M. Puisay et 4 blancs. « Le nouveau maire de la commune est M. Pascal Puisay. »

Dans 30 000 communes ces derniers jours, on a accompli les mêmes gestes et prononcé les mêmes paroles. On ne peut s’empêcher de penser que leur solennité un peu surannée inclut chacune d’elles dans le grand corps de la République, avec ses rituels, mais aussi ses valeurs et ses engagements. La République nous unit par-delà nos différences et nos divergences. Elle valorise le service de la collectivité et de l’intérêt général. Et en ces temps de pandémie, elle nous fait accéder à nouveau à la dimension de l’histoire avec un mot d’ordre pour surmonter les égoïsmes : fraternité !

Jean-Claude Baudrais se lève pour faire place au nouveau maire : « je ne vous donne pas la main. » Après un silence, Pascal Puisay remercie les Pénestinois « très chaleureusement de la marque de confiance qu’il nous ont témoignée par leur suffrage. » Il poursuit : « Pourtant, suite à ce résultat, n’attendez de moi que de l’humilité : elle sera la juste expression d’une personne qui pèse le poids de sa nouvelle responsabilité. » Il annonce la mise en place « très vite » de commissions « dont le rôle ne devra pas être négligé : elle serviront en effet les travaux préalables à la prise de décision de notre conseil municipal. J’attacherai beaucoup d’importance à ces instances, à leur composition et à la pertinence de leur réflexion. »

« Certains d’entre vous, engagés dans une autre direction, quelquefois dans la controverse, sont venus à ma rencontre à Kervraud pour m’expliquer leurs différences. Vous avez accepté le débat d’idées, et nos discussions franches, nos désaccords parfois, souvent, pourtant m’ont permis de continuer à construire ma nouvelle identité de premier magistrat. Je m’efforcerai donc de conduire les débats avec vous sans distinction d’appartenance, mais, et surtout, en faisant en sorte que les débats contradictoires restent toujours au niveau des idées. Il nous faudra avoir le souci d’entendre toutes les voix, pour peu qu’elles soient porteuses d’arguments constructifs et étayés. Comme je l’ai déjà fait au cours de cette campagne, je saurai réajuster mes positions pour peu que justement cet argumentaire soit étayé. Toutefois, en bonne démocratie, il nous faudra pourtant accepter parfois une orientation qui n’est pas tout à fait la nôtre, se résoudre à un choix que nous n’aurions ni inspiré, ni retenu, après l’expression d’une décision qui reposera sur le vote majoritaire. (…) Je voudrais que ce mandat porte la marque de la réconciliation. »

« Je vous demande, chère Laurence, d’accepter ces compliments »

Il remercie ensuite la directrice générale des services, Laurence Robin, « pour son engagement pendant cette période si particulière de la transition liée au confinement. Je vous demande, chère Laurence, d’accepter ces compliments et de transmettre ce message à tous ceux sur qui vous avez pu vous appuyer pendant ces deux longs mois. »

On procède ensuite à l’élection des 5 adjoints. Ce sont dans l’ordre : Michel Bauchet, Jeanne Girard, Christian Mahé, Christiane Bretonneau et Joseph Lizeul. Puis il est donné lecture de la charte de l’élu local. Ce document peu connu du grand public fait partie du code général des collectivités territoriales. Selon le « Courrier des maires », il constitue un guide pour que les élus apprennent à « gérer le risque du conflit d’intérêt ». La « Gazette des communes » y voit pour sa part « un outil au service de la transparence ». Compte tenu de l’intérêt de ce texte, je vous le présente ici dans son intégralité :

1. L’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité.

2. Dans l’exercice de son mandat, l’élu local poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt qui lui soit personnel, directement ou indirectement, ou de tout autre intérêt particulier.

3. L’élu local veille à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts. Lorsque ses intérêts personnels sont en cause dans les affaires soumises à l’organe délibérant dont il est membre, l’élu local s’engage à les faire connaître avant le débat et le vote.

4. L’élu local s’engage à ne pas utiliser les ressources et les moyens mis à sa disposition pour l’exercice de son mandat ou de ses fonctions à d’autres fins.

5. Dans l’exercice de ses fonctions, l’élu local s’abstient de prendre des mesures lui accordant un avantage personnel ou professionnel futur après la cessation de son mandat et de ses fonctions.

6. L’élu local participe avec assiduité aux réunions de l’organe délibérant et des instances au sein desquelles il a été désigné.

7. Issu du suffrage universel, l’élu local est et reste responsable de ses actes pour la durée de son mandat devant l’ensemble des citoyens de la collectivité territoriale, à qui il rend compte des actes et décisions pris dans le cadre de ses fonctions.

100 euros brut pour chaque conseiller municipal

Le point suivant de l’ordre du jour concerne le versement des indemnités de fonction aux élus. Comme lors du mandat précédent, le maire propose que lui-même et les adjoints diminuent leurs indemnités de façon à ce que chaque conseiller touche un minimum de 100 euros brut. Elles se présentent donc comme suit : conseillers municipaux autres que subdélégués, 100, 35 euros ; conseillers subdélégués, 300, 26 euros ; adjoints, 816, 77 euros, maire 2395, 48 euros (tous ces montants sont indiqués en valeur brute).

Le maire donne ensuite lecture de la liste des délégations consenties au maire par le conseil municipal. Cette liste est particulièrement longue et je vous laisse attendre de la consulter lorsque paraitra le compte rendu officiel de cette séance. Au moment du vote, Dominique Boccarossa, conseiller d’opposition, revient sur le point indiquant que le maire sera compétent pour tous les marchés dont le montant est inférieur à 15 000 euros. Il rappelle que sous la précédente municipalité, on pouvait engager des travaux sans faire d’appel d’offres jusqu’à 30 000 euros. Il juge qu’il s’agit de sommes tout de même assez importantes. Laurence Robin précise que le seuil a été abaissé au 1er janvier de 30 à 15 000 euros. P. Puisay conclut : « A nous de faire les démarches suffisantes pour avoir plusieurs devis. »

P. Puisay rappelle que le gouvernement a demandé que les conseils soient courts, mais indique qu’il y a place néanmoins pour des questions diverses. Il ajoute être attaché au principe des bureaux municipaux où tout le monde peut venir, et où l’on discute en amont des décisions à prendre en conseil municipal. Il souhaite qu’ils aient lieu désormais tous les 15 jours. D. Boccarossa demande si P. Puisay connaît l’état général de la commune et suggère que soit effectué un audit. P. Puisay répond qu’il connaît l’état général de la commune, car certains de ses colistiers étaient déjà là et il a « un peu travaillé avec M. Baudrais ». Il ne voit pas l’intérêt de faire un audit aujourd’hui, vu l’état financier de la commune dont les liquidités dépassent le million d’euros. Cela peut cependant être mis en délibération s’il y a une demande.

D. Boccarossa demande s’il a eu accès aux documents et P. Puisay répond que oui, dans le dernier mois. D. Boccarossa demande si en tant que conseiller municipal, on a aussi accès à l’ensemble de ces documents. Réponse : « je ne vois vraiment pas pourquoi vous n’auriez pas accès à ces documents. Je pense qu’il faut qu’on travaille en toute transparence et j’y suis personnellement favorable. On ne vous coupera pas la parole ! Je souhaite vraiment qu’on travaille tous ensemble. Vous avez à 4 choisi une autre voie, vous avez été élus, donc votre voix comptera pour moi. Je resterai très ouvert et personne ne te dira de te taire. Je fais un petit clin d’œil, je veux travailler autrement. Pour moi, il y a une expertise, et je m’appuierai sur elle. Par contre, je veux aussi rappeler que nous avons été élus à la majorité et le vote majoritaire sera de mise, bien évidemment, par rapport à nos décisions. Mais le vote interviendra à partir du moment où les discussions auront eu lieu. »

La séance aura duré tout juste une heure. La prise de fonction du maire sera effective la semaine prochaine, lorsque le préfet aura signé son arrêté.

PS. Lundi. Je vous mettrai ce soir l’article de Ouest France.

6 commentaires sur “« Je voudrais que ce mandat porte la marque de la réconciliation »”

  1. Bonjour Gérard.
    Merci de nous faire connaitre bientôt et plus précisément les fonctions de chacun des adjoints… pour voir si “certains domaines” ne seront pas oubliés et de là déjà classés secondaires (je pense notamment à la politique culturelle et patrimoniale ou à la politique environnementale).
    Etait-ce aussi M. Puisay qui avait parlé de commissions extra-municipales (par thèmes, par quartiers ?) car c’était une idée intéressante (qui m’intéresse en tout cas).

    D’autre part – mais c’est juste une question de sémantique – plutôt que d’appeler les 4 conseillers “d’opposition”, terme plutôt négatif à mon sens, ne vaudrait-t’il pas mieux les appeler “conseillers minoritaires” car après tout si M. Puisay mène une politique municipale d’écoute, de discussions et d’échanges préalables en rompant avec le passé (en espérant que certains “anciens” ne retombent pas dans des travers dirigistes auxquels ils ont été habitués), il est à penser que nombre de décisions futures seront prises à l’unanimité.
    C’est tout ce que l’on peut souhaiter désormais pour Pénestin.
    Cordialement.
    JY

    1. Il est effectivement prévu la création de commissions extra-municipales. Pour les conseillers “d’opposition” ou “minoritaires”, voire “de la minorité”, soit il existe une formule officielle, soit ce sera à eux de nous indiquer comment ils souhaitent être nommés…
      Pour ce qui est des décisions prises à l’unanimité, il faut noter que durant le conseil d’installation de samedi dernier, 3 ou 4 conseillers minoritaires se sont abstenus selon les cas. M. Puisay a souvent négligé d’indiquer le résultat à haute voix après les votes, ce qui fait qu’en suivant la transmission vidéo, on n’avait pas la certitude du résultat précis. Je ne doute pas qu’il y sera attentif lors des prochains conseils.

  2. Concernant un audit

    « D. Boccarossa demande si P. Puisay connaît l’état général de la commune et suggère que soit effectué un audit. P. Puisay répond qu’il connaît l’état général de la commune, car certains de ses colistiers étaient déjà là et il a « un peu travaillé avec M. Baudrais ». Il ne voit pas l’intérêt de faire un audit aujourd’hui, vu l’état financier de la commune dont les liquidités dépassent le million d’euros ».

    Un échange sur ce sujet avec M. Puisay n’avait pas sa place dans ce premier Conseil municipal. Mais cette annonce m’oblige à exposer un autre point de vue.
    Un audit n’est pas seulement lié à l’état des finances. Il est toujours intéressant de faire un bilan sur l’organisation, de comprendre l’évolution et la transformation du territoire en 25 ans, ce qui est positif et ne l’est pas, ce qui peut être corrigé, amélioré ou modifié. Nous verrons par la suite si cela s’avère opportun.

    Concernant la partie financière.

    La section fonctionnement, en 2019, prévoyait de dégager à peu près 800 000 € pour financer les investissements (autofinancement).

    Approximativement 2 343 000 € d’emprunts seront à rembourser sur 10 ans et 3 autres emprunts d’environ 100 000 € à rembourser d’ici 5 ans. Sur une année, les intérêts de ces prêts sont proches de 43 000 €.

    Sur les années à venir la municipalité aura donc au moins 300 000 € (remboursement capital + intérêts) qui partiront chaque année.

    En investissement, pour 2019, la précédente municipalité partait de l’idée qu’elle aurait 380 000€ de subventions, un nouvel emprunt de 750 000€, 300 000€ de dotation (FCTVA, taxe d’aménagement) et les 800 000€ d’autofinancement.

    D’après les documents comptables que l’on m’a communiqué avant les élections il m’est impossible de savoir ce qui reste à payer sur les années à venir. La commune a sûrement passé des contrats qui courent sur plusieurs années.

    Par exemple, en 2019, il restait à payer 763 000€ de travaux qui avaient été engagés dès 2018.

    Nous aurons peut-être des précisions lors du prochain conseil.

    Dominique Boccarossa

  3. Merci pour ce compte-rendu très clair !
    Un souhait : pourriez vous publier la liste intégrale des membres du Conseil Municipal que je parviens pas à trouver. Merci d’avance !
    Félicitations à tous les élus et bon courage !

    1. Voici la liste. Il doit manquer un ou une subdélégué(e) à la jeunesse. Si quelqu’un a l’info, ce sera sympa de m’indiquer qui c’est.

      Pascal Puisay, maire ; Michel Bauchet, 1er adjoint, Jeanne Girard, 2e adjointe ; Christian Mahé, 3e adjoint ; Christiane Bretonneau, 4e adjointe ; Joseph Lizeul, 5e adjoint ; Gérard Picard Bretéché, conseiller ; Laëtitia Seigneur, conseillère ; Sandrine Gomez, conseillère ; Karl Vallière, conseiller ; Isabelle Hellard, conseiller ; Jean-François Vallée, conseiller, Corinne Bourse, conseillère ; Nadine Fransousky, conseillère ; Michel Crenn, conseiller ; Dominique Boccarossa, conseiller d’opposition ; Armelle Peneau-Mirassou, conseillère d’opposition ; Jean-Claude Lebas, conseiller d’opposition ; Mylène Gilory, conseillère d’opposition.

      PS. On me dit que les conseillers subdélégués ne le sont pas encore tant que le prochain conseil n’a pas encore attribué les différentes fonctions des adjoints qui leur délégueront leur signature. En espérant que Gérard Picard ne m’en voudra pas, je lui retire donc provisoirement son titre…

  4. eh bien c’est fait et cela sera plus confortable d’avoir les coudées franches pour Pascal PUISAY.
    le conseil municipal étant composé d’anciens conseillers et de nouveaux , ce mélange ne peut qu’être profitable à notre commune.
    Bonne chance et bon courage à cette nouvelle équipe .

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