La plage du Loguy propre comme un sou neuf ! Enfin, presque…

« Chaque fois que je baisse les yeux, j’en trouve. Il suffit de se pencher. Je pense que cette fois-ci, c’est un banc entier de petites particules de plastique qui a été poussé depuis le large vers la côte par la tempête de la semaine dernière. » Jean-Paul habite tout près de la plage du Loguy et cela fait 26 ans qu’il est actif. Régulièrement, il organise des nettoyages dans le cadre des « Initiatives Océanes » de la fondation Surfrider qui lui a fourni, il y a déjà bien longtemps de cela, son kit, affiches, sacs, etc.

Le Bateau Livre (clap ! clap !) diffuse l’information, Pascal et Marie-Paule, les anciens gérants, activent eux aussi leurs réseaux, et il suffit de télécharger un justificatif de déplacement pré-signé par le maire pour venir participer à cette action en toute légalité. Samedi et dimanche dernier, de 14 h à 16 h, 50 personnes au total se sont relayées sur la plage.

Du haut de ses 11 ans, Tristan est un spécialiste. Depuis la petite section jusqu’au CM2, il est venu au minimum une fois par an participer à des opérations de nettoyage et en tant que délégué de classe, « je vais pouvoir continuer au collège », se réjouit-il. Bravo à ses profs : en voilà un qui sera à l’aise dans « Le siècle vert » dont nous parle Régis Debray (Gallimard, collection Tracts, 64 pages, 4,90 euros, certainement disponible chez Coline au Bateau Livre pour tous ceux qui, comme Debray lui-même, s’interrogent sur la façon appropriée de virer leur cuti après avoir longtemps cru au développement économique, au progrès technique, aux Plans des technocrates gaullistes, brejnéviens ou castristes, et s’être aperçu que finalement « y’a quelque chose qui cloche là-dedans ! » – et plus encore pour ceux qui ne s’interrogent sur rien et ont des opinions tranchées sur tout -).

Les poissons les confondent avec des œufs et les mangent

Fabienne, venue de La Roche Bernard, me montre l’impressionnante récolte qu’elle a réalisée en une heure et demi. Florence, de Camoël, tient dans le creux de sa main une minuscule bille de plastique translucide. On appelle cela aussi un « pelet » ou une « larme de sirène ». C’est le matériau de base pour tous les objets en plastique et il s’en « perd » chaque année 250 000 tonnes – 250 000 ! – dans le monde, en raison de leur petite taille, justement, qui finissent dans les océans. Les poissons les confondent avec des œufs et les mangent : cela bouche leur estomac et cause leur mort. Florence, sa petite bille dans la main, me dit : « C’est intéressant de se rendre compte de la catastrophe que ça représente. »

Jean-Paul brandit un bâton de sucette. Il explique : « Pour ce qui est des plastiques, il y en a de trois sortes, les petites billes, les boules de polystyrène, plus grosses, et les morceaux de plastique multicolores. » La fondation Surfrider a été créée en 1990 par des surfeurs soucieux de protéger l’environnement maritime dans lequel ils exerçaient leur passion. Ses objectifs sont la protection et la mise en valeur des lacs, des rivières, mer et fonds marins. Elle est implantée dans 11 pays d’Europe et compte 2 000 bénévoles comme Jean-Paul.

Les « Initiatives océanes » sont un programme de Surfrider dans le but de réduire les déchets aquatiques. Cette année, 1420 collectes ont été organisées dans 47 pays. Les dons sont particulièrement bienvenus : chacun donne lieu à un reçu fiscal et 66% de son montant peut être déduit de sa déclaration de revenus. Pensez-y !! Surfrider est une fondation qui pousse très loin le souci d’offrir des garanties quant à l’utilisation de ses fonds.

Rappelons enfin qu’ici même, dans la Presqu’île de Guérande, l’Association Estuaires Loire et Vilaine, créée, elle, par des plongeurs dont le Pénestinois Jean-Claude Ménard (cf. article du 19 novembre 2019, http://www.penestin-infos.fr/une-conference-sur-la-pollution-des-oceans-et-la-biodiversite-marine/ ) qui en est le président, accomplit un travail remarquable sur les fonds sous-marins, la qualité de l’eau, l’érosion ou les risques de submersion. Elle publie une Lettre d’information riche de nombreux dossiers sur tous ces sujets, qu’il est possible de télécharger : https://www.assoloirevilaine.fr/bibliotheque .

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