L’affaire Loscolo continue à faire des vagues

6 colonnes sur la 19 : Ouest France propose ce matin un long article sous la plume de Sylvie Ribot, journaliste de la rédaction de Vannes. Comme à l’accoutumée, je vous mettrai le scan de cet article en fin de journée, afin de ne pas empiéter sur les ventes du journal.

Ouest France annonce les deuxièmes journées d’action de Cappenvironnement qui auront lieu aujourd’hui et demain sur le parking de l’allée des Courlis, au niveau de la deuxième entrée de la plage du Maresclé. Ce parking se situe à quelques mètres du tracé de la future canalisation d’eau de mer qui relierait le parc Loscolo aux stations de pompage et de rejet prévues en mer.

Deux de plus que les membres de l’Union européenne !

Ouest France offre ce matin un panorama des arguments qui continuent à s’affronter après la fin des deux enquêtes publiques et la signature par l’ancien préfet du Morbihan de l’arrêté d’autorisation environnementale pour le défrichement de la zone. Il fournit des chiffres que je laisse aux spécialistes le soin de vérifier. Il pointe le rôle à venir du Comité de suivi, dont la première réunion aura lieu le 21 septembre, et qui aura la lourde tâche de décider à 30 de certaines orientations qui font encore débat. 30, c’est-à-dire deux de plus que les membres de l’Union européenne. C’est tout dire !

C’est d’autant plus vrai si l’on considère certaines informations dont n’a pas disposé la journaliste de Ouest France :

Fabrice Durieux a répondu le 28 juillet à un courrier de Cappenvironnement qui critiquait les mesures de compensation proposées en échange du défrichement de la zone Loscolo sur des parcelles déjà boisées qu’il s’agirait de détruire pour les « recréer ». Inutile et absurde, une « ineptie », un « bidouillage ! », selon l’association. M. Durieux répond :

« Vous avez attiré notre attention sur les enjeux en terme de biodiversité des deux parcelles prévues pour de la compensation forestière sylvicole. Après avoir refait le point avec mes élus, je vous confirme que nous allons réexaminer la question. La DDTM nous a confirmé cette possibilité règlementaire (comme la substitution de parcelles ou le paiement de l’indemnité au fond national stratégique bois et forêt). Cette demande d’évolution murie récemment, au regard des délais et des procédures en cours, ne pouvait apparaître dans l’arrêté préfectoral. Ce dernier pourra évoluer une fois les nouvelles solutions trouvées. »

Les foudres de Cappenvironnement

Par ailleurs, l’article de Ouest France s’attirera certainement les foudres de Cappenvironnement qui non seulement ne fait pas partie du comité de suivi, contrairement à ce que dit l’article, mais rejette toute participation à cette structure comme une acceptation de fait de la mise en place du parc.

L’article cite également Loire-Atlantique Développement qui dit avoir « déjà procédé à quelques petits travaux préparatifs fin juillet, pour empêcher les grenouilles de traverser le site quand les travaux commenceront ». Si vous vous rendez sur le site, vous constaterez par vous-mêmes qu’une tranchée de 5 mètres de large sur tout le périmètre de la zone représente un peu plus que de simples « petits travaux » (cf. également mes articles des 23 et 31 juillet). Quant aux grenouilles, il convient de préciser que leur protection est obligatoire, car elles appartiennent à des espèces protégées.

Enfin, last but not least, les acteurs professionnels de la mytiliculture ont décidé de ne pas laisser le champ libre à Cappenvironnement et d’inviter la presse ce matin à Tréhiguier. Seront présents le Syndicat conchylicole de Pénestin, présidé par Axel Brière, le groupement La Pénestin, avec Sylvain Chiquet et Gilles Foucher, et le Centre Régional de la Conchyliculture. Le président de Cappenvironnement n’a pas été prévenu de cette concurrence impromptue à sa journée d’action. Ce que l’on voit ainsi se dessiner, c’est une petite « guerre de la communication », alors que les professionnels s’étaient peu exprimés jusque là. J’ignore pour le moment si cette rencontre concurrente prévue vers 10 h 30 ou 11 h sera ouverte au public ou prendra la forme d’une conférence de presse.

Une « guerre de la communication » en plein cœur de l’été

Le maire de Pénestin avait déjà jugé utile de donner une interview à Ouest France après les journées d’action des 20 et 21 juillet. Chacun considère que les enjeux de toutes les discussions encore en cours nécessitent sa présence active en plein cœur de l’été. A noter la publication prochaine sur le présent blog d’une longue interview de Gilles Foucher, cogérant du Groupement.

Enfin, puisqu’il est beaucoup question de Ouest France dans cet article (mais on attend aussi la présence de deux chaines de télévision ce samedi  à Pénestin), je précise que je n’ai toujours pas obtenu réponse aux questions suscitées par l’article de Ouest France du 31 juillet : à quoi correspond l’amende de 1500 euros dont Cappenvironnement serait passible après l’apposition de panneaux le long des routes en juillet ; pourquoi 30 infractions alors que la police municipale n’a effectué que 15 procès-verbaux ; quelle est la voie d’accès à la zone de Loscolo pour laquelle des travaux à hauteur de 1400 euros ont été votés lors du dernier conseil municipal.

La correspondante du journal a opposé à ma demande une fin de non-recevoir. C’est d’autant plus dommageable que Pénestin est une commune où les informations circulent mal et où les médias ont un rôle à jouer pour donner du liant, en d’autres termes, mettre de l’huile dans les rouages. Je n’ai par exemple pas obtenu plus de réponses à mes questions de la part de la mairie, que j’ai également interrogée. Et les sujets sur lesquels l’information circule mal ne se bornent pas au dossier Loscolo. Ce sera d’ailleurs l’un des enjeux du futur Comité de suivi que de fournir des informations de façon équitable à tous ses membres, sinon ils auront tôt fait de quitter une structure qui se révélerait une simple baudruche.

Ouest France, « premier quotidien français » avec ses 700 000 exemplaires quotidiens, journal de proximité qui vient de fêter les 75 ans de sa (re)création en 1944 par des Résistants mandatés par le Général de Gaulle, Ouest France, donc, doit prendre au sérieux sa mission à l’échelle de notre village qui devrait être de « fluidifier » la circulation des informations, de contribuer à y instaurer un peu plus de transparence et un peu moins d’opacité. Or, ce journal a trop souvent proposé des comptes rendus caricaturaux, qui reprennent sans recul les formulations toutes faites proposées par la mairie et qui bafouent les règles et les principes élémentaires du journalisme. J’en dresserai prochainement un répertoire édifiant, car il n’y a aucune raison de subir une situation sans tenter de la faire évoluer…  L’article d’aujourd’hui va en tous cas dans le bon sens ! Affaire à suivre.

A travers ce blog, je m’efforce aussi, modestement, de donner un peu de ce liant qui lui fait défaut à la vie publique et culturelle de notre commune.

Et la préfecture, à propos ? Silence radio… Deux semaines et demi, presque trois, ont passé depuis la signature de l’arrêté, et on n’en trouve toujours aucune annonce sur son site internet. Au point qu’on pourrait se demander si le délai proposé pour les recours a toujours lieu d’être décompté à partir du 23 juillet. S’il vous est déjà arrivé d’envoyer votre déclaration d’impôts avec quelques jours de retard, vous savez ce qu’il en coûte. Il est vrai que le préfet Le Deun a quitté ses fonctions dimanche soir et qu’un nouveau préfet fraichement arrivé de Guyane, M. Faure, a pris les siennes lundi. En tous cas, aucun des deux ne semble s’être soucié d’informer les citoyens de la décision prise sur Loscolo…

2 commentaires sur “L’affaire Loscolo continue à faire des vagues”

  1. Merci de ce suivi et de cette mise à jour, Gérard.
    Tu écris :
    “30 [membres du comité de suivi], c’est-à-dire deux de plus que les membres de l’Union européenne. C’est tout dire !”
    Je ne comprends pas bien cette ironie. Tout dépend de l’organisation interne (présidence, votes, comptes-rendus…) de ce comité, que tu n’explicites pas. Si tu ne la connais pas (par exemple parce qu’elle n’est pas encore décidée), je ne vois pas comment tu peux critiquer a priori son action.

    Si tu veux dire que ce groupe ne pourra pas se mettre d’accord, il faut d’abord expliquer s’il y aura des votes et si ces votes nécessitent une unanimité ou une majorité écrasante, rendant impossible l’obtention d’une décision. Sinon, faut-il rappeler que 67 millions de personnes sont régulièrement convoqués et qu’il en sort systématiquement un résultat ? L’exercice de la démocratie n’est jamais une sinécure et c’est la pluralité des points de vue qui la fonde.

    Critiquer en soi la grande taille d’un groupe me semble d’autant moins pertinent en l’occurrence que si le groupe avait été restreint, on aurait entendu des critiques sur le fait qu’il n’était pas représentatif.

    J’attends avec impatience l’interview de Monsieur Gille Foucher. Il était temps que ce blog donne la parole à un représentant des mytiliculteurs – c’est presque une faute qu’ils n’aient pas encore eu la parole. Heu… n’est-ce pas cela, le journalisme indépendant ?

    1. Merci Denis de ton regard attentif sur ce blog qui s’efforce lui-même de porter un regard attentif sur la vie de la commune. Je suis souvent d’accord avec toi, mais il m’arrive aussi de manquer de temps pour faire certaines choses qui seraient évidemment souhaitables dans l’absolu. Un coup de main, dont j’ignore encore d’où il viendra, ne serait pas de trop.

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