« On peut envisager de réduire la taille de la zone Loscolo »

Deuxième partie de l’interview de Gilles Foucher

Gilles Foucher : Je voudrais parler maintenant de Cap Atlantique et de la mairie de Pénestin. Selon nos opposants, c’est  « tous dans le même sac » et « tous contre Monsieur Baudrais », qui cristallise tous les maux. J’entends dire qu’il est trop vieux, qu’il a trop de mandats, qu’il est trop obstiné, etc., etc., etc. Moi, je ne suis pas de Pénestin, comme tu le sais, mais quand je vois sa longévité – il a été réélu 3 fois, c’est ça ? – je me dis qu’il y a quelque chose et que les gens, apparemment, l’apprécient. Je ne le connais pas plus que cela. Je ne sais pas où il habite.

Gérard Cornu : Tu ne sais pas où il habite ?

GF Non, je ne sais pas. C’est l’élu de la ville de Pénestin, mais moi, je ne suis pas de Pénestin. En tous cas, c’est grâce à lui que le projet est en train d’aboutir. Si ça n’avait pas été lui, on n’y serait peut-être pas arrivés. Il faut le reconnaître, c’est la vérité. Rien que pour cela, je lui suis reconnaissant. Il a soutenu le projet et l’a fait perdurer à partir du moment où on lui a rappelé qu’on voulait Loscolo. Ca a été Tobie à une époque. C’est maintenant nous, via l’association du « Hameau de Loscolo ».

GC Le Hameau de Loscolo ?

GF Oui, le Hameau de Loscolo, c’est le nom de la future zone de Loscolo. Cette association regroupe les mytiliculteurs qui y seront installés.

GC On n’en a pas beaucoup parlé.

GF On est au guet. Quand il faudra sortir du bois, on sortira. J’en suis le président. Il y a Sylvain Chiquet, Camaret, la famille Bizeul, etc. Il y a du monde, afin qu’on puisse mettre en œuvre avec vous, avec les gens du comité de suivi, un cahier des charges et voir comment on peut améliorer « l’entente cordiale » entre la mytiliculture et les usagers.

GC C’est donc cette association qui va participer au comité de suivi ?

GF On sera 3 ou 4 représentants des mytiliculteurs. Le problème, c’est qu’actuellement, au comité de suivi, on est pas loin d’une trentaine. Alors, discuter quand on va être trois pauvres mytiliculteurs contre 27 personnes autour…

GC Nous, c’est la même chose : on est deux pour représenter les riverains de toute la zone 1.

« Il faut qu’on puisse se parler, sans cacophonie et en faisant progresser les choses. »

GF Il faut qu’on puisse se parler, sans cacophonie, et en faisant progresser les choses. J’ai un peu peur que ce soit difficile à 30. Évidemment, c’est en parlant qu’on apprend à mieux se connaître et à mieux s’apprécier, ou pas. J’en reviens sur quelqu’un comme Baudrais, qui a le temps long des politiques : ils peuvent se permettre de faire durer un projet sur 20 ans. Or, nous, nous sommes dans le temps court des mytiliculteurs, nous avons nos entreprises. Les initiateurs d’il y a 20 ans n’étaient pas les mêmes que maintenant. Nous sommes 3 entreprises de moules, ainsi que Mussella qui est un cas à part. On nous a vendu un projet qui était : « vous partez dans 4 ou 5 ans. » C’était il y a 15 ans. Comment on fait ? Ça commence à nous poser problème. Ceci dit, il y a toujours une volonté – même si ce ne sont plus les mêmes – d’obtenir une zone plus grande, adaptée, et avec une meilleure qualité d’eau. La mairie n’a fait que relancer le projet auprès de l’IAV (Institut d’aménagement de la Vilaine) et de Cap Atlantique. Mais ceux qui en sont vraiment à l’origine, ce sont des mytiliculteurs, des gens comme moi, maintenant, des gens comme Tobie avant. Ça a fluctué, mais actuellement, nous sommes trois entreprises à vouloir aller là-bas. Voilà. C’est ce que j’avais à dire sur le sujet de la mairie de Pénestin et de Cap Atlantique. Maintenant, j’aimerais parler de Cappenvironnement.

GC Vas-y.

« Artificialisation ‘nette’, cela veut dire ‘compensée’ »

GF Si j’ai bien compris, Cette association a 6 mois d’existence, et 6 membres grosso modo, je simplifie. M. Boccarossa, par contre, cela fait 12 ou 13 ans qu’il est sur Pénestin. Son credo, c’est la « zéro artificialisation » sur la commune. C’est le sentiment que j’ai sur ce monsieur que je ne connais pas plus que ça. La première fois que je l’ai vu, j’étais avec Sylvain qui le connaissait déjà, au moment de la première enquête publique. Pour ce qui est de son credo, moi, quand je lis ce qu’il a écrit sur ton blog, cela renvoie au départ à la « zéro artificialisation nette ». C’est ce que veut faire M. Macron, mais il ne prend pas de risques. « Nette », cela veut dire « compensée ». Dominique Boccarossa a oublié ce truc-là : compensée. Et je pense que c’est ce qu’applique Cap Atlantique, sur l’ensemble de son territoire, pas seulement à Pénestin. M. Boccarossa n’en parle jamais, mais pour moi le projet Loscolo est largement compensé en termes de biodiversité.

GC Je ne connais pas bien le sujet des compensations. Je sais que Mès et Vilaine est allé visiter les lieux, que Dominique Boccarossa y était avec Mme Échard, et qu’ils n’ont pas été convaincus. Ne serait-ce que par le remplacement des arbres. Ce sont des zones qui sont déjà forestières, et on va enlever des arbres pour en mettre d’autres à la place. Il y a aussi des problèmes sur les types d’arbres. Boccarossa a écrit à Durieux (le responsable du projet Loscolo à Loire Atlantique Développement) à propos des compensations, et Durieux lui a répondu en disant que effectivement, il y a un problème sur les compensations qui ont été proposées, et qu’on peut améliorer la proposition indépendamment du fait que le préfet ait déjà signé l’arrêté.

GF C’est exactement ce à quoi je veux qu’on arrive.

GC C’est effectivement une réponse intelligente de Durieux. Je crois qu’il a envie de mettre de l’eau dans son vin.

GF On en a tous envie.

GC Ca montre quand même quelque chose : tu me disais que les compensations sont au point. Or, la preuve qu’elles ne sont pas au point, c’est qu’ils vont les changer eux-mêmes : ils reconnaissent qu’il y a un problème.

GF Tu sais que Cap Atlantique pouvait également compenser avec de l’argent.

GC Oui, tu achètes un droit : de même qu’il y a un droit à polluer, il existe aussi maintenant un droit à artificialiser.

GF Voilà. Ils ne l’ont pas fait. Moi, je leur ai dit que je ne voulais surtout pas de trucs comme ça. Pour moi, c’est largement compensé et je pense qu’on peut encore améliorer les choses. Par ailleurs, je vois bien qu’il y a une forme de méfiance vis-à-vis de la mairie, de Cap et de tout le monde concernant la renaturation du Logo et du Scal. Mais ce sera une réalité.

GC Le Logo certainement. Le Scal beaucoup moins facilement pour les raisons qu’on disait tout à l’heure. Ceux qui y sont vont finir par partir, mais dans beaucoup plus de temps.

GF La nature n’est pas pressée.

GC C’est vrai. Le temps de la nature est plus long que celui de la politique, justement. Tu dis que la politique a un temps long…

GF Sauf que le jour où il y a une vente, il peut y avoir préemption par la SAFER (société d’aménagement foncier et d’établissement rural). Pour moi, la biodiversité en front de mer est aussi importante que celle qui est plus loin des côtes. Il faut que les choses soient indiquées noir sur blanc par le comité de suivi. Je suis convaincu qu’on doit renaturer ces zones-là.

GC Il paraît que ça coûte très cher.

« Sur la renaturation, ils font des trucs fabuleux. »

GF Peu importe. Ce n’est pas compliqué. On fait venir l’entreprise qui dépollue. On enlève la surface, on enlève tout le bitume et on broie tout ça. A Nantes, le MIN est en cours de démantèlement et de dépollution, et il y a une espèce de machine qui met les gravats dans une sorte de broyeur et les ressort pas plus gros que mon petit doigt, et l’acier d’un autre côté : ils font des trucs fabuleux. Ça a un coût, mais l’avenir est dans la renaturation et la biodiversité et il faudra le marquer noir sur blanc. Les politiques qui succèderont à M. Baudrais auront à réaliser cela, et j’y serai attentif.

Il y a, d’autre part, un argument de M. Boccarossa que j’ai lu dans ton blog et avec lequel je ne suis pas d’accord : c’est que 100 hectares ont été pris et artificialisés sur Pénestin. Je suppose que cela inclut les résidences secondaires. Je trouve qu’il est de mauvaise foi, parce qu’il n’a rien fait concernant ces 100 ha depuis 10, 15 ou 20 ans, et face à nous, pour 8,5 ha, il veut lancer des recours. La mytiliculture de Pénestin n’a rien demandé depuis 30 ans, nous n’avons eu aucun bâtiment nouveau pendant toute cette période, alors qu’il y a eu 100 ha pour les résidences secondaires. Je sais que Boccarossa n’en veut pas à la mytiliculture. Mais ce n’est pas Baudrais qui va s’installer à Loscolo : c’est nous. Je sors de l’ombre, parce que je vois bien que maintenant, c’est nous qui allons être en ligne de mire.

Je voudrais parler plus complètement maintenant du comité de suivi. Je crois qu’on peut améliorer les choses, en construisant quelque chose tous ensemble. On va certainement parler de la taille de la zone. Si demain elle doit être un peu moins grande, je n’y vois pas d’inconvénient. Actuellement nous sommes 3 entreprises.

GC Pour vos trois entreprises, tu évalues à combien le nombre d’hectares qui vous est nécessaire ?

GF Sur les 8,5 ha, il n’y a, en fait, que 4,5 ha qui sont à la vente. Le reste, ce sont les réserves d’eau, etc., et beaucoup d’autres choses. Un bâtiment comme le Groupement, cela représente plus ou moins 5000 m2. Multiplié par 3, cela fait 1,5 ha. Si tu ajoutes Mussella, il lui faut bien 1 ha.

GC Mais on dit que Mussella va partir à Cancale.

GF Je ne peux pas te répondre. Je suis soumis à un accord de confidentialité, je suis actionnaire de cette boîte-là. Elle a un excellent projet pour la valorisation des sous-tailles de moules pour en faire quelque chose à l’échelle nationale, voire européenne. On nous parle de la  biodiversité, mais actuellement on fait venir des moules du Chili qui coûtent 3 ou 4 euros le kilo et qui sont vendues chez Carrefour Market ou  SuperU. Si tu veux, moi je pense que nous, avec des moules un peu plus petites : 1) ça va nous dégager du travail en moins parce qu’on aura pas besoin de les remettre sur l’estran, et 2) si Mussella peut les reprendre, on est gagnant-gagnant. Alors, je trouverais dommage qu’à cause des recours, il aille ailleurs.

GC Oui, mais s’il a déjà décidé avant les recours… Ça fait déjà un moment, au moins 6 mois, d’après ce que j’ai entendu dire, qu’il a ce projet d’aller à Cancale.

« le projet Mussella est tellement bon qu’il faudrait le dupliquer. »

GF Je suis actionnaire de Mussella : ce n’est pas décidé. Et moi, je préfèrerais qu’il reste ici. A mon avis, son projet est tellement bon qu’il faudrait qu’il duplique.

GC Il y a un plus gros tonnage à Cancale qu’ici. Et il en a peut-être marre des histoires de Pénestin, c’est peut-être ça aussi.

GF Je ne pense pas. C’est quelqu’un qui a fait HEC à Lausanne, il n’est pas idiot, il sait bouger. Je pense que l’avenir de Mussella est dans la duplication. Il faut qu’il ait une usine de collecte et de traitement des sous-tailles de moules à Cancale, mais également à Pénestin, à La Plaine sur mer, et surtout en Charente Maritime, vers La Rochelle, là où se trouvent tous les bouchoteurs.

GC Donc, toi tu essaies – je ne veux pas te tirer les vers du nez, ce n’est pas le but – de le convaincre de rester à Pénestin.

GF Je n’essaie pas de le convaincre, parce qu’il est aussi intelligent que moi, mais je lui conseille de rester à Pénestin. Mais cela n’empêcherait pas qu’il duplique et qu’il aille dans le Nord et dans le Sud. Son procédé est excellent et il va progresser très vite. Il va vite nous débarrasser de nos sous-tailles de moules. Donc, ça sentira encore moins, si elles sont traitées plus vite et plus tôt. Voilà, je trouverais dommage qu’il soit obligé de partir. Et c’est la même chose pour le Groupement, avec ses 8 producteurs, ses 800 tonnes de moules, s’il doit partir ailleurs. Partir à Assérac… Je t’ai montré notre slogan : « La moule de Pénestin, la moule qui nous fait du bien ». Assérac, ce n’est pas seulement à cause du slogan, mais ça m’ennuierait.

GC Donc vous avez un projet de partir éventuellement à Assérac.

GF Non, pas un projet. Mais à Assérac, il y a une grande zone et on pourrait aussi bien aller là-bas.

GC On avait parlé de la question des alternatives, et là tu es en train d’en présenter une qui n’avait pas été prise en compte…

GF Mais attention, il faut y aller, à Assérac, et la nuisance avec nos tracteurs est que le déplacement est dangereux. D’un point de vue écologique, ce n’est pas la meilleure solution.

GC Si vous avez déjà une majorité de pieux sur Pont Mahé…

« L’autre solution qu’on nous serine à chaque fois, c’est la pointe du Bile. »

GF Ce n’est pas le cas. Il y a ceux qui sont au Halguen, et ceux de Kervoyal, bien sûr. C’est envisageable, mais ce n’est pas une bonne solution. L’autre solution qu’on nous serine à chaque fois, c’est la pointe du Bile. Le problème de la pointe du Bile, c’est que c’est détenu par un privé, Pascal Métayer. Il a son fils qui a 51 ans. La retraite pour les mytiliculteurs, c’est 55 ans. Et on ne peut rien faire avant qu’il la prenne : on ne va pas le chasser ! Il est vendeur d’une partie de son emplacement, mais ce n’est pas avec le Groupement qu’il a signé un protocole d’accord. Pour être précis, on en est au stade du protocole d’engagement de la part de l’acheteur. Il s’agit de Breizh Coquillages et de la famille Bernard.

GC J’ai une question à ce sujet. Il semblerait qu’à un moment donné, Sylvain et toi, vous étiez preneurs, ou du moins que vous avez essayé de négocier. La version que j’ai est que le prix était trop élevé et que vous avez laissé tomber parce que c’était donc trop cher. Pascal Métayer aurait fait exprès à ce moment-là de mettre un prix élevé parce qu’il ne voulait pas vraiment vendre, et par ailleurs, le maire de Pénestin vous a dit que de toutes façons, si vous alliez au Bile, il changerait le sens de circulation des voies d’accès afin que vos camions ne puissent pas y aller. Est-ce que tu peux me confirmer ou pas, sauf si tu ne souhaites pas le dire ?

GF Oui, bien sûr, il faut être transparent et dire la vérité, comme ça on évite les ennuis. Pascal est quelqu’un que je connais bien, puisque je lui rachète des concessions. Sylvain et moi – mais avec l’en-tête du Groupement – on s’est positionnés pour aller acheter la zone. Il nous a répondu que son fils avait sa maison là-bas (ce qui n’est plus le cas maintenant, ce l’était voilà deux ans). Il a dit : je ne peux pas vendre tant que mon fils est là. Son fils et lui ont encore 14 hectares de bouchots et des parcs à plat pour les huîtres et les coques. Donc, il n’est pas vendeur pour l’instant de la totalité de son bâtiment. Or nous, ce qui nous intéressait, c’était le bâtiment complet, puisque pour le Groupement, il nous faut de la place.

GC Il vous fallait 5000 m2, un demi hectare ?

GF C’est ce qu’on demande maintenant à Loscolo. Mais au Bile, est-ce qu’on peut mettre deux entreprises côte à côte ? La réponse est mathématique. Sur un hectare, on peut éventuellement mettre les Bizeul et nous, ou L’Estran et nous. Le problème, c’est qu’il n’y a qu’une seule prise d’eau à la mer. Elle est à qui la prise ?

GC Il n’y a pas moyen d’en mettre une deuxième ?

GF Il s’agit du domaine public maritime. Nous sommes sur une enquête nouvelle, une procédure nouvelle, comme ce que nous avons maintenant pour Loscolo. Si tu veux, c’est un peu plus compliqué que mathématique. Ceci dit, ce n’est pas infaisable.

GC Tu m’as confirmé qu’à un moment donné, vous étiez intéressés par l’idée d’acheter au Bile et que ça n’a pas débouché pour des raisons un peu plus compliquées que ce que je disais. Mais qu’en est-il pour la circulation des camions ?

« Pour ceux qui viennent de la Vilaine, je ne t’explique pas le bout de chemin ! »

GF Pour l’instant, il y a un panneau qui dit « interdit aux poids lourds ». Dont acte. Ça se change comme on veut, le problème n’est pas là. L’avantage est d’ailleurs que nos tracteurs arriveraient par la côte. Une partie du moins, ceux qui pêchent à la pointe du Bile et dans la baie de Pont Mahé. Mais ceux qui viennent de la Vilaine, je ne t’explique pas le bout de chemin : ils vont atterrir à la cale de Tréhiguier, ils vont devoir passer par la route pour arriver à la pointe du Bile. Au sein de notre Groupement, ceux qui ont des concessions à Kervoyal ne sont pas favorables à ce qu’on aille à la pointe du Bile. Donc, tu vois que les arguments sont plus compliqués que de simplement dire que c’était trop cher. Il est chez lui, son fils également, et il n’est pas à la retraite. La retraite, c’est 55 ans, mais si ça lui dit de poursuivre plus longtemps, qu’est-ce qui l’en empêche ? Aucune loi, rien.

GC Sauf qu’il doit pouvoir dire s’il a envie ou pas de continuer. Ça doit se savoir entre vous, vous vous parlez franchement je suppose. Il doit y avoir moyen que quelqu’un te dise oui ou non, je continue après 55 ans.

GF Mais il avait 49 ans à l’époque. Comment tu peux dire à 49 ans ce que tu feras à 55 ?

GC Il peut dire une chose sans en être totalement sûr, il a le droit de changer d’avis.

GF C’était trop flou pour nous. Ensuite, je te rappelle que notre Groupement, enfin l’emplacement de là où nous sommes, a été acheté par l’IAV pour qu’on soit les premiers à déménager pour aller à Loscolo, pas pour aller à la pointe du Bile.

GC Ce n’est pas un engagement si énorme pour qu’on ne puisse pas revenir du tout dessus.

GF Non, ce n’est pas si énorme. En tous cas, quand nous sommes allés voir Pascal il y a deux ans, c’était trop tôt, et entre temps, Breizh Coquillages s’est positionné sur une partie du bâtiment.

GC L’argument du Bile par rapport à Loscolo, c’est que c’est un endroit qui est déjà artificialisé. C’est un argument important. La question de l’artificialisation est une problématique qui a de plus en plus d’importance, et les déclarations de Macron en mai dernier y ont contribué.

GF Artificialisation « nette », ce qui veut dire « compensée ».

GC Je comprends bien. L’argument de l’artificialisation n’est pas du tout négligeable. Pénestin va se retrouver à contre courant, même si on ne sera pas les seuls. Il y a un mouvement général qui va dans le sens d’arrêter de bétonner, de respecter la nature là où elle est. On voit bien le monde dans lequel nous vivons, la disparition de nombreuses espèces. Et nous à Pénestin, nous allons en sens inverse de cette prise de conscience. Ce n’est pas sûr qu’il y aura une loi, certains sont pour et d’autres contre, disant que les décisions doivent se prendre dans le jeu politique et non pas en légiférant. On ne sait pas, mais il y a l’éventualité qu’on ait une loi, mettons dans un an peut-être, et nous, nous serons passés in extremis à Pénestin. Ce n’est pas très glorieux de faire cela. Mais je répète : nous ne sommes pas les seuls.

« Ce sera aux mytiliculteurs d’avoir une qualité de moules propres à la consommation humaine. »

GF Ce n’est pas la question de la loi, c’est celle d’un projet structurant. Si je ne pense que Groupement, oui, la pointe du Bile, pourquoi pas ? Ensuite avec la qualité des eaux qui s’améliore, nous allons peut-être passer en A’. Dominique dit que tout est en B. C’est faux. On est en A et B et on espère que l’année prochaine on passera de B en A’. On va donc dans le bon sens, vers l’amélioration des choses. Par contre, tu vois bien que cette année encore on a commencé du 1er au 7 juillet à vendre des moules, puis on a fermé et on n’a repris que début août. Les 4 secteurs ont été rouverts il y a deux jours. Je pense que l’avenir de la mytiliculture va dans le sens de ce que tu veux dire : l’Etat va se désengager de tout ce qui est contraintes administratives, purification de l’eau, etc., et ce sera aux mytiliculteurs d’avoir une qualité de moules propres à la consommation humaine.

GC Je vais te donner un autre aspect de ma question sur la biodiversité. Il y a quelques jours au téléphone, tu m’as dit : t’as pas de chance, parce que nous, on est plus écolos que les écolos. Moi, ça me fait plaisir, en réalité, que tu dises ça mais il faut que ça s’applique à la biodiversité. Je serais content si je pouvais écrire quelque chose qui montre qu’on ne doit pas opposer les mytiliculteurs et la biodiversité, du style « si on défend un projet des mytiliculteurs, cela va contre la biodiversité ». J’aimerais savoir s’il y a des arguments qui permettraient de dire, concrètement : les mytiliculteurs se soucient de l’écologie, mais aussi de la biodiversité.

GF A mon avis, la solution, c’est de prendre la zone de Loscolo et de la réduire. Moi, je ne peux pas être contre ce genre de chose. Par contre, je pense que dans le futur, il y aura beaucoup de jeunes qui voudront venir à Loscolo, parce que justement, il faudra qu’on épure encore plus nos coquillages. Peut-être que dans les 15 ans qui viennent, on saura débarrasser les moules du dinophysis des moules et on pourra commencer une saison le 1er juillet, quand les touristes sont là. Je pense qu’à Loscolo, on parviendra à épurer les moules et à ne plus avoir besoin des services de l’Etat pour nous dire non, vous n’avez pas le droit. Même chose pour la bactérie Escherichia Coli.

GC Si je peux me permettre, tu dévies un peu par rapport à la question, tu reviens à des problèmes techniques. La biodiversité, ce n’est pas un mot en l’air. Quand tu te balades ici, il y a moins d’oiseaux, moins d’insectes, etc.

GF Sommes-nous d’accord pour dire que la biodiversité de Loscolo est moyenne ? Il n’y a pas de grands chênes…

GC Il semble qu’un des défauts de l’étude qui a été faite est qu’elle ne prend pas assez en compte les interrelations entre la zone Loscolo et ce qu’il y a autour, jusqu’à la Brière.

GF Je ne suis pas technicien.

GC Moi non plus. Mais il y a un biais dans l’étude et le résultat, quand on parle de biodiversité « moyenne », est à prendre avec des pincettes.

GF Dominique m’a dit que c’était vrai qu’elle est moyenne. Il faudra lui en reparler, j’ai peut-être mal compris. Pour moi, ce n’est pas une catastrophe, et en plus on doit pouvoir améliorer la zone.

GC D’accord. Ta motivation se traduit donc en actes en disant que s’il y a une proposition pour redimensionner la zone Loscolo en plus petit, tu es partant dans ce sens-là. Concrètement, pour vos trois entreprises, il faut 1,5 ha. On va dire mettons 2 ha sur 8,5.

« Il ne faudrait pas qu’en réduisant la taille de la zone, on nous dise maintenant : ça ne coûte plus 40 mais 70 euros. »

GF Il faut relativiser. Sur 8,5 ha, de vendables, mis à la vente, il y a, je crois, 18 parcelles, ce qui représente 4,5 ha. Si on descend un peu, je suis d’accord, mais je ne suis pas aménageur. Je ne peux pas me prononcer à la place de Cap Atlantique. D’autre part, nous avons négocié à 42 euros du mètre carré. Il ne faudrait pas qu’en réduisant la taille de la zone, on nous dise maintenant : ça ne coûte plus 40 mais 70 euros. Là, ça deviendrait compliqué. Mais si tu me demandes où est ma fibre écologique, je te réponds tout de même qu’on peut envisager de réduire la zone.

GC L’autre option à laquelle on pourrait être confronté, c’est que l’on reste sur le principe de 8,5 ha, et comme vous n’occupez qu’1,5 ha, ils vont essayer de remplir le reste en faisant venir des entreprises de l’extérieur.

GF Non, dans le comité de suivi, on marquera « réservé à la conchyliculture ».

GC Mais ce n’est pas gagné.

GF Pourquoi ce n’est pas gagné ? Si on le marque ?

GC Ne serait-ce que parce que Cap a déjà voté une disposition pour dire que c’est possible, qu’on peut élargir au-delà de Pénestin et au-delà de la conchyliculture.

GF Je te garantis que les jeunes mytiliculteurs d’aujourd’hui et de demain iront plutôt à Loscolo que sur leurs chantiers actuels, parce qu’ils sont inadaptés.

GC Mais avec tout ce qui a déjà été dit, ils n’y vont toujours pas, c’est quand même…

GF Parce qu’à présent, les ateliers sont archi amortis, parce que la moyenne d’âge des mytiliculteurs, c’est 45 ans, donc 10 ans jusqu’à la retraite. Ils vont pas s’embêter à investir maintenant et à rembourser pendant 10 ans (grosso modo, on amortit sur 10 ans). Par contre, les jeunes, ceux qui ont 20 ans, les « fils de » ou les jeunes entrepreneurs, ils ont un temps beaucoup plus long devant eux.

GC Ils ne se sont pas encore beaucoup manifestés.

GF Non, pas encore. De même que Bernard Tobie, tu ne le vois plus parce que tous ceux qui avaient 35 ans il y a 20 ans sont maintenant à la retraite. Forcément, maintenant, tu as tous les quadras et les quinquas. Tu verras que demain il y aura des générations de gens qui vont sortir de écoles, qui auront passé leur Bac ou leur BTS « Cultures marines ». Ceux-là, à mon avis, ils penseront Loscolo pour épurer les coquillages.

GC Est-ce que maintenant on peut parler chiffres ? J’aimerais avoir un minimum de précisions sur les subventions et pouvoir faire la balance entre le prix d’achat du mètre carré et les subventions européenne et autres. Est-ce que tu peux me préciser tout cela, afin que les gens qui vont lire cette interview y voient plus clair ? Sinon, on resterait un peu dans le flou.

GF Nous allons acheter les terrains 42 euros le mètre carré. Le coût de revient de l’investissement, c’est 70 euros. Cap Atlantique récupère de l’argent des fonds européens liés au FEAMP (fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche), pour la partie aménagement du sol, pour qu’il soit viabilisé, etc.

GC Je n’ai pas bien saisi les 70 euros de coût de revient.

« C’est pour défricher, rendre les surfaces planes, aménager le terrain, les réseaux, assurer toute la mise en place. »

GF C’est pour défricher, rendre les surfaces planes, aménager le terrain, les réseaux, assurer toute la mise en place.

GC Donc, tu me dis qu’entre 42 et 70 euros, les subventions vont là-dedans ? Elles éclusent la différence.

GF Une partie, pas tout. Une partie.

GC Et tout ça est pris en charge par Cap.

GF Et aussi par la Région, le Département.

GC C’est de l’argent public.

GF C’est de l’argent public, bien sûr.

GC Il y a une question à ce sujet, c’est que dans tous les projets, le Tunnel sous la Manche, le stade olympique à Pékin, on se trompe toujours quand on fait un budget estimatif. Ça revient souvent au double ou même plus. Là, en argent public, Loscolo coûte quand même assez cher. Vous, vous raisonnez sur vos investissements, en tant qu’entreprises privées. Ce rapport entre l’argent public, dépense importante mais sous-estimée jusqu’à présent, et l’investissement privé : est-ce que tu veux réagir à cette idée-là ? Boccarossa dit qu’il faudra peut-être rajouter 3 millions.

GF Oui, il nous parle de ronds points qui n’ont pas été pris en compte et compagnie, ça je n’y connais rien.

GC Tu ne veux pas t’exprimer là-dessus.

GF Moi, on me dit qu’il manque deux ou trois ronds points.

GC Un rond point, ça coûte cher.

GF Oui, c’est sûr. Ce que je me dis, connaissant Cap Atlantique, c’est qu’ils ne vont pas vouloir perdre trop d’argent. Alors après, est-ce que le budget va être dépassé ou pas ? Ils ont eu le courage de nous dire que ça allait nous coûter, à nous privés, 42 euros du mètre carré. Après, pour une construction, ça coûte autour de 1000 euros le m2 grosso modo. S’il me faut un bâtiment de 800 m2, ça va coûter 800 000 euros.

GC Tu m’as dis que c’est au comité de suivi de dire qu’on ne vend pas à des entreprises non mytilicoles et non pénestinoises.

GF Bien sûr, ça sert à ça. C’est un suivi et un cahier des charges. Et on va l’écrire. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

GC On est 30 dans cette histoire. Est-ce qu’on va arriver à un accord là-dessus ?

GF Si on n’y arrive pas à 30, on y arrivera à 2 x 15.

GC Je ne comprends pas bien. Je ne vois pas ce que tu veux dire.

« Si c’est la foire d’empoigne, je dirai : non, on s’en va. Et on fera deux groupes. »

GF Moi, je vais être actif au comité de suivi. Si je vois que c’est la foire d’empoigne, que tout le monde s’engueule, qu’on s’écharpe pour des conneries, je dirai : non, on s’en va. Et on fera deux groupes. Je ne veux pas qu’il y ait de brouhaha, de cacophonie et qu’on s’engueule. Il faut qu’on construise l’avenir. On parlera sans doute de la réduction, des bosquets, des arbres, de la façon dont on s’organise, de la façon de ne pas créer de nuisances pour les autres. C’est ça qu’il faut qu’on écrive. A 30, j’ai un peu peur qu’on n’y arrive pas si ça repart en cacophonie. Dans ce cas, on scindera.

GC Mais Cap ne sera pas d’accord.

GF Je m’en fiche qu’ils soient d’accord ou pas. Ce que je ne sais pas, c’est combien va durer la réunion. Si chacun veut parler pendant 10 minutes, à 30, eh bien, il faut qu’on prévoie les sandwiches ! Le commissaire enquêteur nous a demandé de nous parler et de nous réunir pour créer quelque chose. Il va bien falloir qu’on s’entende. Moi, je pense que tôt ou tard, nous irons à Loscolo.

GC Une question importante pour moi, c’est le conflit d’usage avec le tourisme. Pénestin est un village où il y a les deux, de la mytiliculture et du tourisme. Tu me dis que c’est dangereux de faire venir des tracteurs de la Vilaine jusqu’à Assérac, par exemple, en allant de Tréhiguier à Pont Mahé. Moi je vois comment ça se passe par ici autour du Maresclé : tu as intérêt à faire vraiment attention quand tu circules en voiture. L’été, il ya des gamins sur des vélos qui roulent n’importe comment. Certaines voitures roulent au pas pendant 200 ou 300 mètres parce qu’elles sont coincées derrière des vélos. Alors le gars sur son tracteur, il bosse, il est pressé. Est-ce qu’il va faire pareil ? Est-ce qu’il aura la patience ? Je pense qu’il y a un risque à mélanger la circulation professionnelle avec celle des touristes.

GF Touchons du bois. Il y a 35 mytiliculteurs et donc au moins 35 tracteurs. Pour l’instant, il n’y a pas eu d’accident. J’espère que la route va être aménagée. Mais ça, il faut le marquer. Moi, je suis mytiliculteur, mais je suis également père de famille. J’ai deux enfants. Pour moi, tuer un gamin, ce serait la pire des choses. Je gagne ma vie en élevant des moules, je ne veux surtout pas tuer quelqu’un. Personne n’a envie de faire ça. Évidemment on va être prudents, mais il faut que nos aménageurs nous mettent suffisamment de largeur pour que nos tracteurs puissent passer, ainsi que les gamins avec leurs vélos, et leurs parents.

GC Ici, c’est étroit. Ça reste dangereux.

« Je pense que Loscolo sera plus sécurisé, à condition que nos aménageurs fassent le boulot nécessaire. »

GF Dis-toi bien qu’avec Sylvain, qui est aussi chef d’entreprise et parent, qui a des gamins aussi, partout où nous allons, nous montrons que les tracteurs prennent de la place, que le porte-à-faux de leur remorque est dangereux, car on ne voit pas forcément tout ce qui se passe. C’est évident qu’on veut un maximum de sécurité, et je pense que Loscolo, contrairement à ce que tu dis, sera plus sécurisé, à condition que nos aménageurs fassent le boulot nécessaire, et ça, on va le marquer. Il faudra poser au comité de suivi la question de la largeur des routes, en sachant qu’il faut que deux tracteurs puissent se croiser, plus la circulation, notamment des cyclistes.

GC Tel que c’est maintenant, deux voitures se croisent tout juste, il faut ralentir quand tu croises une autre voiture.

GF Eh bien, si deux voitures ont du mal à se croiser, a fortiori deux tracteurs et des vélos encore plus. Il faut axer l’avenir sur la sécurité.

GC Pour terminer, je voudrais revenir sur un point afin de ne pas avoir de regrets. Tu ne m’as pas dit si le maire est intervenu en fermant la circulation descamions en direction du Bile. Moi j’ai entendu dire cela.

GF C’est faux. Je te le répète. Avec Sylvain, pour le Groupement, voilà plus de deux ans de ça, nous sommes allés voir Pascal Métayer…

GC C’est clair. Tu l’as bien expliqué. Mais l’aspect concernant le maire, lorsque Boccarossa en a parlé sur mon blog, pourquoi vous n’avez pas répondu à ce moment-là ? C’est un point important, tout de même. Parce que s’il vous empêche de vous installer au Bile, il vous force à aller à Loscolo. Si vous étiez partis au Bile à l’époque, le projet Loscolo était foutu.

GF Pour le Groupement, oui, mais pas pour les autres.

GC Mais on ne va pas faire Loscolo pour les Bizeul uniquement. Tu comprends ce que je veux dire : si vos discussions avaient débouché à l’époque pour aller au Bile, Loscolo ne se faisait pas. Il y a en a qui sont conscients de cela.

« Un panneau, ça se change. »

GF J’ai répondu qu’on ne peut pas chasser quelqu’un qui a son fils dedans, qui avait 49 ans à l’époque. Je ne peux pas dire autre chose. C’est un privé qui ne veut pas vendre avant 5 ou 6 ans, et qui entre temps a étudié avec une autre personne, Breizh Coquillages, le fait qu’il aille là-bas et pas nous. C’est le choix d’un privé. Et non, le maire ne nous a jamais dit quoi que ce soit. Il y a actuellement un panneau « interdiction aux poids-lourds ». Nos tracteurs peuvent circuler, mais normalement pas les semi-remorques Delanchy, de Stef et compagnie. Ceci dit, ce n’est pas un argument pour qu’on n’aille pas là-bas. Un panneau, ça se change. La preuve, c’est que Sylvain et moi, nous sommes allés faire la démarche auprès de M. Métayer.

GC Vous aviez conscience quand même que si ça avait marché, ça faisait chuter le projet Loscolo. Tu me dis, on était déjà sur ce projet, on l’attendait depuis 2006, et finalement, vous étiez prêts à conclure autre chose, sachant ce que ça entrainait.

GF Parce que entre 2006 et 2017 on va dire, il ne s’est rien passé.

GC A partir de 2016, il y a eu les réunions de Cap, etc. c’est le moment où c’est reparti, et vous en 2017…

GF C’est à ce moment-là que j’ai acheté des concessions à Pascal Métayer. J’ai acheté 8 ha en 2017. Et donc, je lui ai dit : « Tiens, ton site, est-ce qu’il est à vendre ? » Voilà. C’est clair. Il m’a répondu : « Non, il n’est pas à vendre. Parce que mon fils habite là. Parce que j’ai encore 14 ha. Parce que j’ai 8 ha devant et que pour l’instant, je ne suis pas vendeur. »

GC Là, tu minimises un tout petit peu en disant que tu y allais pour discuter d’autre chose, pour acheter des pieux : vous étiez à deux, vous en avez discuté entre vous, c’était un projet, vous avez réfléchi avant d’aller voir Métayer.

GF Évidemment. Je ne sais pas si tu as vu le site exceptionnel que c’est, la vue sur mer que tu as. Je ne suis pas plus idiot que la moyenne. C’est un joli site pour travailler, une jolie vue. Évidemment que je lui ai demandé. C’était non, c’est fini, on n’en parle plus.

GC Mais vous devez avoir conscience que si vous avez projeté cette chose-là et si vous en avez discuté au Groupement à plusieurs, ça allait quand même contre la politique de Cap et de la mairie de Pénestin.

GF Oui. Mais je voyais Pascal qui vendait 8 ha de moules, je voyais une jolie vue, alors je lui ai posé la question. Et d’ailleurs, il n’y a pas que moi qui lui ai posé la question. D’autres sont allés voir Pascal pour lui demander le prix et pour l’instant, c’est Breizh Coquillages qui tient la corde. Quand j’ai l’opportunité d’avoir des conditions de travail avec vue sur mer et vue sur mes concessions, forcément je m’y intéresse. Et donc forcément qu’on a regardé et bien sûr on a posé la question. Et on a eu une fin de non recevoir. Terminé. Il n’y a pas eu de pression du maire. Il nous a simplement dit : « Actuellement, c’est fermé aux poids lourds. » Mais ça on le sait. En tous cas, notre initiative n’allait pas du tout contre le maire. Moi, j’ai cherché un plan B qui s’appelle la pointe du Bile, et on m’a dit que ce n’était pas possible parce que Pascal Métayer n’était pas vendeur avant 5 ou 6 ans et qu’un autre tient la corde avant moi.

6 commentaires sur “« On peut envisager de réduire la taille de la zone Loscolo »”

  1. Sur les derniers commentaires
    La diminution de la surface :
    Le coût du pompage, du réseau, des bassins et du réseau viaire restera inchangé. Le projet ne serait pas viable économiquement. Diminuer la surface ne veut pas dire non plus empêcher une extension future de la zone. Décider de diminuer la surface actuelle oblige aussi à prendre en compte le potentiel de rénovation des autres sites existants ( Lomer, Scal et pointe du Bile) C’était une des propositions de Cappenvironnement lors de la dernière enquête publique.
    Réserver le site aux mytiliculteurs de Pénestin :
    Le projet à l’origine était effectivement prévu pour les professionnels exerçants leur activité sur Pénestin ou d’une manière plus large, aux professionnels dont les concessions sont situés en baie de vilaine, ce qui comprend aussi la commune d’Assérac. Aujourd’hui Cap atlantique ouvre la zone d’activité à d’autres activités pour des raisons économiques car il n’y a pas assez de prétendants sur la commune.
    Renaturation des sites existants :
    Sur les 6 chantiers achetés au Scal et au Logo en 2006 la majorité des vendeurs sont partis à la retraite. En libérant des sites on ne remplit pas pour autant la future zone d’activité. Cappenvironnement a demandé que le coût de la renaturation et l’achat des ateliers soit estimé pour être inclus dans le coût global de l’opération. Hors sujet nous a-t-on répondu
    Dans le dossier il est souvent écrit que le Logo est une zone submersible (crue centennale) donc inexploitable. 1,5 hectares seront à plus ou moins long terme sous l’eau. Question ?
    Le bois prévu en compensation sera planté après avoir défriché un bois au même endroit. L’intervention de Cappenvironnement auprès de Durieux dénonce ce « bidouillage local » Ils ont accepté de modifier.

    Réponses à M. Gilles Foucher
    Pour être précis : j’ai une maison à Pénestin depuis 30 ans mais seulement depuis 5 ans en résidence principale.
    Dans la première interview, le mot « industrie » est discuté mais pas sur le bon angle. L’industrialisation concerne surtout la transformation d’un produit et dans ce cas précis celui de la moule. Une usine petite ou grande sera nécessaire pour le recyclage des coquilles et incontournable pour transformer la « petite » moule en produit consommable ou utilisable pour l’agro alimentaire. Le bâtiment de l’entreprise Mussella, environ 600 m2, est donc une usine. Sa place est dans une zone d’activité industrielle ou artisanale. La zone du Closo peut, par sa situation géographique, être une alternative (avec un circuit fermé pour l’eau de mer). Comme le souligne M. Fouchet, la plupart des ateliers sont vieux. Il est peut-être temps de les rénover. Il a aussi raison quand il dit que le projet est vieux. Il est aussi temps de le rénover.

    Dans un commentaire qui suit la première interview M. Blaize « pense qu’il faut sortir d’une opposition stérile entre les pour et les contre ». Pour ma part et aujourd’hui pour celle de l’association Cappenvironnement, il n’y a jamais eu « d’opposition stérile ». Le 12 mars 2018, un an avant la seconde enquête publique, nous avons été reçu pendant trois heures par les responsables du projet dans les locaux de Cap atlantique. Nos propositions et alternatives, aussi bien économiques qu’environnementales (la pointe du Bile en faisait partie) ont été notées et entendues mais sont restées sans suite. Ces mêmes observations et propositions ont été transmises aux deux commissaires enquêteurs, sans suite également. Depuis le début de nos interventions nous avons souhaité des études comparatives. Nous sommes également restés en relation avec le syndicat Conchylicole afin d’échanger sur ce dossier. Je crains seulement que nous n’ayons pas toutes les informations. C’est une réalité à laquelle nous sommes malheureusement confrontés. La concertation est impossible si les acteurs autour d’une table ne disposent pas des mêmes données. Aujourd’hui, alors que le projet est “voté à l’unanimité” par les acteurs publics et que les premiers travaux sont programmés en septembre puis octobre pour le défrichement, les professionnels intéressés par le projet Loscolo veulent une concertation. Pourquoi maintenant et pas avant ? Le projet se fera tel qu’il a été voté à « l’unanimité ».

    L’association Cappenvironnement a effectivement 6 mois d’existence. Nous étions trois pour sa création nous sommes aujourd’hui 6 adhérents au conseil d’administration. Le nombre de sympathisants, peut-être futurs adhérents, dépasse la cinquantaine. Nous avons participé aux deux enquêtes publiques, réalisé une vidéo pour mieux comprendre les enjeux, entrepris une campagne d’information en juillet et août près du site, fait des interviews, distribués des tracts… en six mois nous avons fait ce que Cap Atlantique et la municipalité n’ont pas fait en 15 ans pour informer les habitants. A propos d’artificialisation. Je n’ai pas oublié le terme « compensé » comme le dit M. Foucher, bien au contraire. La zéro artificialisation nette, au-delà de la préservation de la biodiversité doit aussi permettre son enrichissement, c’est-à-dire son développement. Face aux problèmes connus de l’étalement urbain, il faut inventer de nouvelles formes d’aménagement du territoire. Pour M. Foucher l’artificialisation du projet Loscolo est « largement compensée ». Je pense que non et je pense pouvoir affirmer qu’il ne connaît pas le territoire de Pénestin. On peut admettre que les 8,5 hectares ne représentent pas grand chose au niveau national. Mais sur la commune de Pénestin comme sur la Presqu’île Guérandaise, ils représentent malheureusement ce qui reste d’une façade littorale naturelle et agricole. Cet espace, le plateau de Larmor, est un site riche en biodiversité. Il existe effectivement une mosaïque de biodiversité : moyenne, ordinaire et majeure. Elles sont liées les unes aux autres par un corridor bocager. La complémentarité entre surfaces agricoles, friches, bois, bocage et marais est l‘exemple d’un condensé environnemental devenu rare en France et en Bretagne. La fragmentation de ce territoire conduira à une diminution des habitats pour la faune et la flore. Et les routes, contrairement à ce qui est annoncé, seront bitumées simplement pour des raisons pratiques (M. Foucher ou M. Chiquet préconise aussi dans la seconde interview d’élargir les voies de circulation existantes).
    Quant à cette fameuse rampe d’accès prévue sur la « crique de Loscolo », c’est à dire une ouverture de la falaise pour l’accès à la mer, aucun document officiel n’atteste que ce projet a été abandonné. L’étude environnementale l’a d’ailleurs inclus dans son périmètre. En 2007 le rapport Techmar préconisait de réaliser d’abord la zone d’activité plus « soft » en terme d’environnement et de faire ensuite la rampe à la demande des professionnels installés dans la future zone d’activité. Les raisons économiques, de sécurité ou de développement seront alors plus convaincantes, incontournables si j’ose dire. Un chemin a déjà été tracé, une belle ligne droite de la mer aux ateliers.

    1. Bonjour Dominique, je ne vais pas faire semblant de ne pas te connaître en t’appelant M. Bocarossa.
      Je répond à ta réaction sur le terme “opposition stérile” que j’ai employé dans un de mes commentaires. Nous sommes tous les deux victimes de la richesse de la langue française et de ses nuances ! Le petit Robert consacre une colonne entière aux définitions du terme “opposition” après avoir donné la définition principale : rapport de personnes que leurs opinions dressent l’une contre l’autre.
      Tu as considéré que dans ma bouche “opposition stérile” ne concernait que ton opposition au projet Loscolo et dédouanait CAP de tout effort pour améliorer le projet. Il aurait été préférable que j’emploie l’expression “face à face stérile” car pour moi, les propositions que tu fais n’ont pas, à ma connaissance, été prises en considération par CAP et de la municipalité de Pénestin. D’ou le mot stérile.
      Je continue à penser qu’ il serait préférable d’examiner les arguments des deux parties pour en tirer un projet satisfaisant. C’est le sens des propositions que j’esquisse dans mon commentaire sur la deuxième partie de l’interview de G. Foucher.

  2. Quand j’ai laissé un commentaire après la précédente interview de G Foucher, j’ignorais qu’il y avait une 2ème partie.
    Je constate que mon texte n’était pas complètement” à coté de la plaque” puisque certaines de mes remarques ou propositions figurent dans cette 2ème partie. Par exemple la diminution de la surface nécessaire, la volonté de réserver ce site aux exploitants de Pénestin et le souci de voir les plus anciens laisser aux jeunes un métier viable.
    Par contre, je trouve G Foucher plutôt naïf en ce qui concerne les compensations à la destruction de la biodiversité. Par exemple, la compensation pour les zones humides détruites 25m² était de 50m² avant que d’autres propositions aient été faites lors de la première enquête. Ce fut une réserve de la commissaire enquêtrice. Il en est de même pour la reforestation qui, bien qu’occupant une surface conséquente, sera essentiellement faite avec des essences faisant l’objet d’une exploitation commerciale.
    Même naïveté pour ce qui est de la réhabilitation des sites. Bien sûr, c’est techniquement facile et rapide, encore faut-il que le budget soit engagé. Sauf information contraire de la part de CAP, j’en suis resté à ce que M Durieux m’a dit à l’issue de la 2ème réunion publique, “nous cherchons les organismes qui sont prêts à s’engager à financer cette réhabilitation” .
    La remarque d’Edwige sur le suivi des réhabilitations montre la nécessité de ma proposition de lier financièrement le transfert et la réhabilitation.
    Espérons que ces échanges seront lus par le plus grand nombre et qu’ils s’enrichira pour faire évoluer ce dossier dans le sens de l’intérêt général bien compris.

  3. Il faut que j’étudie le texte pour te donner mon avis sur le fait de réduire Loscolo. Est-ce possible compte tenu du projet actuel ?

    1. Bonjour Paul, Je ne réponds pas. Il est bon de faire tourner l’expression et que d’autres personnes prennent aussi la parole. J’espère que quelqu’un acceptera de répondre à ta question très légitime.

  4. Merci pour cet entretien très intéressant, il devenait urgent d’avoir le point de vue d’un mytiliculteur, car on ne juge bien qu’après avoir pesé le pour et le contre.
    J’ai appris beaucoup mais je dois dire que je n’ai toujours pas été convaincue par le projet Loscolo. Je me contenterai ici de ces quelques remarques.
    La première est sur la compensation. A ma connaissance il n’existe pas en France d’organisme chargé du suivi des terres ayant servi à compenser une artificialisation. On peut donc sans probl-ème bétonner un terrain compensateur dès que le projet concerné par l’échange aura vu le jour, une fois que la mobilisation des défenseurs de l’environnement aura baissé. Ce n’est pas une supposition de ma part, c’est une réalité, cela se fait. C’est d’autant plus facile que les terres compensatrices sont souvent situées dans une autre commune, que les équipes municipales changent etc.
    D’autre part, Gilles Foucher, puisque vous n’êtes pas seulement mytiliculteur mais aussi père, que vous vous posez à juste raison le problème de la sécurité routière, ne pensez-vous pas qu’il faudrait aussi se poser cette question là : les enfants feront-ils du vélo quand il fera 40° à l’ombre? N’apprendront-ils l’existence des insectes que dans les livres ? Ce sont des questions essentielles aujourd’hui que les scientifiques dressent un bilan alarmant de notre planète.
    Le débat reste ouvert. Merci à Gilles Foucher d’avoir pris la parole, et merci à Gérard de la lui
    avoir donnée.

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