Le « collectif du Pouldour » hausse le ton face au projet d’antenne-relais Bouygues-SFR

« Nous avons choisi ce lieu de vie pour son éloignement des villes et de leurs ‘pollutions nécessaires’, dont les ondes électro-magnétiques : pourquoi nous les ramener à nos portes ? » « Les quatre maisons les plus proches du site viennent à peine d’être construites ; dont deux par de jeunes Pénestinois (et rares sont ceux qui arrivent à investir sur la commune). » « La trentaine de maisons dans un cercle de 300m autour du site perdront en valeur foncière indubitablement, de par la proximité de l’antenne et la co-visibilité »

Ce ne sont que quelques points de la pétition lancée la semaine dernière par le « collectif de Pouldour », qui regroupe les riverains opposés à l’installation d’une antenne-relais de 22 mètres de hauteur par les opérateurs Bouygues et SFR, à proximité du camping d’Inly. Le projet a été voté en conseil municipal en novembre dernier. Les riverains n’en avaient pas été avertis, alors que certains d’entre eux ne seront éloignés que de 50 mètres de l’antenne. Ci-dessous, le texte de la pétition, disponible sur https://www.change.org/AntenneRelaisPenestin), et déjà signée par 245 personnes au moment où j’écris.

Les signataires demandent que soit appliqué le principe de précaution

Les arguments du collectif sont nombreux : il sont d’ordre sanitaire, citoyen, environnemental, patrimonial et de « bon sens ». Les signataires demandent que soit appliqué le principe de précaution et qu’une consultation publique soit organisée auprès des habitants.

Le principe de précaution est inscrit depuis 2005 dans le préambule de la Constitution de la Ve République : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

Le maire de Pénestin, par ailleurs vice-président de Cap Atlantique à la transition écologique, déclarait le 16 décembre aux représentants du Collectif : « Il n’y a pas de danger, regardez dans les villes combien ils ont d’antennes ». Deux jours après, le rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC, voir ci-dessous), venait le contredire. Oui, la 5G contribuera selon toutes probabilités au réchauffement climatique. Elle entrainera une augmentation sensible de l’empreinte carbone, qui en est l’un des principaux facteurs et qui risque d’empêcher la France de respecter ses engagements en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Selon le rapport, toute la filière, des matériels aux utilisateurs en passant par les infrastructures, est impliquée. Certains usages de la 5G sont « disproportionnés », comme la vidéo haute définition sur téléphone ou certaines offres illimitées qui tendent à accroître au gaspillage.

Tout se passe vraiment comme si nous étions en train de jouer aux apprentis sorciers, en laissant le progrès technique se développer sans contrôle et saper à mesure de son avancée les chances de survie qui sont les nôtres pour avoir une chance d’en profiter. En profiter nous… ou nos enfants et petits-enfants qui grandissent dans un environnement de plus en plus hostile. Le progrès technique, ou tout aussi bien les intérêts économiques, tant le pouvoir d’Orange, Bouygues, SFR et Free s’exerce désormais sans freins et sans contreparties.

« Aucune étude de l’impact environnemental n’a été menée », Gérard Larcher, mars 2020

Le commanditaire du rapport du HCC est Gérard Larcher, président du Sénat et deuxième personnage de l’État, excusez du peu ! Dans sa lettre de mission, en mars 2020, il écrivait :

« Alors que les premiers déploiements de la 5G sont prévus en France en juin prochain, aucune étude de l’impact environnemental de ce déploiement n’a été menée. Il paraît utile (…) d’évaluer les impacts de ce déploiement sur les émissions de gaz à effet de serre afin que puissent être menées de concert les transitions écologique et numérique. »

On peine à le croire, mais ce rapport était donc une tentative d’appliquer in extremis le principe constitutionnel de précaution ignoré par les industriels et une partie des politiques. Il y a pire : il devait être remis à l’été 2020, mais c’était sans compter la carence de moyens dans laquelle le HCC a été laissé après sa création par Emmanuel Macron en 2018. Cela a mené à décembre 2020, alors qu’entre temps, les fréquences avaient été distribuées entre les opérateurs, et que le « déploiement » avait pu commencer. Tout cela dans la méconnaissance de son « impact environnemental » et un non respect total du principe de précaution. À présent, c’est autour de la loi « Climat et résilience » que l’on s’écharpe au sommet de l’État, alors qu’il y a deux semaines, le tribunal administratif de Paris condamnait – une première historique – ce même État pour son inaction face au réchauffement climatique et le non respect de ses engagements de réduction des gaz à effets de serre !

À l’échelle locale, les choses ont une tournure plus concrète et sont plus faciles à saisir. La pétition nous indique ainsi que « l’un des voisins les plus directement exposés est actuellement en traitement chimiothérapique et redoute légitimement les effets de cette installation à venir sur son état de santé ». Voilà qui nous ramène au domaine de la santé où le principe de précaution s’applique tout autant que dans celui de l’environnement.

Cela donne d’autant plus à réfléchir que la loi « Énergie et climat » de 2019 faisait une place importante à l’action des collectivités territoriales en vue d’atteindre les objectifs de réduction de l’empreinte carbone. Cela à travers notamment les Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), dont le responsable à Cap Atlantique est un certain M. Puisay… On a envie de dire : assez rigolé ! Passons aux choses sérieuses maintenant, il est temps !

Le collectif du Pouldour vient d’ouvrir une page facebook : https://www.facebook.com/Contre-limplantation-dune-antenne-relais-%C3%A0-P%C3%A9nestin-183012366628097

pétition

rapport-5g_haut-conseil-pour-le-climat

4 commentaires sur “Le « collectif du Pouldour » hausse le ton face au projet d’antenne-relais Bouygues-SFR”

  1. De quoi se plaint-on? La municipalité a lancé une « consultation de la population » dans une « démarche de démocratie participative » pour l’accès des plages aux chiens… un formulaire à imprimer, compléter, et renvoyer à la mairie avec une proposition et un choix : pour ou contre…. Même pas une place pour une proposition ou une suggestion… Affligeant…

    1. Le formulaire en question est disponible sur le site de la mairie, rubrique “droits et démarches”. Je viens de vérifier et ce que vous dites est rigoureusement exact… Que faire ? Que dire ? C’est non seulement affligeant, mais déprimant.

  2. Il serait plus intelligent pour la commune de proposer d’installer ces antennes sur des terrains de la commune, choisis par la commune, loin des habitations, et toucher les revenus qui vont avec…

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