Le presbytère de Pénestin face à deux projets concurrents

Il y a des jours où le Conseil Municipal est « the place to be », l’endroit où il faut être ! 30 personnes étaient venues s’agglutiner lundi soir 12 septembre au bout de la salle du Conseil et sur ses côtés. Quelques cathos, terme pratique, mais qu’il faudrait apparemment éviter d’employer, car certains le jugent dépréciatif. Des partisans de M. Lebas, des anciens d’Autre Regard, des proches de M. Boccarossa, un ou deux militants de Mès et Vilaine. Sans oublier ceux qui cumulent plusieurs de ces catégories. On n’avait pas vu pareille affluence depuis au moins 15 ou 20 ans : le spectacle était dans la salle. 

Mais la « scène » ne déparait pas. A l’affiche, le projet de la mairie de vendre le presbytère au Diocèse de Vannes-Morbihan. Pour l’occasion, les membres du Conseil municipal rompent avec toutes les habitudes. Les deux franges de la minorité ont rédigé un long texte commun dont elles se partagent la lecture. C’est totalement inédit ! Puis elles quittent la salle, la tête haute et les talons résonnant sur le sol. Le secret a été bien gardé. NPPV : ne prend pas part au vote, mais du coup, elles sèchent le débat aussi. La surprise est totale. M. Lebas semble ragaillardi, comme si ce rapprochement orchestré côté « Autrement Pénestin » par MM. Pontillon et Le Maulf, également présents, lui avait permis de s’encanailler enfin. 

Acte 2 ou 3 : la minorité attend à l’extérieur. Va-t-on passer directement au vote ? Que non ! Le maire revient sur l’évaluation du terrain et de la bâtisse. Mais surtout, la majorité est sortie de son long sommeil. Oh, pas tous ! Mais Mme Bourse reprend en partie les questionnements de l’opposition : « Cette vente, elle doit servir à quoi, concrètement ? » « Et son montant avait donc déjà été intégré au budget prévisionnel dès le Conseil municipal de mars ? » « Et on a vraiment besoin de cet argent ? » Cela ressemble à de l’insistance ! La réunion de groupe majoritaire n’a donc pas suffi à aplanir les dissonances ?

« Une grosse partie de la maison médicale sera financée par la vente du presbytère. »

Le maire répond : « 575 000 euros ont été provisionnés. Les finances sont saines, mais il faut financer les projets. »L’emprunt de 1,2 millions d’euros voté en mai dernier dans ce but n’y suffit donc pas ? Les prix ont évolué, les matériaux, l’énergie, tout augmente. M. Mahé, adjoint, renchérit. Jusqu’à cette phrase du maire : « Une grosse partie de la maison médicale sera financée grâce à la vente du presbytère. » Cela n’avait encore jamais été dit. En fait pourtant, une telle affirmation est en partie vide de sens, car les recettes et les dépenses d’investissements que l’on associe ainsi n’arrivent pas à échéance en même temps, elles peuvent se retrouver sur les budgets d’années différentes. Intégrer dans les recettes le produit de ventes encore si loin d’être finalisées, voilà une mauvaise habitude qui remonte, à ce que l’on dit, aux mandats de M. Baudrais. On vend la peau de l’ours avant de l’avoir tué, en quelque sorte.

C’est à présent Mme Seigneur qui monte au créneau. Sa tirade débute cash : « Moi, je n’arrive pas à comprendre, en fait. » Elle poursuit : « Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir comme avant une intervention du Trésor Public qui établirait les choses clairement. Face aux habitants de la commune, nous on est un peu ballottés. Il faudrait qu’il y ait plus d’explications. » Le maire répond que le Trésor Public n’a plus le temps de venir dans les communes pour y proposer son expertise. Et pour ce qui est des explications, « je suis entièrement d’accord avec vous. »

On passe au vote. Le maire a-t-il convaincu ? Il demande : « Y a-t-il des abstentions ? » Deux mains se lèvent, puis une troisième. Trois. Il en oublie de noter les procurations, ce qui pourrait entacher la légalité du vote : on en est à 5 « pas convaincu(e)s » dans la majorité… Celles-ci plus les 4 NPPV, cela fait 9, qui équivalent déjà aux 9 qui ont voté pour (10 avec le maire). Nous sommes en Bretagne et les sujets touchant à la religion divisent. Des tracts ont été posés dimanche avant la messe sur tous les places assises de l’Église Saint-Gildas. Une simple bande de papier qui proclame : « Il faut réagir : le maire veut vendre le presbytère. » Anonyme, cela va presque sans dire.

Le maire a voulu aller vite en besogne. Il a traité la question du presbytère sous un angle essentiellement financier et n’a pas perçu que cet élément du patrimoine de la commune avait pour les habitants une existence et une valeur qui ne se réduisent pas à des chiffres. Le premier presbytère, de 1770 à 1974, correspondait au bâtiment principal de l’actuelle mairie. Il a été construit grâce aux dons et aux legs d’habitants qui souhaitaient créer les conditions pour qu’un curé s’installe à Pénestin sans plus dépendre de la paroisse d’Assérac. Pénestin avait ses chapelles, mais pas de prêtre. Pour exister, pour devenir une paroisse autonome, il lui fallait un « recteur », et donc un presbytère pour le loger et héberger ses activités, et son jardin pour le nourrir. (1)

La construction du presbytère a été le geste fondateur de la paroisse, puis de la commune

La commune de Pénestin est instaurée le 14 décembre 1789. Elle conserve le même périmètre géographique que la paroisse. Cela montre que l’identité de la commune s’érige en reprenant les mêmes bases que la paroisse qui l’a précédée. Et la construction du presbytère avait été le geste fondateur reflétant la volonté des différentes parties de son territoire actuel de former une unité et de lier leurs destins. On voit bien là qu’en parlant du presbytère, on touche à l’essentiel, et que celui-ci est bien plus qu’un élément du patrimoine communal : c’est la pierre de touche de l’identité communale.

Entre 1972 et 1974, le nouveau Presbytère est construit allée de Bellevue. Les liens entre la paroisse et la commune sont toujours aussi étroits : c’est la commune qui achète le terrain et qui finance la construction du presbytère, mais le diocèse a usé de son entregent pour que la commune obtienne un crédit d’un établissement qui lui est proche, les « caisses rurales » (2). 

L’an dernier, c’est le Diocèse qui a approché la mairie et fait connaître son souhait de racheter le presbytère de Pénestin. M. Boccarossa s’en étonne : dans la période actuelle, l’Église cherche surtout à vendre. Selon une étude de la Fédération morbihannaise de la libre pensée parue en février dernier, le Diocèse de Vannes-Morbihan disposait en 2020 de 7 millions d’euros de disponibilités, 51,7 millions d’euros de placements, et d’un parc conséquent de biens immobiliers (https://www.lp56.fr/infos/laicite/37-relations-entre-etat-et-cultes/188-les-comptes-du-diocèse-de-vannes« L’immobilier est vital pour l’Église depuis 20 siècles », ajoute M. Boccarossa. Mais pourquoi s’intéresserait-elle soudain au presbytère de Pénestin ?

Et pourtant, c’est le cas. Le Diocèse a un projet, un « plan », peut-on dire, qui fait de Pénestin « un enjeu significatif », avec une fréquentation des activités religieuses qui explose en période estivale dans les mêmes proportions que la population du bourg, multipliée par 20. Certaines messes réunissent jusqu’à 500 personnes, des animations ont lieu, qui ont souvent le presbytère et son jardin comme centres de gravité. Le presbytère n’est pas seulement le logement du recteur, c’est un lieu où il accueille ses ouailles. Et Dieu sait (si je puis me permettre) combien de personnes ou de familles sont venues là et y ont trouvé réconfort, compassion et conseils. Le presbytère héberge aussi des rencontres, il reçoit des prêtres, français et étrangers, des diacres, des séminaristes, de jeunes Chrétiens engagés dans les œuvres de l’Église et dans ses structures dédiées au partage et à la réflexion. 

Les projets du Diocèse pour le presbytère ne concordent pas avec la construction de logements sociaux

Cela est précieux pour le Diocèse, qui entend le pérenniser : il entend prendre une assurance sur l’avenir. Et quand l’Église parle d’avenir, elle voit loin : elle élabore ses stratégies à l’échelle de plusieurs décennies de la même façon que son passé se mesure en siècles. Sa « temporalité » n’est pas celle des profanes. Une nouvelle phase s’engage, qui réclame de la stabilité. Il ne faudrait pas que d’autres projets, y compris par exemple la construction de logements sociaux, viennent détourner ce lieu de la vocation qu’a définie pour lui le Diocèse. Vous avez saisi : le Diocèse a besoin de contrôler les usages que d’autres pourraient faire du presbytère à l’avenir, afin qu’ils n’interfèrent pas avec ses propres projets. La solution est toute trouvée, dès lors : il faut acheter.

L’annonce au Conseil municipal du 13 septembre 2021 de cette proposition visant à acquérir la totalité du presbytère et du terrain qui l’entoure ne se passe pas franchement bien. M. Bernard considère que la commune a besoin de ses terrains, de construire des parkings : « Vous faites n’importe quoi ! », lance-t-il au maire. M. Boccarossa suppose que si le maire fait estimer le presbytère par les Domaines, cela signifie qu’il est déjà décidé à aller plus loin. « C’est exact, Monsieur Boccarossa », lui répond celui-ci, comme par défi. 

La discussion est mal engagée, et beaucoup pensent que le maire a laissé passer à ce moment-là l’occasion de réunir tout le monde autour d’une table : le Diocèse, la commune, son opposition, ses associations, et même Cap Atlantique et le Département. Il a simplement décidé de soutenir le projet du Diocèse, qui constituerait une rentrée d’argent bienvenue pour compenser la hausse des dépenses de la commune. Mais il ne vient pas seul : il amène avec lui… ses ennemis. Alors que le Diocèse entendait se prémunir face à une menace encore lointaine, le soutien du maire fait évoluer les deux franges de son opposition. Leur réaction première aurait été de rechercher un compromis avec le Diocèse, mais déjà échaudées sur d’autres dossiers, elles désapprouvent la méthode employée par le maire. Les opposants au maire vont ainsi devenir les opposants au projet du Diocèse.

L’impensable se produit alors : les deux franges de la minorité se rencontrent, discutent longuement, s’entendent sur un texte qui développe une argumentation serrée contre le projet de la mairie et du Diocèse, et ce lundi, ils font front commun. Il faudra que les intéressés nous fassent un jour le récit de cette rencontre de deux ou trois heures entre MM. Boccarossa, Bernard, Pontillon et Le Maulf qui a abouti à renverser littéralement, à l’occasion du dossier « Presbytère », le jeu des rapports entre les forces politiques de la commune.

Un objectif commun de justice sociale et une conception « modérée » de l’action politique

« Le Bon Sens » et « Autrement Pénestin » ont en commun un objectif que l’on pourrait définir comme celui d’une plus grande justice sociale et, contrairement à certaines apparences, et tous deux ont aussi une conception « modérée » du combat politique. M. Boccarossa n’a par exemple jamais cédé, dans sa lutte contre le projet Loscolo, à ceux qui autour de lui évoquaient l’éventualité de créer une ZAD. Il a toujours défendu une approche légaliste qui considère, très classiquement, que la loi protège les plus faibles. D’où la place qu’ont prise les recours en Justice dans l’action publique de l’association « Cappenvironnement », comme c’était d’ailleurs déjà le cas pour « Mès et Vilaine »

« Autrement Pénestin » rassemble pour sa part des Républicains, autour de M. Lebas, tête de liste, et des Socialistes modérés, ralliés lors des dernières Municipales. On y trouve des Chrétiens de gauche, des Gaullistes de gauche, voire des Gaullistes chrétiens de gauche. De la même façon que « Le Bon Sens » a reçu le renfort de Chrétiens attirés vers l’engagement écologique par l’encyclique « Laudato Si » du Pape François. M. Lebas est un fin connaisseur des questions d’urbanisme dont il a eu la charge dans la précédente équipe, et ce d’autant plus qu’il a certainement dû ronger son frein face à l’interventionnisme de M. Baudrais, l‘ancien maire. M. Boccarossa est quant à lui un bon connaisseur de l’Église pour avoir suivi l’essentiel de sa formation chez les Jésuites dans sa jeunesse…

La rencontre entre « Le Bon Sens » et « Autrement Pénestin » s’opère autour d’un projet « laïc » de justice sociale, appuyé sur le Droit, et plus précisément, sur un corpus de règles et de principes inscrits peu à peu dans la loi au cours des 20 ou 30 dernières années, et constitutives d’un domaine devenu central : l’aménagement du territoire. C’est l’aménagement du territoire qui concentre les nouveaux enjeux de justice sociale, et une commune littorale comme Pénestin est aux premières loges pour le vérifier. C’est à l‘échelle des territoires que s’observent les inégalités sociales et la perpétuation des logiques qui maintiennent chacun dans sa condition. Les militants d’aujourd’hui se battent pour faire respecter la loi, et cela non pas par principe, mais parce que c’est le moyen qui s’impose pour introduire plus de justice dans une société du chacun-pour-soi. 

Lisez le « Texte des deux listes de la minorité » (ci-joint) pour vous en convaincre :

« Dans notre commune où la pression foncière est élevée, il est difficile de trouver des appartements en location à l’année pour des jeunes ménages ou d’avoir des logements adaptés, à proximité de tous les services, pour les personnes âgées valides »

Le « Texte des deux listes » cite une étude réalisée par l’ancienne municipalité qui « prévoyait de réaliser, en concertation avec le Diocèse, un logement pour Monsieur le curé et des logements en accession sociale pour les jeunes ». Il cite également le SCOT de 2018, qui réclame de :

« Favoriser la production de logements qui permettent notamment l’installation d’habitants actifs et la mixité générationnelle – Organiser la production de logements sociaux en recherchant la proximité des équipements et services. »

Un levier d’action dont on ne peut se priver face aux logiques libérales et à la spéculation

Dans le cadre de ce « projet laïc », le presbytère apparaît comme un lieu privilégié, tout autant, mais pour d’autres raisons, qu’il l’était dans le projet du Diocèse. « C’est une des rares parcelles vierges en plein centre du bourg. » 2500 mètres carrés constructibles à proximité immédiate de tous les services, idéalement situés entre bourg et Vilaine, voilà un levier d’action dont il n’est pas imaginable de se priver, afin de contrebalancer les effets des logiques libérales et de la spéculation. « Maîtriser l’urbanisme, c’est d’abord maîtriser le foncier », énoncent en choeur les deux listes de la minorité.

Le Conseil municipal de lundi a figé les positions. Le maire n’a pas souhaité ou pas su ouvrir l’espace d’un débat entre ces deux projets qui devraient être d’autant mieux capables de dialoguer que leurs objectifs sont proches, même si les moyens divergent. Des compromis étaient possibles, comme en témoigne le début du « Texte des deux listes » qui prend bien soin de préciser qu’il « ne remet pas en question l’utilisation du presbytère par le Diocèse »

La population de la commune, quant à elle, est traversée par le doute. Elle s’interroge sur les raisons de ce projet qui se prête aux rumeurs les plus diverses. Elle suppute les intérêts en jeu. Une trentaine de Pénestinois ont franchi le pas et sont venus assister au Conseil de lundi soir. Il est utile d’écouter leurs réactions. La plupart ont été sensibles à la forme. Sensibles, pour ne pas dire « effarés », comme je l’ai entendu. L’ambiance glaciale qui règne entre le maire et l’opposition, la haine palpable, certains excès de langage… Les échanges qui se transforment en joutes verbales, comme à propos du cimetière, où le maire, craignant par-dessus tout de devoir reconnaître une erreur (qui n’en fait pas ?), répond au « défaut de palissade » par un « défaut de conseil » et conclut en forçant les mots pour dire tout en refusant de le dire ce que tout le monde a déjà compris : « Le service qui nous a été proposé n’est pas à la hauteur de ce qui était attendu. »

Comment mener un débat lorsque le langage a perdu toutes les ressources – l’humour y compris – qui lui permettaient de jeter des ponts, d’imaginer des issues, de tisser des liens ? Le maire use d’un langage empreint de rigidité, comme s’il voulait « réduire au silence » chacun de ses interlocuteurs, il semble avoir perdu cette capacité à la fois commune et quasi-miraculeuse d’enrichir sa réflexion au contact de la différence, sans renoncer pour autant à ses propres convictions. Il surprend en donnant parfois l’impression de ne pas croire à ses propres paroles.

Une parole dévaluée et le Triangle des Bermudes

A l’ouverture du Conseil, le maire a déclaré : 

« C’est une première pour nous de voir cette salle aussi pleine. Tant mieux ! Vous allez pouvoir participer à nos débats. »

Un bruissement parcourt le public, qui s’interroge en entendant ces mots. On s’attendait à pouvoir poser des questions à la fin : peut-être allons-nous rompre avec les usages et participer à la discussion dans le cours même de la délibération. 

La fin du Conseil arrive. Le maire prononce la formule habituelle :

« La séance est levée. »

Dans le public, on se regarde. Il n’y a pas de questions ? Il faut se rendre à l’évidence : non. Ce n’étaient donc que des mots ! Dehors, dans les discussions qui se prolongent, le sujet revient. Ce genre de choses, cela ne passe pas. 

Un ethnologue vous le dirait : un chef, quel qu’il soit, dirigeant, cadre, responsable politique, n’assume son statut de chef que parce qu’il fait des discours (2). Il est ce qu’il est parce qu’il entretient un rapport privilégié avec les mots. Il y a des discours qu’on écoute, et d’autres qui ne sont que des rituels. Parfois, on se moque gentiment de lui, mais toujours avec respect. En revanche, si la parole du chef se trouve dévaluée, si lui-même a cessé d’y croire… on entre dans une zone grise, mal connue, mal ou pas du tout balisée. Ce sont les mots, ceux des prières et ceux des harangues, qui maintenaient les choses en équilibre et les gens en relation. Au-delà, qu’y a-t-il ? Le Triangle des Bermudes, peut-être, appelons-le comme cela.

(1)  Sur toutes ces questions, se reporter au livre indispensable d’Alain Pérais, « Pénestin, 250 ans d’histoire paroissiale », Bayard Service, mai 2018. Voir notamment pp. 34 et 64

(2) Ibidem p. 148-9

(3) Pierre Clastres, La société contre l’État, Ed de Minuit, 1974.

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9 commentaires sur “Le presbytère de Pénestin face à deux projets concurrents”

  1. Ping : Pénestin au jour le jour : quelques infos que vous auriez pu rater... - penestin-infos

  2. Comment la commune et ses habitants ont financé leur église il y a 150 ans ? Une consultation publique est organisée pour choisir le nouvel emplacement. S’agissant du presbytère, un bâtiment communal, M. Puisay décide sans « étude » et sans « consultation publique ». On peut toutefois lui rappeler qu’il n’a pas été élu pour vendre un précieux patrimoine de la commune.
    En 1878, la fabrique de Pénestin gérante des biens de l’Eglise demande une aide financière de 30 000 francs au conseil municipal pour la construction d’un nouveau bâtiment. En effet, selon une délibération datée du 10 février de la même année, l’église est devenue trop petite, trop étroite. La commune ne pouvant consacrer tout son budget à cet objet obtient l’autorisation de la préfecture du Morbihan de vendre une partie de ses communaux. Ce sont les habitants de Pénestin qui achètent un terrain pour l’édification du bâtiment. Une consultation publique est organisée pour choisir le nouvel emplacement. Le pré dit « Billy » est acheté en 1879 grâce à une souscription des habitants et offert à la commune.
Les travaux sont achevés en 1880 et l’église consacrée la même année. Sources : archives départementales du Morbihan et archives municipales de Pénestin
    Plus tard, dans les années 70, la commune construit également le presbytère avec ses propres deniers.
    Dominique Boccarossa

  3. Gentrification du littoral ! Tourisme de masse ! Vente du Presbytère ! et hop ! encore un projet où la population n’est pas concertée ou concernée ?? ! Ras le bol de cette commune ! Et pourtant nous l’avons choisi et aimé pour ce beau cadre de vie qu’elle nous offrait ! Nous habitons, en location, depuis presque 20 ans à Pénestin (je précise que c’est notre habitation principale ). Il y a un an nos propriétaire ont émis le souhait de reprendre le logement pour en faire “leur résidence secondaire” , écœurés nous sommes ! mais soit ! de toute manière nous ne souhaitions plus rester dans une commune qui fait la part belle aux résidences secondaires alors que le marché de la location est réduite à peau de chagrin. Là où nous habitons, nous sommes cernés de résidences secondaires et nous passons pour des “indigènes”. Voilà c’était mon “coup de gueule” mais c’est aussi un témoignage ! Florence HELARY

  4. L’usage du terme « guerre fratricide », au sens figuré, est fréquemment utilisé par les médias du sport ou de la politique. Récemment le quotidien Nice Matin titrait : « guerre fratricide et pression aux subventions : les maires se sentent “pris en otage” de l’affrontement entre Métropole et Département » ou encore : « guerre fratricide chez les sans-papiers la coordination 93 de lutte pour les sans-papiers ne sait plus parler d’une seule voix ».
    Quant aux expressions « guerres économiques ou guerres monétaires » Il n’est pas rare de les lire dans les revues financières.

    L’usage du terme, au sens figuré, n’est donc pas en soit « disproportionné et inapproprié » comme l’écrit M. Cornu. Diviser des croyants pratiquants ou non, en les plaçant devant un fait accompli, et sans aucune concertation, correspond à un acte d’une violence politique qui détruit les préceptes d’une démocratie de proximité.

    Dominique Boccarossa

    1. Heureux d’apprendre que l’expression était utilisée au sens figuré. C’est un de mes défauts de souvent prendre les mots au pied de la lettre.

      Cependant, pour ceux qui s’intéressent à la linguistique et à l’histoire, il est bon de se souvenir qu’il existe parfois des points de passage entre le sens figuré et le sens propre (très sale en l’occurrence…) Ainsi, dans les débuts de l’Union Soviétique, Lénine parlait d'”éliminer les ennemis du peuple”. Pour lui, c’était une métaphore, que d’autres déjà appliquaient à la lettre. Puis sous Staline, la métaphore a disparu. Seule est restée la lettre…
      (Référence Michel Pêcheux et Françoise Gadet, La langue introuvable, Maspéro, 1981)

  5. Je précise que je suis en désaccord avec certains propos de M. Boccarossa tenus ci-dessous, et notamment avec l’usage du terme de “guerre fratricide”, qui est selon moi disproportionné et inapproprié.
    Gérard Cornu

  6. Ping : 2022-0913-Le presbytère vendu sans concertation auprès des habitants  - CAPPenvironnement

  7. Notre intervention ne remet pas en question l’utilisation du presbytère par le Diocèse. On le dit parce qu’on le pense. Que nous soyons croyants ou non, notre culture judéo chrétienne nous a transmis des valeurs de solidarité et de partage. Certaines, reprises par la République comme « liberté, égalité, fraternité » sont un concentré des valeurs chrétiennes qui cristallisent nos différences dans la paix. Vendre le presbytère est une décision unilatérale qui divisera la population avec un risque de stigmatisation envers les représentants de l’Eglise. M.Puisay et le diocèse ont, par cet acte, déclaré une guerre fratricide.

    Il n’est pas nécessaire d’être un professionnel de l’immobilier ou un promoteur pour estimer une potentielle plus value quatre fois plus élevée que le prix de vente proposé par la majorité municipale. Le Diocèse, seul et unique prétendant à l’achat, réalise une excellente affaire. M. Puisay déclare à présent que l’argent du presbytère financera en grande partie la maison médicale. Il déshabille Pierre pour habiller Paul.

    Dominique Boccarossa

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