« Intégration paysagère dans un petit paradis », dixit M. Puisay… 

Récemment, sur Ouest France, on a pu voir M. Puisay poser la « première pierre » pour la construction de seize logements sociaux au Yoquo. En parpaings pourrait-on préciser : les préceptes de la construction avec des matériaux respectueux du climat, pourtant encouragés par la communauté de communes, ont été écartés de la mise en scène. Après avoir annoncé le renouvellement de sa candidature pour 2026, malgré les « multiples agressions » dont il dit avoir été « victime » !!! 

Quant au bilan des six ans, réussites ou bévues, argent gaspillé ou incohérences, gouvernance sans partage couplée d’un autoritarisme masqué par un sourire, il sera probablement détaillé au moment opportun lors des prochaines élections municipales. 

Le dessous des images : casques, costumes, parpaings…

La parution de cet article dans OF nous permet de rappeler aux Pénestinois l’historique de ce projet et ce qui l’entoure. Dès 2020, M. Puisay disposait d’un pouvoir de décision pour lancer immédiatement le projet du Yoquo préparé par la précédente mandature ainsi que d’une confortable trésorerie pour assurer la finalisation des études ou concrétiser des projets en cours comme le Club nautique. 

Ainsi tous les ans à l’occasion de ses vœux, il déclarait sans sourciller son intention de réaliser le lotissement dans les plus brefs délais. Il n’en fut rien car ce n’était pas sa priorité. Pourtant il n’hésitera pas à rajouter à son actif cette œuvre sociale attendue par des Pénestinois en mal de logement depuis plus de dix ans…

Avant ce « projet majeur », il s’empresse de vendre du foncier constructible dès le début de sa mandature et coupe court au potentiel de 20 logements en centre bourg, lance la réalisation d’une maison de santé, sans logement intégré au bâti ni concertation avec les élus minoritaires qui représentaient pourtant la moitié de la population, pour accueillir des professionnels déjà présents dans la commune. Durant nos trois années d’élus minoritaires et malgré nos interventions au cours de plusieurs Conseils municipaux, le maire a écarté toutes les options et propositions favorisant l’installation pour des jeunes primo-accédants et bradé un foncier communal constructible au profit d’intérêts privés. Comble de l’ironie, il déclare dans l’article de OF « avoir pris son temps » (…) « le temps de l’intégration paysagère » et que ce projet « répond au nombre de résidences secondaires ». Billevesée ! A Pénestin sur 4 000 résidences, il y en a environ 3 000 secondaires et 1 000 principales. Les 50 permis accordés chaque année n’ont pas modifié cet écart. En 2023, devant les parents d’élèves de l’école publique qui risquait déjà la fermeture, faute de logements pour les jeunes, il déclarait : « en 2024, il y aura des nouvelles familles dans le lotissement du Yoquo ». Les blablatudes de M. Puisay sont intarissables mais elles lassent les citoyens pris pour des imbéciles.

Si actuellement 97 demandes de logement sont en attente, combien de familles pénestinoises pourront bénéficier de ces 16 logements ? La charte des attributions obéit à des règles et conditions strictes. Sont prioritaires les personnes en situation de handicap, les personnes victimes de violences familiales, les personnes défavorisées, les personnes vivant dans un logement dangereux ou insalubre, les personnes logées temporairement ou hébergées, … La loi fixe aussi deux conditions principales à l’accès au logement social : des conditions de ressources et la citoyenneté française ou, pour les personnes étrangères, un titre de séjour régulier.

La commission d’attribution des logements (CALEOL) reste l’instance souveraine pour attribuer les logements. 

Pour chaque logement à attribuer, la commission examine trois dossiers. Le maire peut proposer des candidats pour les logements qui ont été réservés par la commune en contrepartie de sa participation au financement de l’opération. Dans ce cadre, la commune de Pénestin a cédé pour un euro symbolique 2 000 mètres carrés au bailleur social Atlantique Habitations.

Avec la valeur du terrain cédé au bailleur, M. Puisay a connaissance de son pourcentage d’attribution et devrait dès maintenant, et pas après les élections, en informer les Pénestinois afin de ne pas créer de faux espoirs. Les collecteurs d’Action Logement et d’autres collectivités peuvent aussi être réservataires et proposer des candidats. L’État dispose, de droit, d’un contingent de réservation pour loger les ménages prioritaires. Cap Atlantique, les préfectures, les organismes collecteurs du « 1% logement » sont aussi des « réservataires ». Ils disposent de logements réservés dans le parc social en fonction du financement qu’ils ont consenti pour leur construction. Si le maire peut proposer des candidats en fonction des logements qui lui ont été réservés, tout comme peut le faire Action logement, c’est le bailleur qui reste maître de la décision finale.

Les demandes en cours de Cap Atlantique sur la presqu’ile de Guérande, Pénestin inclus représentent 2 348 ménages. La moyenne pour avoir un logement est de vingt-trois mois et demi : il faut environ deux ans pour se voir attribuer un logement, c’est long. M.Puisay, lui, « a pris son temps ». Six ans pour être précis. Heureusement, d’autres réalisations sur la presqu’île complètent celle de Pénestin. Des maisons individuelles en location sont proposées par Habitat 44 à Herbignac (une trentaine), et à Saint-Lyphard (une quinzaine). Des projets sont en cours : une douzaine de logements à Batz, autant à Guérande, 17 logements locatifs sociaux au Pouliguen et 38 autres en acquisition avec un bail réel solidaire BRS (les acquéreurs payent la maison mais pas le foncier, qui est souvent exorbitant en presqu’île). Sont prévus une dizaine de logements à La Baule, une trentaine à Pornichet. D’autres projets sont en discussion dans la communauté de communes pour 137 logements, dont 62 en bail réel solidaire. 

Actuellement, la commune ne compte que 8,2 % de logements sociaux soit environ 80 répartis principalement sur Keravar et Tréhiguier. Selon la loi Alur la commune devrait atteindre les 20% de logements sociaux sur les 1080 existants. Le Scot de Cap Atlantique qui sera approuvé fin 2025 prévoit un taux de 25%…mais le nouveau PLU sera voté sans être compatible !!! Ce n’est pas l’extension des Pluviers ni celle du Toulprix prévues au PLU qui combleront ce déficit social et générationnel. M. Puisay le sait. Si la fermeture de l’école publique reste en suspens (nombre d’élèves en baisse régulière : 50 en 2020 et 30 en 2023), celle du privé sous contrat qui accueille encore une cinquantaine d’élèves (70 en 2020 et 60 en 2023) aura bien du mal à maintenir un effectif supportable pour l’académie. 

A lire ou relire sur cappenvironnement.fr la lettre avril 2023 « Le Bon sens pour Pénestin ». 

Dominique Boccarossa

5 commentaires sur “« Intégration paysagère dans un petit paradis », dixit M. Puisay… ”

  1. Comme d’habitude toujours à charge cette article,vous êtes peut-être le relais de Mr Boccarossa sûrement que tout n’est pas parfait à Penestin mais là on frôle le ridicule avec les parpaings.

    1. Non, Monsieur, je ne suis pas le « relais » de M. Boccarossa, je ne l’ai jamais été et vous êtes un lecteur peu attentif pour affirmer ce genre de chose. L’article que vous avez sous les yeux est signé « Dominique Boccarossa ». Il répond à un article de Ouest-France du 7 juin, que je ne suis malheureusement pas autorisé à reproduire. Si vous le retrouvez, vous constaterez par vous-mêmes qu’il est à sens unique du début jusqu’à la fin et conçu comme une brochure publicitaire d’un cabinet immobilier. J’ai été choqué que le journal le plus lu dans la commune prenne parti à ce point à l’approche des élections municipales de début 2026. J’ai donc demandé à M. Dominique Boccarossa de faire bénéficier les lecteurs de penestin-infos de sa connaissance du sujet en tant qu’ancien membre de la commission d’urbanisme et élu d’opposition attentif aux affaires de la commune pendant 3 ans. Je lui ai recommandé d’être particulièrement factuel. Rectifier un article tendancieux en reprenant les faits point par point, ce n’est pas s’exprimer « comme d’habitude toujours à charge » : c’est selon moi rendre service aux lecteurs qui sont assez grands pour se faire leur idée par eux-mêmes lorsqu’ils disposent d’une information honnête et factuelle.

      1. A mon avis ce blog que vous gérez d’après vos dires est honnête et factuel.
        Soyez vigilant car certains de vos articles sont vraiment orientés.
        Je sais qu’il y bientôt une élection municipale et je crois en toute honnêté que l’actuelle municipalité ne
        corresponde pas à vos idées cela est votre choix et il est tout à fait respectable .l’orientation que vous avez choisi m’amène à une réflexion la démocratie locale doit exister dans les deux sens n’est ce pas là le rôle de chacun .

        1. J’essaie de bien comprendre ce que vous souhaiteriez de ma part : vous trouvez que mes articles sont souvent « orientés », que l’actuelle mairie ne correspond pas à mes idées (tout en les jugeant respectables), et qu’un meilleur respect de la démocratie locale supposerait de m’exprimer en faisant entendre les deux sons de cloche.

          Il me semble que le point de vue de la mairie est assez bien représenté à travers : le bulletin municipal, Osons Pénestin, la page facebook de la mairie, dans une certaine mesure Ouest-France et dans une mesure un peu moindre L’Echo de la Presqu’île. Les diverses voix de l’opposition s’expriment dans les lettres et les blogs du Bon sens pour Pénestin jusqu’en 2023, ceux de Cappenvironnement, du Collectif pour Pénestin, et dans une certaine mesure de penestin-infos.

          Penestin-infos existe depuis presque 7 ans. Au début, ses articles étaient très peu politiques. Ils se sont progressivement politisés à travers la couverture du projet de parc conchylicole de Loscolo, puis de la campagne électorale pour les Municipales de 2020. Pour le projet Loscolo, il s’agissait de faire connaître à la population de Pénestin ce que les politiques (mairie et Cap Atlantique) et les technos (Loire-Atlantique Développement, etc.) s’efforçaient de lui cacher. Je tiens à la disposition de qui le voudra le courrier de menace reçu du président de Cap Atlantique de l’époque, M. Yves Métaireau, ainsi que divers comptes-rendus de réunions. Rappelons que j’ai alors donné longuement la parole à des partisans du projet tel M. Gilles Fouchet.

          La campagne de 2020 a constitué une expérience intéressante où je me suis efforcé de rendre compte de façon équitable des réunions publiques des trois candidats. C’était un exercice difficile dont je me suis, de l’avis général, acquitté avec succès. J’ai fait alors ce que vous semblez souhaiter : présenter dans un même article le pour et le contre. Je vous invite à relire certains de mes articles de l’époque : http://www.penestin-infos.fr/si-demain-tu-sens-que-ma-tete-a-vire-reunion-publique-de-pascal-puisay-le-2-decembre-au-commerce/ , http://www.penestin-infos.fr/moi-cette-commune-je-laime-parce-quelle-est-verte-je-laime-parce-quil-y-a-de-lanimation-mais-elle-nest-pas-qua-moi-cette-commu/ , http://www.penestin-infos.fr/portrait-dominique-boccarossa/ . Je tiens par ailleurs à disposition un florilège de messages élogieux de M. Puisay à propos de mon travail.

          Après l’élection de M. Puisay, je m’apprêtais à jouer un rôle dans la vie de la commune tel que le définissent les grands théoriciens de la démocratie, Pierre Rosanvallon, Karl Popper… : faciliter la circulation de l’information et le débat public et exercer une vigilance démocratique afin de s’assurer que l’exercice du pouvoir ne débouche pas sur des « abus de pouvoir », prolongeant ainsi une réflexion vivace depuis le 18e siècle.

          L’attitude de M. Puisay à mon égard a changé du tout au tout à partir de début avril 2020, soit deux semaines après les élections. Nous étions alors confinés et pendant une courte période, le blog penestin-infos a été le seul canal d’information mis au service du nouveau maire et de la police municipale, tandis que M. Baudrais expédiait quasiment seul en mairie les affaires courantes. Il semble que M. Puisay m’ait reproché d’avoir donné la parole à des membres de l’équipe de M. Lebas. Une responsable de Sport et loisirs s’est vu aussi reproché de s’être exprimée sur penestin-infos.

          Brusquement, M. Puisay a interdit aux membres de son équipe de lire mon blog, il a cherché à le ridiculiser de diverses façons, m’a calomnié et a mené une opération visant à me discréditer en manipulant un courrier que je lui avais fait suivre proposant la création de la page facebook Entraide Pénestin (qui était destinée à un bel avenir). Face aux accusations de me prêter à la polémique, j’ai écrit plusieurs fois au maire élu pour lui expliquer la signification de la belle notion d’esprit critique à laquelle tout enseignant s’efforce de former ses élèves, notamment dans l’enseignement secondaire, pour en faire de futurs citoyens. Il n’a jamais daigné me répondre. J’ai cru comprendre que M. Puisay ne souhaitait pas qu’un blog sur lequel il n’exerçait pas de contrôle acquière une trop grande importance dans la commune.

          A partir de juin 2020, lorsqu’il est entré en fonction, le maire a surpris nombre de ses administrés en renonçant à ses promesses de campagne où il était question d’ouverture, d’écoute, de dialogue. Ne disait-il pas qu’il défendrait les idées issues de l’opposition si elles s’avéraient meilleures que celles de sa majorité ? A peine installé dans le fauteuil de maire, M. Puisay a mis en place un exercice du pouvoir centré sur sa personne, refusant tout débat sur des sujets tels que l’emplacement de la maison médicale, le fauchage raisonné ou l’atlas de la biodiversité. Il a commencé à laisser sans réponse une multitude de courriers de responsables associatifs et autres. Il s’est parfois laissé aller à de véritables crises de nerfs face à certains élus d’opposition.

          Au fil des années, la situation n’a fait qu’empirer. Certaines conseillères de sa propre majorité, qui ont fini par démissionner, étaient tenues à l’écart de tous les processus de décision au profit des adjoints. En 2023, l’épouse du maire a cherché à faire porter sur deux élus d’opposition la responsabilité d’une tentative supposée de suicide de celui-ci, et obtenu de M. Criaud, président de Cap Atlantique et maire de Guérande, l’organisation d’une marche blanche à Pénestin en présence des élus des 15 communes de la presqu’île. Il l’a annulée en apprenant, ce qu’on lui avait caché, que M. Puisay faisait alors l’objet d’une action en justice pour agression sexuelle à l’encontre d’une conseillère municipale de la majorité. A la suite de ces événements, le maire a été absent durant 6 semaines, dont 3 de vacances au Vietnam. Ouest-France et L’Echo ont renoncé à traiter l’actualité de Pénestin, sans doute jugée trop confuse. Penestin-infos a été seul à continuer d’informer et a amplement contribué à éviter la propagation de fausses rumeurs dans la commune. Le blog n’en a pas moins fait l’objet de poursuites en diffamation, avec des peines encourues allant jusqu’à 45 000 euros.

          Ce raccourci historique pour vous rappeler qu’il y a un passé et un passif dans les relations avec le maire et désormais candidat à sa propre succession. Ne croyez pas que penestin-infos exerce une critique systématique sur tous les dossiers traités par la mairie de Pénestin. S’il est vrai que les erreurs de gestion sont plus nombreuses à Pénestin que dans beaucoup d’autres communes, cela est dû pour l’essentiel, je pense, à un défaut dans la gouvernance de la commune : à moins d’avoir la science infuse, on fait plus d’erreurs lorsque l’on décide à 5 qu’en élargissant la concertation par une consultation des habitants disposant d’une compétence d’usage et parfois même d’une compétence technique. Quant au travers devenu courant de consulter des agences plutôt que la population, il présente autant de défauts à l’échelle locale qu’à l’échelle nationale : cela coûte cher et les méthodes de travail des organisations technocratiques conduisent parfois à recommander des décisions erronées. On en a un triste exemple avec la clôture du cimetière dont l’état de dégradation depuis 3 ans constitue un véritable scandale.

          Ma critique vis-à-vis de la mairie concerne en premier lieu la gouvernance. Je souhaite que la mairie de Pénestin soit gérée par des élus respectueux de la démocratie, ce qui passe par le respect de l’opposition et par l’existence de contre-pouvoirs, dont penestin-infos fait partie. M. Puisay s’y refuse, sous prétexte que son programme a obtenu une majorité de votes lors de son élection, et que les multiples décisions que lui et ses adjoints sont amenés à prendre entre deux élections ne sont qu’une mise en application du « programme » ne justifiant ni l’information, ni la consultation, ni la participation des citoyens pendant une durée de 6 ans. Il pratique une conception restrictive de la démocratie qui ne correspond ni à la règlementation, ni aux usages en vigueur dans notre pays. Il porte au pinacle une valeur, le silence, qui contredit fondamentalement toutes les bases d’une démocratique vivante et active.

          Je considère que défendre la démocratie face à un maire qui y fait obstacle n’est pas une position partisane qui nécessiterait que je me fasse l’écho des opinions contraires. De même, lorsque le maire ment comme il l’a fait publiquement lors des résultats de la commission d’enquête sur le PLU (plan local d’urbanisme), je n’ai pas à présenter ce qu’il dit comme un son de cloche parmi d’autres : un mensonge est un mensonge et doit être dénoncé.

    2. Cher Monsieur,

      C’est précisément tout l’intérêt de cet article : qu’il soit à charge ou à décharge, en faveur ou non de M. Boccarossa, cela importe peu. La question posée est la suivante : le parpaing constitue-t-il une découverte révolutionnaire pour construire des maisons parfaitement isolées ? Bien sûr que non, et vous le savez très bien.

      Maintenant, si vous ne souhaitez lire que des articles à la gloire du pouvoir, je vous suggère vivement de franchir les frontières et d’aller vivre en Corée du Nord.FiFi

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